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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 08:30

Impression de déjà-entendu.

Artiste : Damien Saez

Titre : Miami

Label : Wagram Music

2013

 

http://medias.2kmusic.com/uploads/2013/03/19/img-1363687496-81f2e80c81f22d13cdcfe8a8bac3e01a.jpg

 

Arh ! Quelle déception !

 

Saez est un des rares artistes que je suis depuis que je suis adolescent. Ou plutôt, pour reformuler, Saez est un des rares artistes que j’adorais quand j’étais adolescent, et que j’adore toujours. Au lycée, on écoutait en boucle le célèbre Jours Etranges (1999) et notamment sa encore plus célèbre Jeune et con. Le deuxième album, God Blesse / Katagena (2001), est arrivé et nous a surpris par ses pistes sans paroles calmes et mélodiques, mais a aussi trouvé son public avec des chansons magnifiques comme J’veux qu’on baise sur ma tombe, Les Condamnés, A ton nom, Saint-Pétesbourg et des rythmes bien enlevés comme J’veux du nucléaire et Solution.

  Puis je pense que pas mal d’ados éduqués à Saez ont lâché, mais pas moi. Est arrivé le très bon Debbie (2004), et son travail musical  me rappelant personnellement Noir Désir. Excellent opus, montrant, comme les journalistes aiment à le dire, une certaine « maturité ». La suite surprend encore, avec le triple album presque dépouillé Varsovie – L’Alhambra – Paris (2008) : le travail musical de Debbie semble absent, mais on y gagne des chansons superbes, véritables perles d’écriture, comme Putain vous m’aurez plus ou Ceux qui sont en laisse.

 

http://www.chartsinfrance.net/style/breves/6/photo_1354182145.jpg


  Je passe l’album anglophone A Lovers Prayer (2009), pour la simple raison que je ne savais même pas qu’il existait avant d’écrire cet article, puis arrive la pépite moderne qui a, à mes yeux, de nouveau popularisé Damien Saez : J’accuse (2010). Les thèmes habituels sont tous là, le chanteur nous propose une balance réussie entre textes magnifiques (Les Anarchitectures, a capella, Regarder les filles pleurer, Lula) et des rythmes entraînants rock ou électro (Pilule, Des p’tits sous, Les Cours des lycées). Mieux, cette distinction est même assez débile (oui, ça va, je m’insulte si je veux) puisque beaucoup des pistes mentionnées ci-avant rentrent finalement dans les deux catégories.

  Un album génial, donc, qui m’a fait me jeter sur l’album suivant, Messina (2012), triple album à textes avant tout dans la droite lignée de Varsovie – L’Alhambra – Paris. Comme pour celui-ci : douche froide après les rythmes entraînants de l’album précédent, mais finalement grand respect pour cet artiste très prolifique, capable de sortir autant de titres en si peu de temps, et d’écrire des chansons encore une fois sublimes et servies par un traitement musical totalement réussi comme Les Magnifiques, Aux Encres des Amours, Marie ou encore Sur le Quai. Je cite 4 chansons sur 27, on devinera donc que cet album n’est pas mon préféré car bien moins abordable que le J’accuse (qui passait même à la radio, quand même…).

 

http://photos.lordsofrock.net/images/a2248saezm.jpg

 

http://lepavotenrage.org/wp-content/uploads/2012/12/SAEZ_miami_zenith_800.jpg  Six mois après paraît donc Miami (2013), le sujet de cet article dont j’ai réussi à ne pas parler pendant 4 paragraphes quand même. A la vue de la pochette - un cul et la Bible pour résumer -,  je me dis que Saez a retrouvé l’énergie provoc de J’accuse -une fille nue dans un caddie -. Sauf que… Sauf que…

  J’écoute plusieurs fois l’album, et mis à part la chanson éponyme Miami, réussie mais pas phénoménale non-plus, rien ne m’interpelle, rien ne m’enchante. A vrai dire, les textes m’agacent même, à reprendre sans cesse les mêmes idées depuis tant d’albums, les mêmes mots, les mêmes expressions. Je me demande même en écoutant cet album si Saez n’a pas un générateur aléatoire de paroles, avec les mots « chattes », « filles », « thunes », « drogue », « baiser sur ma tombe » ou même les « dauphins », revenus de Des p’tits sous pour l’occasion. Allez, je réécoute et la chanson Les Infidèles a le bon goût de me rappeler les airs de Debbie. Pigalle la nuit amuse deux secondes avec sa rythmique à la The Cure, mais pas assez pour en faire un bon titre, pas assez pour en faire quelque chose de nouveau. Deux titres et demi que je sauverais des 10 de l’album, les autres n’étant pas mauvais mais seulement largement déjà entendus dans l’œuvre de l’artiste qui n’a selon moi pas su, à l’inverse de chacun de ses autres albums, apporter avec celui-ci une nouvelle pierre originale à l’édifice de son œuvre. Pour dire, Le Tricycle jaune est devenu une Cadillac noire, beaucoup moins poétique. Déception donc pour cet album que je classe sans remords comme le moins bon.

  En espérant une meilleure suite...

 

  PS : Allez, un p’tit essai du générateur aléatoire de paroles à la Saez : « Je fume tes yeux et les dauphins patrons nagent dans l’infini de tes cuisses ». Hey, ça marche bien ! 

 

Par Robert Mudas.

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 10:17

Le film d’horreur qui fait vraiment peur.

 

Un film de Neil Marshall

Royaume-Uni

2005

 

Avec :

Shauna Macdonald : Sarah

Natalie Mendoza : Juno

Alex Reid : Beth

 

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/science_fiction/the_descent,3.jpg

 

  Le film d’horreur est un genre que j’aime bien parce qu’il m’amuse plus qu’il ne m’effraie. La mythologie des films d’horreur fantastiques me divertit, les codes des films de monstres ou de serial-killer m’agacent ou m’amusent alternativement, les réflexions sociales ou psychologiques que certains films proposent parfois me touchent. Mais rarement ces films font vraiment peur, avouons-le. On fait approcher un personnage d’un rideau, on fait monter la musique progressivement, on resserre le plan au maximum, et à partir de ce moment-là, la chose qui surgit du rideau peut aussi bien être un monstre hideux qu’un raton-laveur, on aura autant peur car ce n’est pas l’image mais le contexte, la tension, ou, pour les moins bons de ces films seulement la main lourde sur les effets sonores, qui nous auront eus.

