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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 10:50

« Je ne suis pas un Avenger. Je fais partie de Facteur-X.
-    Vous livrez du porno dans les boîtes aux lettres ?
-    …  Dieu que je hais notre nom. »

 

 

Un comics scénarisé par Peter David

Illustré par beaucoup trop de gens.

2006 - 2014

 

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    En septembre 2006, dans un de mes premiers comics achetés en kiosque, je tombai sur une nouvelle série liée aux X-Men qui démarrait : X-Factor.
    262 épisodes et 8 ans plus tard, cette série tire sa révérence dans un beau livre édité par Panini Comics, l’occasion pour moi de faire l’éloge de ce qui a été, à mon avis, une des séries les plus enthousiasmantes liées à l’univers mutant.


    Aux commandes de ce petit bijou : Peter David, scénariste qui s’est notamment fait connaître par son travail sur The Incredible Hulk. Ici, il choisit de centrer une histoire d’investigations et d’enquêtes autour du personnage de Jamie Madrox, alias l’Homme Multiple, un mutant qui a la particularité de pouvoir créer des doubles de lui-même. Ce personnage a l’avantage de ne pas être un poids lourd de l’équipe des X-Men, ce qui permet au scénariste de bien s’amuser avec lui, notamment en imaginant que chacun de ses doubles représente une facette du héros, par exemple sa naïveté, son courage ou sa dépression. Les situations qui en résultent sont donc très drôles et permettent des surprises amusantes pour le lecteur et pour la progression de l’intrigue.
    Pour continuer sur ce principe, Peter David entoure son personnage d’une équipe de seconds couteaux de Marvel. Pari osé donc de créer une équipe de X-Men sans Cyclope, Malicia ou l’inévitable et omniprésent Wolverine, et pari réussi car cela permet de jouer avec des personnages qui ont peu voire pas d’historique afin de les approfondir, de leur créer une vraie personnalité ou de leur faire vivre des péripéties hallucinantes. Autour de Jamie donc : Syrène, la fille du Hurleur, l’irascible et puissante Monet, la louve-garou Félina, le balaise Guido, Rictor, Val Cooper ou plus tard Darwin, Longshot, Shatterstar ou encore Pip le Troll. Bref, à part un passage ridicule de Havok (qui s'en prend plein la tête, et j'adore ça !) et Polaris, et l’excellent salopard Vif-Argent au début, rien de très connu pour le lecteur non-spécialiste des séries mutantes. Ces personnages vont souvent se livrer à des dialogues totalement jubilatoires dignes d’une bonne sitcom.
    Et puis, il y a Layla Miller. Le personnage qui fonde un peu la série, issu de l’événement House of M (à lire absolument !), petite gamine qui « sait tout » et qui connaît les événements à venir et leurs incidences, s’amusant à jouer avec l’effet-papillon et à être là où on ne l’attendait pas mais où elle doit être. Ce personnage de gamine beaucoup moins perdue que les adultes de la série va créer l’ambiance de la série et donner énormément de sel aux intrigues.

 

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    Pour cette série comics, Peter David fait un travail digne d’une série télévisée, s’amusant à nous attacher aux personnages, à leur psychologie, et à leur évolution plus qu’à des affrontements contre des ennemis. En cela, X-Factor se distingue totalement des séries comics traditionnelles, car c’est, selon moi, la série qui rend ses personnages les plus attachants chez Marvel. En témoigne un épisode grandiose où le Doc Samson (le psy de l’univers Marvel) interroge chaque membre de l’équipe un par un, et où on alterne entre humour subtil et psychologie touchante. On s’attache aux personnages qu’on voit évoluer comme au fil des saisons des séries télévisées, et croyez-moi, tous auront énormément changé au dernier épisode ! Comme je l’ai déjà dit, l’avantage d’utiliser des personnages dont tout le monde se fout, c’est qu’on peut en faire n’importe quoi, et David ne s’en prive pas. Bon, certaines évolutions sont vraiment hallucinantes et correspondent bien au n’importe quoi marvélien (je ne me remets pas de la situation finale de Guido…), il faut l’avouer. Mais c’est, encore une fois, le plus beau travail scénaristique effectué sur des personnages que l’on pourra voir dans le comics mainstream.

 

http://static.comicvine.com/uploads/original/0/40/78004-125777-x-factor.jpg

 

    Bon, assez parlé du traitement des personnages : qu’est-ce que ça donne niveau scénar ? Et bien, sur 262 épisodes, c’est plus ou moins bon, il faut l’avouer. Le début était vraiment excellent, la fin est très bonne aussi (le dernier arc est un extraordinaire tour d’horizon de ce que sont devenus tous les personnages) mais entre les deux il y a des passages coups de mou vraiment peu palpitants. A chaque fois, l’humour et les dialogues sauvent le tout mais je crois que la série a, au début tout du moins, trop voulu coller aux événements de l’univers Marvel. Evénements qui touchaient toutes les séries à peu près tous les 6 mois, empêchant une vraie progression. X-Factor est né de cela, à vrai dire, puisque l’équipe se réunit pour enquêter sur l’origine du jour M (la perte des pouvoirs de la majorité des mutants), à la suite de l’événement House of M. Le rôle de l’équipe pendant le très bon crossover Le Complexe du Messie sera fondamental aussi, mais après il faut avouer que ça part un peu en sucette, notamment pendant Secret Invasion où l’intrigue est très mauvaise.
    Et puisqu’on en est aux points négatifs, il faut signaler aussi l’irrégularité du dessin. C’était pas mauvais du tout au début, avec une ambiance polar réussie, mais certains passages d’illustrateurs sont assez affreux. J’ai notamment retenu le trait affreux-affreux-affreux de Larry Stroman, qui a notamment fait arrêter la série à ma petite femme tellement ça l’empêchait d’accrocher à l’histoire. Mais bon, il faut passer outre certains mauvais graphismes pour pleinement profiter du génie du scénario et de personnages comme Layla Miller.

 

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    Un dernier mot sur l’édition, parce que c’est bien beau de vanter les mérites d’une série, mais où qu’on achète ça dis donc ? Et bien, je préviens : c’est galère. La série était à l’origine publiée dans le magazine mensuel Astonishing X-Men, puis dans X-Men Universe puis dans X-Men Universe HS, avec deux passages par la librairie dans de gros recueils Marvel. Quasiment introuvable dans son intégralité maintenant donc, mais au moins a-t-elle été publiée en VF, ce qui est louable. Pour la découvrir maintenant, deux choix : soit les commander en VO en 21 volumes, soit je vous les prête. Mais faudra me les rendre en bon état, hein.

 

http://static3.aintitcool.com/assets2012/aicncomics/xfactor250.jpg

 

Par Robert Mudas.

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Published by Robert Mudas - dans Bande dessinée
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