  Mais, parfois, avouons-le, il existe des films d’horreur réussis qui font peur, qui entretiennent pendant 1h30 une vraie tension et de vrais effets effrayants. Je passe sur les films simplement gores (les Saw, même si je les apprécie peu) ou sur les torture-movies s’enchaînant dans une enchère au plus malsain (The Human Centipede). Là, je parle des vrais films d’horreur, obéissant à certains codes assez classiques. Et bien, une fois, j’en ai vu qui faisait vraiment peur. Mais alors vraiment peur. Il s’intitule The Descent.

http://www.geekquality.com/blog/wp-content/uploads/2013/01/intrepid6.jpg

  Il convient de le préciser dès le départ : ce film fonctionne sur un effet de surprise assez génial, un retournement de situation inattendu, qui fait qu’il vaut vraiment mieux en savoir le moins possible pour l’apprécier et le vivre à sa juste valeur. Cela va être donc difficile d’en parler sans "spoiler" à mort, certes, mais je vais tenter de le faire.

Le film nous présente un groupe d’amies habituées à l’aventure et aux sensations fortes, et notamment Sarah, une mère de famille qui fait difficilement le deuil de son mari et de son enfant. Pour se remettre d’aplomb, elles ont décidé de se faire une petite virée « spéléologie » et de visiter une grotte mignonette. Sauf que pour des raisons que je n’expliquerai pas, la grotte n’est pas celle que la majorité du groupe croit explorer, et elle est bien loin d’être mignonette…

 

http://img217.imageshack.us/img217/8506/184462923uu.jpg

 

  Ce film fonctionne de façon assez curieuse en trois temps : dans un premier, les amies comment à parcourir la grotte, jusqu’à ce que certaines mésaventures rendent la progression et le retour difficiles voire impossibles… Ce long début est un excellent choix, original car d’ordinaire on ne s’attend pas à une peur rationnelle et naturelle quand on regarde un film d’horreur, et efficace car jouant sur la claustrophobie du spectateur qui va véritablement se sentir enfermé dans ces galeries étroites peu accueillantes. Ce choix est vraiment une excellente idée, donnant une touche particulière au film, et parvenant à faire naître cette fameuse tension dont nous parlions avec des faits totalement crédibles et possibles.

  La deuxième partie vient nuancer tout cela et changer totalement le type de peur ; et les lecteurs qui voudraient garder toute la surprise intacte avant de voir ce film devraient vraiment arrêter là la lecture de cet article. Le film bascule en effet dans un type de film d’horreur qu’on ne pensait pas du tout voir dans cette histoire : le film de monstres. En effet, les filles ne sont pas seules dans cette grotte. Je ne vais pas en dire trop au cas où l’écriture en gras n’ait pas suffi à éloigner les trop curieux (oui, toi, là) mais l’idée est vraiment déstabilisante et surtout amenée progressivement jusqu’à une scène extrêmement flippante qui nous présente la réponse à la question : « Mais elles sont seules, là-dedans ? ». Comme pour de nombreux films de monstres, la créature en elle-même n’est pas si horrible que ça, mais c’est la progression de son apparition, et la surprise de la trouver là, qui sont extrêmement efficaces.

  Changement de code pour la dernière partie, avec des scènes beaucoup plus gores. La situation est maintenant claire, même si certaines questions restent posées sur l’origine de ces créatures. Les réponses attendront, il faut pour l’instant SURVIVRE. Ce verbe est vraiment le maître mot de ce film, et il est présent en filigrane depuis le début du film et le deuil difficile de Sarah. Le film va maintenant plutôt chercher du côté du survival horror : les filles vont toutes lutter à leur manière contre des ennemis maintenant identifiés, et chercher comment survivre. En cela, l’opposition entre Sarah et Juno est extrêmement intéressante puisqu’elle propose une légère dimension morale. De plus, c’est là que le personnage de l’héroïne se révèle enfin, avec une évolution qui la métamorphose totalement. Neil Marshall a à ce moment-là tout compris au film de survie, par l’évolution de cette femme qui devient une véritable guerrière. Une dernière partie sanglante et gore, mais beaucoup moins effrayante.

 

http://image.toutlecine.com/photos/d/e/s/descent-2005-05-g.jpg

 

  Entre trois genres différents, le film fait mouche à chaque fois et se dénote ainsi comme un des films d’horreur les plus efficaces des années 2000.

  A noter qu’une suite existe, moins bonne évidemment puisque l’effet de surprise n’est plus là.

 

Par Robert Mudas.

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 12:29

L'Horrible Hommage aux films d'Horreur

Une série créée par Ryan Murphy

Etats-Unis

Première diffusion : 2011

Série en cours : 4 saisons terminées.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/81/Ecran_Titre_d%27American_Horror_Story.png

 

 

   Ryan Murphy aime toujours nous surprendre là où on ne l’attend pas.

  Après Nip/Tuck, la série qui se croît provoc et intello parce qu’elle arrive à mettre les mots «bite », « jouir » et « société » dans la même phrase (« what a great idea ! » aurait dit le créateur de Californication) ; après Glee, la série qui a hélas oublié dans sa saison 2 que ce qu’on appréciait chez elle, c’était son second degré, voilà que le bonhomme nous propose American Horror Story, une série rendant hommage aux films d’horreur.

Permettez-moi de penser qu’il nous livre ici sa meilleure création.

   Chaque saison étant presque une mini-série indépendante à elle toute-seule, je vais pour une fois plutôt axer ma chronique sur chaque saison indépendamment. Il faut savoir cependant deux choses.

   Premièrement, certains acteurs sont récurrents entre les deux saisons, mais dans des rôles totalement différents, donc je ferai la présentation du casting pour chaque saison.

   Deuxièmement, American Horror Story propose le générique le plus angoissant que je n’aie jamais vu à la télévision… De quoi nous mettre dans l’ambiance dès les premiers instants.

 

http://www.slashershouse.com/wp-content/gallery/american-horror-story-s1-posters/american-horror-story-s1-01.jpg

Saison 1

Avec :

Dylan McDermott : Dr Benjamin Harmon

Connie Britton : Vivien Harmon

Taissa Farmiga : Violet Harmon

Evan Peters : Tate Langdon

Jessica Lange : Constance Langdon

http://smellslikechickspirit.files.wordpress.com/2011/12/american-horror-story-poster-fx.jpghttp://overlookcinema.files.wordpress.com/2013/01/american-horror-story.jpg

   La saison 1 reprend le thème de la maison hantée, et toutes ses caractéristiques classiques : une maison trop grande au passé mystérieux, une jeune famille naïve et idéaliste qui s’y installe, des présences inquiétantes dans la maison, et une progression progressive vers l’horreur et l’angoisse.

   La famille Harmon est décidée à faire table rase de son passé (adultère, fausse couche), et à repartir sur de bonnes bases. Sauf que dans une maison hantée, dans laquelle se sont succédés massacres et expériences médicales étranges, le temps libre n’est pas de tout repos…

   Et ça, c’est sans compter la combinaison en cuir intégrale (mais qui l’occupe ?) ou les voisins un peu envahissants qui ont l’air d’en savoir plus qu’il n’y paraît...

   Je n’en dis pas plus car ce serait gâcher les explications progressives sur le passé de la maison, mais j’ai beaucoup apprécié la façon de raconter l’histoire de la maison entre plusieurs temporalités, chacune réservant son lot d’horreurs et d’explications sur la situation présente. Ce scénario-puzzle dont les pièces nous seront données une par une est vraiment la qualité de cette première saison. On retrouve en tout cas dans cette « Murder House » tous les poncifs du cinéma d’horreur abordant ce thème : esprits, monstres dans la cave, mystères, possessions, femme enceinte, morts qui réapparaissent, serial-killer, apparences trompeuses (ah, cette gouvernante...), bruits dans la maison, et j’en passe. Je préfère vous laisser découvrir tout cela, mais il me paraît important de mentionner que même si l’ambiance est angoissante (le générique de début y est pour quelque chose), cette saison 1 est beaucoup moins gore qu’il n’y paraît, mais propose des choses assez osées rarement vues à la télévision.

   A noter aussi les petits rôles de deux acteurs que j’aime beaucoup : Zachary – Sylar – Quinto déjà, mais surtout Dennis O’Hare, le génial Russel Edgington de la saison 3 de True Blood.

 

http://www.tvqc.com/wp-content/uploads/2012/11/american-horror-story1.jpg

 

http://www.gizmodo.fr/wp-content/uploads/2012/01/American-Horror-Story.jpgListe des épisodes de la saison 1 :

01 – Pilot (La Maison)

02 – Home Invasion (Intrus)

03 – Murder House (La Maison de l’horreur)

04 – Halloween : Part One (Halloween, première partie)

05 – Halloween : Part Two (Halloween, deuxième partie)

06 – Piggy Piggy (Monsieur le porc)

07 – Open House (Propriété à vendre)

08 – Rubber Man (L’Homme en latex)

09 – Spooky Little Girl (Le Dahlia noir)

10 – Smoldering Children (L’Aveu)

11 – Birth (La Naissance)

12 – Afterbirth (Trois Ans plus tard)

 

 

 

Saison 2 : American Horror Story : Asylum


Avec :

Sarah Paulson : Lana Winters

Evan Peters : Kit Walker

Jessica Lange : Soeur Jude

James Cromwell : Dr Arthur Arden

Zachary Quinto : Dr Oliver Thredson

Joseph Fiennes : Monsignor Timothy Howard

Lily Rabe : Soeur Mary-Eunice

 

http://4.bp.blogspot.com/-8kK-eowYelM/UTMoVfUvUuI/AAAAAAAAAYI/xh3wQXFigKI/s1600/american-horror-story-wallpaper-saison-2-1600x1200.jpg

 

   Avec la fin de la saison 1, je ne voyais pas du tout comment il était possible de livrer une saison 2.

Et bien en fait, on ne pouvait pas.

   Murphy nous propose donc une histoire totalement différente et indépendante de la saison 1, une atmosphère différente (beaucoup plus glauque et malsaine), des personnages différents mais parfois interprétés par les mêmes acteurs (Zachary Quinto, Jessica Lange et Evan Peters reviennent pour notre plus grand plaisir) : nouvelle histoire mais même équipe. J’aime déjà beaucoup ce principe.

http://www.k-streaming.com/wp-content/themes/uploads/102012/American-Horror-Story-02.jpg  Pas de maison hantée, cette fois-ci, mais un hospice psychiatrique dirigé par des bonnes sœurs («  bonnes sœurs » : je ne sais pas pour vous mais moi j’ai déjà la chair de poule…). Dans cet hospice, on retrouvera un présumé serial-killer manipulé par les aliens, une bonne sœur sadique hantée par son passé, une bonne sœur possédée par le malin, un ancien nazi essayant de créer des zombies, un Père Noël psychotique, et même la Mort personnifiée.

   Hein ? Quoi ? Ca fait beaucoup ?

   Oui, c’est clairement too much. Murphy se lance dans une surenchère d’horreur et d’histoires qui gâchent cette saison quand la première était vraiment scénarisée avec efficacité et intelligence. Les premiers épisodes sont très choquants, aux limites du supportable parfois, alors que la fin de la saison sera beaucoup plus sobre : un choix vraiment dommageable. Quant à la pluralité de trames temporelles qui faisait la réussite de la saison 1, elle est ici assez ratée avec une histoire de couple visitant l’asile dans le présent peu intéressante.

   Mais à côté le casting a encore tout bon, et on a envie de voir Dana Rivers, la journaliste lesbienne incarcérée à tort, s’en sortir face à l’adversité de tous. Quant aux acteurs revenus de la saison 1, ils jouent à la perfection leur nouveau rôle. Et le personnage de Sœur Mary-Eunice est tout bonnement génial et nous propose des scènes très sympathiques.

   La réalisation est bonne aussi, et constamment dans l’hommage aux ambiances des films de ce genre, et nous rend totalement claustrophobes dans cet auspice glauque où il ne fait pas bon être.

   J’ai parlé de la chanson de Sœur Sourire qui passe en boucle ?

   De bonnes idées aussi, avec par exemple la scène de danse totalement absurde de l’épisode 10 ou la stylisation intéressante de la Mort.

   Bref, pour résumer, une saison encore plus audacieuse que la première, encore plus malsaine, parfois aux limites du supportable, assez mal scénarisée dans un fourre-tout mal assumé, mais efficace par son casting, son image et sa réalisation empruntée aux canons du genre. Mais s’il vous plaît, père Murphy : la prochaine saison un poil plus soft, c’est possible ?

 

http://lolwat.com/wp-content/uploads/2014/04/American-Horror-Story-2.jpg

 

http://www.actucine.com/wp-content/uploads/2012/08/American-Horror-Story-04.jpgListe des épisodes de la saison 2 :

01 – Welcome to Briarcliff (Bienvenue à Briarcliff)

02 – Tricks and Treats (Exorcisme)

03 – Nor’easter (La Tempête)

04 – I Am Anne Frank – Part One (Anne Frank, première partie)

05 – I Am Anne Frank – Part Two (Anne Frank, deuxième partie)

06 – The Origins of Monstrosity (Les origins de la monstruosité)

07 – Dark Cousin (L’Ange Noir)

08 – Unholy Night (Une nuit pas très sainte)

09 – The Coat Hanger (Le porte-manteau)

10 – The Name Game (La Mort du diable)

11 – Spilt Milk (Le Lait maternel)

12 – Continuum (Continuum)

13 – Madness Ends (L’Orage qui menace)

 

 

 

 

 

 

 

 

Saison 3 : American Horror Story : Coven

 

Avec :
 Jessica Lange : Fiona Goode
Sarah Paulson : Cordelia Foxx
Taissa Farmiga : Zoe Benson
 Evan Peters : Kyle Spencer
 Kathy Bates : Delphine LaLaurie
 Angela Bassett : Marie Laveau
 Emma Roberts : Madison Montgomery
 Lily Rabe : Misty Day
 Denis O'Hare : Spalding (il a un petit rôle mais je le cite quand même parce qu'est-ce que j'adore ce type...)

 

http://www.tvqc.com/wp-content/uploads/2013/09/rs_560x415-130919105158-1024.American-Horror-Story.jl_.091913.jpg

 

   On connaît maintenant le principe : la saison 3 d'American Horror Story nous plonge dans un nouveau  contexte, une nouvelle situation où les mêmes acteurs jouent de nouveaux personnages. L'action se base maintenant à la Nouvelle-Orléans, et nous fait suivre le quotidien d'un clan de sorcières occupées à affronter une sorcière vaudou rivale, à chercher leur prochain chef, la « Supreme », à gérer les luttes intestines et les conflits familiaux au sein du clan, ainsi qu'à affronter des chasseurs de sorcières.
  Le contexte de cette saison permet des épisodes plus légers et beaucoup moins malsains que dans la saison 2. Il y a même des moments où je me suis ennuyé, c'est dire si la tension glauque de la saison précédente n'est plus là. Davantage de légèreté, de l'humour même, et une histoire romantique célébrant en clin d'oeil le retour de l'amour impossible de la saison 1. La Nouvelle-Orléans permet aussi une stylisation très sympathique, avec des effets de réalisation comme toujours réussis (des images inversées au sein du clan, des flous hallucinatoires quand le vaudou s'en mêle, les apparitions folles de Papa Legba, ou ne serait-ce que l'ambiance musicale et vestimentaire de la Louisiane). Comme à chaque saison, c'est beau, et c'est peut-être encore plus visible pour le spectateur néophyte dans cette saison.

 

http://blog.zap2it.com/frominsidethebox/american-horror-story-coven-premiere-FX.jpg

 

  Le scénario pêche cependant selon moi par un manque d'intrigue fil-rouge. Les personnages affrontent plusieurs situations qui ne durent qu'un ou deux épisodes, et rien n'est là pour maintenir un semblant d'attention mise à part l'élection de la Supreme qui pouvait tout aussi bien être réglée dès le premier épisode. La saison 1 avait une tension qui tenait le spectateur, menant à un crescendo attendu résolvant la situation, la saison 2 avait la résolution du mystère autour du serial-killer ainsi que l'enthousiasmante évasion de Lana Rivers. Bref, il y avait de l'enjeu. Ici, les morts ont une fâcheuse tendance à ne plus l'être très vite, les bûchers se succèdent sans grande incidence, des intrigues toutes secondaires cohabitent sans une vraie intrigue principale... J'adore Lily Rabe et suis très content de l'avoir retrouvée dans cette saison après l'excellente Soeur Mary-Eunice, mais il faut avouer que son personnage ne sert quasiment à rien dans une bonne partie de la saison, alors que justement elle semble être un enjeu important. De même, la série se vantait de la présence de Kathy Bates, la célèbre Annie de Misery, son personnage qui prend beaucoup de place dans la série et qui fait un lien intéressant entre les époques, mais de la même façon on sent que son personnage a été composé en hommage et trop peu intégré à l'histoire de ces sorcières (d'autant plus que les évolutions de sa situation sont quasi nulles quand les derniers épisodes la ramènent à son point de départ !). Bref. On s'enthousiasme autour de la rivalité entre les sorcières et Marie Laveau pour qu'au final cela n'aboutisse à pas grand-chose. La résurrection de Kyle et l'histoire d'amour qui suit est sympathique mais les scénaristes semblent vite avoir compris qu'on n'en ferait pas une saison. L'épisode d' Halloween est intéressant mais sans conséquences. Même l'affrontement contre les chasseurs de sorcières se règle en deux épisodes dans une scène, certes jouissive, mais qui laisse un vide dans la série par l'absence d'intrigue. Si bien qu'on regarde un contexte, une ambiance, des personnages, plus qu'une intrigue. Contrairement aux saisons précédentes, ce n'est clairement pas une saison dont on attend chaque épisode le soir de sa diffusion et qui tient accroché, non, plutôt un ensemble d'historiettes agréable à regarder mais sans unité profonde.

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  Reste donc l'ambiance, le casting impeccable qu'on prend plaisir à retrouver (je commence à me lasser de Jessica Lange, je crois, mais quel plaisir de retrouver Sarah Paulson et Taissa Farmiga notamment, ou bien sûr l'extraordinaire Denis O'Hare), et des thèmes très clairs : l'intégration et la tolérance. La chasse aux sorcières, les crimes raciaux, le sectarisme : tout est traité dans un contexte qui s'y prête bien et compose plus d'unité dans la série que ce qui arrive aux personnages.
  C'est donc probablement pour moi la saison que j'ai le moins appréciée mais pas forcément la moins réussie, ce qui est amusant car paradoxal. Les paris sont ouverts pour le contexte de la saison prochaine. Moi, je verrais bien un cirque de freaks bien glauque. Et vous ?
 

 

http://images.critictoo.com/wp-content/uploads/2013/09/american_horror_story_season3.jpgListe des épisodes de la saison 3 :

01 - Bitchcraft (Les Sorcières de la Nouvelle-Orléans)

02 - Boy Parts (Résurrection)

03 - The Replacements (Succession)

04 - Fearful Pranks Ensue (Petites farces entre amies)

05 - Burn, Witch, Burn ! (Brûle, sorcière, brûle !)

06 - The Axeman Cometh (L'Homme à la Hache)

07 - The Dead (Tous morts)

08 - The Sacred Taking (La Prise sacrée)

 09 - Head (Chasseur de Sorcières)

10 - The Magical Delights of Stevie Nicks (Voie céleste, voie démoniaque)

11 - Protect the Coven (La Protection de l'assemblée)

12 - Go To Hell (Va en enfer)

13 - The Seven Wonders (Les Sept Merveilles)

 

 

 

 

Saison 4 : American Horror Story : Freakshow
 

 

Avec :
  Jessica Lange : Elsa Mars
  Sarah Paulson : Bette et Dot Tattler
  Evan Peters : Jimmy Darling
  Michael Chiklis : Dell Toledo
  Denis O’Hare : Stanley
  Finn Wittrock : Dandy Mott
  Kathy Bates : Ethel Darling
  Angela Bassett : Desiree Dupree

 

http://www.avoir-alire.com/IMG/arton28018.jpg?1409395667

 

  J’avais raison ! J’avais raison ! Je prognostiquais une saison sur un cirque de freaks et… j’avais raison ! Voilà, à partir de maintenant, Ludiculture annoncera également l’horoscope et la météo, c’est dit.
  Trève d’autogloriole, parlons de cette nouvelle saison d’Amercian Horror Story. Elle est très bonne, disons-le sans détour. Beaucoup plus sobre au niveau de la réalisation que la précédente, elle est aussi beaucoup plus maîtrisée au niveau scénaristique. On sent que depuis la saison 2 les créateurs veulent suivre des communautés et ainsi profiter de l’étendue de leur carnet de relations pour le casting, ce qui a pu déplaire aux fans de la saison 1 qui se déroulait relativement en petit comité pour les rôles principaux. Pour la saison 3, cela fonctionnait assez mal par exemple, mais pour cette saison sur un cirque de monstres, cela fonctionne monstrueusement bien. L’intrigue générale sera de ce fait la survie de ce cirque face à plusieurs menaces et ennemis, et le spectateur sera souvent surpris de voir disparaître un personnage qu’il pensait voir évoluer jusqu’à la fin de la série.

http://3-ps.googleusercontent.com/xk/b3315gUECnjZu_7jXJv_iPn4L3/www.tvfanatic.com/images.tvfanatic.com/iu/t_slideshow/v1411395694/xjessica-lange-as-elsa-mars-american-horror-story.jpg.pagespeed.ic.kemH6Hz-UmwdRGgy9mBk.jpg
  Cette saison nous raconte donc le quotidien d’un cirque de monstres dirigé par la « star » Elsa Mars, composé notamment d’une femme à barbe, d’une géante et d’une naine, ainsi que d’un garçon homard et d’un phoque illustré. Le point d’entrée dans cet univers sera le personnage incarné par la formidable Sarah Paulson : la femme à deux têtes, véritable défi réussi de cette saison. Plusieurs menaces rôderont autour des forains de ce cirque : un passionné de musées de freaks voulant tous les mettre dans des vitrines, un riche totalement déséquilibré sombrant peu à peu dans une folie hallucinante, et un clown psychopathe. Oui, j’ai bien dit « un clown psychopathe », préparez-vous au choc...

http://media.paperblog.fr/i/732/7324446/critiques-american-horror-story-saison-4-epis-L-1CzVdC.png

  Les intrigues se mêlent, se croisent et s’expliquent peu à peu avec plus de moins de finesse, et la saison en ressort réussie et efficace. Elle n’est pas aussi dérangeante que la saison 2, mais dispose quand même de moments assez horribles (mention spéciale à la scène du magicien dans l’avant-dernier épisode…) et d’une ambiance plutôt glauque.
  Côté casting, tous les acteurs retrouvés des saisons précédentes sont magistraux : Evan Peters est toujours excellent, Kathy Bates est bien plus touchante que dans la saison précédente, Denis O’Hare a un rôle à la hauteur de son génie, et Sarah Paulson est magistrale dans ce rôle très dur de femme à deux têtes. Si je me lasse toujours de Jessica Lange, deux nouveaux arrivés célèbres m’ont ravi : Michael Chiklis, l’inoubliable anti-héros de The Shield, et Neil Patrick Harris, le célèbre Barney Stinson de How I met your mother qui sera toujours pour moi aussi Dr Horrible. En fils à maman gâté et totalement psycho (le personnage n’est d’ailleurs pas sans rappeler American Psycho), Finn Wittrock fait une entrée fracassante dans la troupe, et Twisty le clown est une des meilleures créations de la série entière.

http://www.konbini.com/fr/files/2014/10/American-Horror-Story1-810x519.jpg

  Une des saisons les plus abouties, donc. Le double épisode d’Halloween et son utilisation de la légende d’Edward Mordake, aura sûrement fait décrocher certains spectateurs lassés de l’apparition des spectres dans cette série, mais l’ensemble est réussi et efficace. Qui plus est avec le générique le plus réussi jusqu’à présent !
  Petit détail qui a grandement son importance : cette saison fait un lien direct avec une autre saison. En effet, nous verrons dans cette saison 4 le passé d’un personnage vu dans la saison 2. Les créateurs de la série ont ainsi révélé que leur but était de créer une gigantesque fresque-puzzle, et qu’une histoire chronologique reliant toutes les saisons une à une se révélerait petit à petit. Ici, le lien est clair et direct (l’épisode prend presque un peu trop de temps dessus) mais il faut avouer que c’est agréable de revoir les murs de Briarcliff et notre nonne préférée…

http://s1.ibtimes.com/sites/www.ibtimes.com/files/styles/v2_article_large/public/2014/11/17/american-horror-story-freak-show-stolen-script.jpg?itok=0baUemQp

  Les rumeurs de la toile annoncent une cinquième saison sur des expériences militaires à base d’aliens cachés et de secrets d’état… Pourquoi pas, sachant que le thème des extraterrestres avait clairement été raté dans la saison 2.

 

http://img.over-blog-kiwi.com/1/19/92/05/20141106/ob_2e18a0_vlcsnap-2014-11-06-09h51m14s28.pngListe des épisodes de la saison 4 :

01 - Monsters among us

02 - Massacres and matinees

03 - Edward Mordrake (Part 1)

04 - Edward Mordrake (Part 2)

05 - Pink cupcakes

06 - Bullseye

07 - Test of strenght

08 - Blood Bath

09 - Tupperware Party Massacre

10 - Orphans

11 - Magical Thinking

12 - Show Stoppers

13 - Curtain Call


 

A lire aussi :

 - Un des films d'horreur les plus réussis : The Descent.

 - Une mini-série d'horreur : Dead Set.

 - Evan Peters en Vif-Argent dans X-Men.

 

Article édité le 24 février 2015 avec la saison 4.

Par Robert Mudas.

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 10:31

Crossovers.

 

Editions Iello

Un jeu de Paul Petersen

Illustré par beaucoup de gens.

2013

 

De 2 à 4 joueurs

45 minutes – 1h environ.

27 euros.

 

http://m2.miiduu.com/store2/33352/image/data/re-1360254023-smash-up_mockup_FR.jpg

 

            Toi, geek, oui toi, là, rappelle-toi quand tu étais enfant. Un de tes plaisirs inavoués était de mélanger tes jouets, et faire combattre tes tortues ninja contre tes figurines articulées de dinosaures. Ou de faire débarquer les aliens en plein western au milieu de tes jouets de cow-boys (cette idée marquera tellement certains qu’ils en feront un film…). Ou tout simplement, de faire se rencontrer tes bonhommes de Mighty Max avec les Polly Pocket de ta cousine, et de… Bon, à partir de là, ça ne nous regarde pas. Mais tu te souviens de ce plaisir que tu avais à transgresser les règles et à faire cohabiter dans la même histoire des éléments de divers environnements et mondes.

            Et bien, maintenant, il y a un jeu pour ça.

            Smash Up est clairement un fantasme de geeks, et la présentation de ses cartes à la Magic vient nous en convaincre. Le jeu nous invite à mélanger deux factions et à les faire se combattre contre les factions choisies par les adversaires pour le contrôle de différentes bases. Le départ est d’une simplicité remarquable : pas de souci de mise en place, pas de préparation interminable, on prend deux tas de cartes et on les mélange. Vous connaissez le « mash up », en musique, et bien là c’est pareil, mais avec des cartes. Et pour le côté « smash »… Et bien, on va se mettre plus ou moins délicatement sur la tronche !

            A chaque tour de jeu, un joueur pourra poser une carte Créature sur une base à conquérir, et une carte Action. Les créatures ont toutes une valeur, et quand la valeur additionnée de toutes les créatures d’une base atteint la résistance de la base, celle-ci est conquise, et les joueurs marquent des points en fonction de la force qu’ils avaient jouée sur la base (exemple : 4 pour celui qui avait le plus de force, 2 pour le deuxième, 1 pour le troisième). Le premier arrivé à 15 points a gagné la partie. On ne peut plus simple, non ?

            Et bien oui et non, car c’est compter sans les magouilles de chaque faction… Les Aliens par exemple, auront une fâcheuse tendance à renvoyer les créateurs adverses dans la main de leur propriétaire (voire les leurs, pour certaines jolies combinaisons...), les Pirates à se déplacer de base en base, les Ninjas à attaquer au moment où on ne s’y attend pas, les Robots à se déployer très vite sur une base, les Dinos à… et bien à être des Dinos, très bourrins ! Ah, oui, parce que les Dinos ont des lasers. Au fait.

 

http://www.chamboultou.fr/blog/wp-content/uploads/2013/06/smash.jpg

            Chaque carte a donc son effet personnel, et chaque base a aussi une spécificité, faisant de ce jeu un jeu bourrin et fun, où on va s’amuser avec notre peuple de Dinos Zombies ou de Pirates Sorciers, et où on va tout faire pour faire « combotter » un maximum nos deux peuples, c’est-à-dire à faire en sorte que les capacités de nos deux factions se complètent bien. Certaines factions vont donc très bien ensemble, tandis que d’autres moins. Par exemple les Sorciers permettent de piocher beaucoup de cartes et de jouer beaucoup de cartes actions supplémentaires : ils ne sont donc pas très pertinents en combiné avec les Robots qui ne disposent que de trois cartes actions en tout. Avec les Aliens, par contre…

            La grosse qualité du jeu est la rejouabilité : on prend plaisir à essayer de nouveaux peuples parmi les 8 peuples de la boîte de base, et à tester des combinaisons plus ou moins audacieuses. «  Boîte de base » ? Oui, car il est évident que ce type de jeu appelle des extensions, et deux sont déjà sorties aux Etats-Unis, d’où vient le jeu. L’éditeur Iello, qui, non-content d’éditer des bons jeux a la bonne idée de bien les éditer, a d’ailleurs prévu à cet effet des casiers de rangement dans la boîte en attente des nouvelles factions.

            Le défaut de ce jeu est en revanche un problème d’équilibre. Certaines factions sont clairement plus fortes que d’autres, et même si la combinaison des effets vient de choix tactiques, on pense parfois à la fin de la partie que l’on n’a pas gagné ou perdu parce qu’on a été le meilleur ou le plus nul, mais parce qu’on avait les meilleures factions. Et certaines parties peuvent être interminables à causes de combinaisons inutiles et trop compliquées (plus jamais, mais alors plus jamais, les Sorciers Zombies !). Petit défaut qui ne fait pas de ce jeu un indispensable donc, mais bon, le plaisir de jouer est là et le plaisir, ça c’est indispensable.

            Et puis, merde, des Dinos Zombies quoi !

 

http://m2.miiduu.com/store2/33352/image/data/SMASHUP_eventail_main.jpg

Par Robert Mudas

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 09:22

Du Brel à l’électro. Si si.

 

Artiste : Stromae
Titre : Cheese
Label : Interscope, Polydor

2010

 

http://1.bp.blogspot.com/-FnDEPxGLmkQ/TbqtXAdlr5I/AAAAAAAAABY/WajNnS67VnI/s1600/0060075327125_600.jpg

 

                Mon premier contact avec Stromae a été un a priori. J’ai entendu la chanson « Alors on danse » sur des radios qui passaient allégrement de la soupe, et avec ses airs electro et son rythme trop répétitif, j’en ai déduit que Stromae, c’était aussi de la soupe populaire pour radios.

                Sauf que. Sauf que, un peu plus tard, j’ai vu un reportage sur le bonhomme. Et il m’a véritablement impressionné. Par le choix audacieux d’un look (et d’un personnage) totalement rétro. Par sa personnalité à la fois drôle et très mélancolique.  Par son inspiration assumée par Brel, par sa gestuelle qui me rappelle énormément le grand Jacques, par ses idées plutôt pertinentes sur la société et le monde de la musique.

                Je range donc mon a priori dans le tiroir déjà très plein de mes fausses impressions, et j’écoute le premier album de Stromae : Cheese. Je crois qu’il s’agit d’un album qui s’écoute en plusieurs fois. A la première écoute, c’est l’aspect électro, la rythmique très affirmée, qui se dénote, et cet aspect entraînant est une première impression positive. J’en veux pour preuve la très réussie Silence qui ne se base pas sur des paroles mais seulement sur une musique électro des plus réussies.

                Puis vient la deuxième écoute. Où l’on s’aperçoit que derrière (ou devant, question de point de vue) le très bon travail musical se trouvent des textes réfléchis et intelligents, dénotant une vision très sombre du monde. En témoigne, forcément, la superbe Te Quiero, à la fois extrêmement entraînante et extrêmement déprimante quand on écoute bien cette complainte vis à vis de la douleur de la relation amoureuse. En fait, cette tension, c’est celle qui habite le premier succès du maestro bouleversé, Alors on danse : la musique pour oublier tous les soucis de notre génération. La jeunesse France qui va danser pour oublier et croire que, qui sait, demain ça ira mieux, ça ne vous rappelle rien ? Personnellement, des souvenirs de mon adolescence jeune et conne à écouter la mélancolie de Saez me reviennent avec plaisir.

 

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                Voilà l’idée de l’album, donc : un constant décalage entre la musique enlevée et festive et les paroles déprimantes et pleines d’idées noires. «Eh petit bébé, il faudra se taire / Ouais même si papa frappe ta mère / Bah il faudra s'y faire » : ce sont par exemple les premiers mots de Dodo, une berceuse pas comme les autres qui fait froid dans le do(do)s.  Autre exemple, la chanson qui donne son titre à l’album : Cheese, et l’idée de toujours garder le sourire (comme Stromae le fait sur la pochette), bien présenter, malgré les malheurs que nous fait la vie, malgré les malheurs qui font la vie.

                Une tension riche et intéressante entre musique et paroles, donc, des textes déprimés et touchants, un album entraînant qui nous revient en tête : une réussite en somme pour ce premier opus régulier et complet.

                Et au vu des deux premiers titres, la magnifique Formidable, et la très touchante et entraînante (encore !) Papaoutai, le prochain opus risque lui-aussi d’être une réussite.

 

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Liste des pistes :

01 – Bienvenue chez moi

02 – Te Quiero

03 – Peace or Violence

04 – Rail de musique

05 – Alors on danse

06 – Summertime

07 – Dodo

08 – Silence

09 – Je cours

10 – House’llelujah

11 – Cheese

12 – Alors on danse (90’s Remix)

 

Par Robert Mudas.

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 10:06

 

Craignez les morts. Et les vivants encore plus...

 

Scénario de Robert Kirkman.

Dessin de Charlie Adlard après un tome 1 par Tony Moore.

Publié par Images Comics et par Delcourt en France.

Série en cours, 17 tomes (102 numéros) parus depuis 2003.

 

http://theinquisitiveloon.files.wordpress.com/2012/11/the-walking-dead-comic-characters.jpg

(Cet article sera basé sur l’édition française par Delcourt, pour la numérotation et les titres.)

 Les geeks vont me détester. Me haïr. Je suis désolé, je dois pourtant bien l’avouer… J’ai lu les comics de The Walking Dead APRES avoir vu les deux premières saisons de la série télé adaptée. J’entends déjà les cris et les huées… Mais si ça peut vous rassurer, amis geeks : je préfère le comic à la série télévisée. C’est bon, on est copains ?

Je ne sais pas vraiment ce qui ne m’attirait pas dans The Walking Dead avant que je ne voie la série. J’en avais entendu parler, bien sûr, mais le noir et blanc me rebutait un peu, je crois. J’avais aussi un peu peur d’un truc gore sans grande profondeur.

Et bien, et bien, j’ai vraiment bien fait de découvrir ce comic d’une précision et d’une efficacité impressionnantes. Le dessin n’y est effectivement pas à mon goût, disons-le tout de suite, ce n’est pas ce qui me fait suivre cette série.  Le noir et blanc me gêne un peu aussi. Mais le scénario y est véritablement génial, travaillé, intéressant et profond, à mille lieues de ce que les gens pensent généralement d’une « série de zombies. »

 

http://www.space2geek.net/wp-content/uploads/2012/11/walking-dead-dessin.jpg

 

 La série commence par le réveil de Rick Grimes, héros héroïque s’il en est, émergeant d’un long coma dans un hôpital déserté. Peu à peu il va se rendre compte que la ville a été ravagée par un fléau inquiétant : des morts-vivants. Son premier objectif sera de retrouver sa famille, sa femme Lori et son fils Carl, puis de mener toute une communauté de survivants. Entre errances sur les routes américaines, moments de répit dans des abris plus ou moins provisoires, et affrontements avec des groupes rivaux bien décidés à garder ou récupérer un abri, cette série va nous faire suivre le quotidien de ces survivants. Et je préfère le préciser : ne vous attachez pas aux personnages, car ils sont tous capables de mourir ! En témoigne le tableau récapitulatif des vivants et des morts au début de chaque tome…

Ce comic dispose de deux grosses qualités à mentionner tout de suite : un rythme audacieux et une ambiance très bien retranscrite. Le rythme n’est pas celui auquel on s’attendrait pour une histoire de zombies : bien sûr il y a des passages où ça trucide du zombie à tout va et où ça perd ses boyaux à moitié dévorés, mais il y a aussi des passages de calme où l’enjeu ne sera pas visuel mais psychologique, des passages centrés sur les relations entre les personnages, sur leurs angoisses, sur leurs espoirs et sur leurs peurs. L’adaptation télévisée a voulu retranscrire cela dans ses deux premières saisons, et cela a d’ailleurs désarmé beaucoup de spectateurs habitués aux films de zombies boostés à l’adrénaline. Quant à l’ambiance, elle s’enfonce de plus en plus dans la dépression et le malaise au fil du temps. Les personnages évoluent et s’endurcissent par rapport à toutes les mésaventures qu’ils traversent, et surtout par rapport à toutes les pertes (encore une fois, personne ne sera épargné !). Le petit Carl est peut-être le plus représentatif de cette évolution, lui qui grandit dans ce monde aux bases totalement ravagées, où tuer n’est plus un crime mais la voie de la survie. Ambiance et rythme, les deux vont de pair, car les moments de calme sont souvent des pauses plus ou moins longues entre des séquences totalement choquantes où de nombreux personnages disparaissent et où la situation change du tout au tout. Ainsi la série est progressivement une avancée vers l’horreur, et quand on croit que Kirkman ne pourra pas imaginer une situation plus grave ou malsaine qu’à un tome choquant, il nous montre que si, il en est carrément capable. Certains tomes (j’en compte 3 ou 4) sont ainsi particulièrement éprouvants car très durs, et encore une fois c’est le rythme qui nous ménageait avec un peu de temps morts parfois qui nous surprend et nous choque par une accélération soudaine et inattendue. Ambiance déprimante donc, car les personnages savent tous être en sursis, en attente de la prochaine catastrophe. Comme le dit Rick à la fin du 4ème tome : « C’est nous, les morts-vivants. »

 

http://collider.com/wp-content/uploads/the-walking-dead-comic.jpg

 

Je parlais des moments durs et choquants, et bien ils ne viennent pas toujours d’une scène d’attaque de zombies. Non. Kirkman sait s’inscrire là dans la tradition des bonnes histoires de zombies : le danger vient davantage des humains que des zombies. En effet, les passages les plus terribles dans cette histoire sont ceux où la cruauté et l’inhumanité de certains êtres humains sont mises en avant. Encore une fois, les bases du monde ont été inversées, et certains pensent donc que pour survivre il faut inverser son code moral. Voilà le drame pour Rick, shérif moralisateur et bon, voulant protéger sa famille dans un nouveau monde où le plus cruel gagne.

Ce que j’amène ici, c’est le grand point fort de cette œuvre : la dimension psychologique. Beaucoup de questions sont évoquées dans cette série : le droit de tuer, la peine de mort, la confiance que l’on peut accorder à l’autre, l’entraide ou la survie en priorité, la folie, l’autorité pouvant dériver à la tyrannie, le deuil, ou encore la transmission père / fils que je trouve extrêmement touchante et désarmante dans cette histoire. J’oublie énormément de thèmes mais ce sera à vous, à nous, lecteurs, de les découvrir en lisant cette œuvre forte, riche, complète, et qui, non contente de nous attacher et de nous donner l’envie de dévorer tout de suite le prochain tome, nous donne aussi des pistes de réflexion pertinentes sur notre société et notre monde.

 

http://26.media.tumblr.com/tumblr_lc9opkR7kg1qzwtv8o1_400.jpg

 

Afin d’éviter de gâcher la surprise de certains tomes choquants et riches en rebondissements, et afin de ne pas donner des indices sur qui vit encore et qui est mort et à quel tome, je ne ferai pas ici mon traditionnel classement par tomes mais plutôt un classement par arcs narratifs totalement subjectif.

 

La recherche d'un abri (tomes 1 et 2)

http://critiquebooks.files.wordpress.com/2011/08/walking_dead_tome_1sized__031123400_1451_100520104.jpg

http://3.bp.blogspot.com/-XArK-tumqR0/T95B5sx1XGI/AAAAAAAAAas/8BG-dLOAASs/s1600/Couverture_bd_9782756009728.jpg

Tome 1 : Passé décomposé (Days Gone Bye)

Tome 2 : Cette vie derrière nous (Miles Behind Us)

  Présentation de la situation et des personnages de départ. Avec l'intéressant tome 2, la

question de la confiance que l'on peut accorder aux autres est abordée avec succès, par le personnage d'Hershel.

 

L'installation dans la prison (tomes 3 et 4)http://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/comics_resume/walking_dead/walking_dead_comics_4_amour_et_mort_cover.jpghttp://3.bp.blogspot.com/_xSNwBz2HUmI/S963gEJCBWI/AAAAAAAACQ8/nEiackS3ptU/s1600/walking_dead_3_sains_et_saufs.sized.jpg   

Tome 3 : Sains et saufs ? (Safety Behind Bars)

Tome 4 : Amour et mort (The Heart's Desire)

  Les personnages vont se battre pour vivre en prison, l'abri qui leur semble le plus sûr. Vous la voyez, l'inversion des valeurs sociales ? Cohabitation difficile avec les prisonniers rescapés (toujours la question de la confiance), et surtout remise en question très judicieuse de l'autorité et de la santé mentale de Rick. La série trouve là son vrai souffle et son vrai début selon moi. A noter d'ailleurs l'arrivée de la très populaire Michonne, et de Tyreese, personnage que j'affectionne beaucoup.

 

Woodbury et le gouverneur (tomes 5 à 8)http://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/comics_resume/walking_dead/walking_dead_comics_8_une_vie_de_souffrance_cover.jpghttp://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/comics_resume/walking_dead/walking_dead_comics_7_dans_loeil_du_cyclone_cover.jpghttp://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/comics_resume/walking_dead/walking_dead_comics_6_vengeance_cover.jpghttp://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/comics_resume/walking_dead/walking_dead_comics_5_monstrueux_cover.jpg

Tome 5 : Monstrueux (The Best Defence)

Tome 6 : Vengeance (This Sorrowful Life)

Tome 7 : Dans l'oeil du cyclone (The Calm Before)

Tome 8 : Une vie de souffrance (Made to Suffer)

  Clairement mon arc préféré de la série. Les rescapés font la rencontre de la communauté de Woodbury et de son charismatique dirigeant : le Gouverneur. Sauf qu'il a l'air d'avoir perdu les limites morales que nos héros veulent conserver... Un arc dérangeant, perturbant, choquant et extrêmement feuilletonnesque : on dévore chacun de ces tomes l'un après l'autre. 

 

http://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/comics_resume/walking_dead/walking_dead_comics_11_les_chasseurs_cover.jpghttp://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/comics_resume/walking_dead/walking_dead_comics_10_vers_quel_avenir_cover.jpghttp://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/comics_resume/walking_dead/walking_dead_comics_9_ceux_qui_restent_cover.jpgLa route de Wahington (tomes 9 à 11)

Tome 9 : Ceux qui restent (Here we Remain)

Tome 10 : Vers quel avenir ? (What we Become)

Tome 11 : Les Chasseurs (Fear the Hunters)

  Changement de situation assez déstabilisant pour les personnages. De nouvelles têtes, parmi lesquelles le terrible Abraham, bonne trouvaille à la psychologie progressivement détaillée au fil des tomes, ou le pasteur Gabriel, qui amène judicieusement avec lui la question de la foi. Et, caché dans le lot, encore un tome assez traumatisant. Pas du tout mon arc préféré, mais la série suit son cours et montre qu'elle est capable de rebondir après un changement de grande ampleur.

 

http://idata.over-blog.com/3/85/36/69/Images-2/Image-18/Walking-Dead-Tome-15.jpghttp://www.walking-dead.fr/wp-content/uploads/2011/07/BD-the-walking-dead-tome-14-pieges-665x1024.jpghttp://www.comicsplace.net/wp-content/uploads/2011/03/Walking_Dead_tome_13.jpghttp://www.fant-asie.com/wp-content/uploads/2011/05/Walking-Dead-tome-12-Un-monde-parfait.jpgL'utopie d'Alexandria (tomes 12 à 15)

Tome 12 : Un monde parfait (Life Among Them)

Tome 13 : Point de non-retour (Too Far Gone)

Tome 14 : Piégés ! (No Way Out)

Tome 15 : Deuil et Espoir (We Find Ourselves)

  Les rescapés retrouvent une communauté à l'apparence idyllique et n'ont de cesse de se méfier, plutôt agressivement même, de ceux qui leur promettent et proposent un monde meilleur. Une très bonne idée qui permet de voir combien les personnages ont changé, combien ils ont du mal à faire confiance aux gens après Woodbury, et combien ils ont du mal à s'intégrer à une société qui essaie de réécrire la vie d'autrefois. De très bonnes idées donc (ne serait-ce que pour Michonne en robe...), pour un arc qui paraît trop calme au premier abord, trop confus à cause de la profusion de nouveaux personnages, mais qui au final nous proposera de bonnes réflexions et de très bons moments. Mention spéciale pour moi à ce qui se passe avec le personnage de Jessie : ceux qui ont lu cet arc comprennent sûrement ce qui m'a choqué, et ce qui montre que les personnages principaux ne sont plus les agneaux qu'ils étaient au début.

 

http://www.mdcu.fr/upload/news/news_illustre_1352913121.jpghttp://uppix.com/f-walking_dead_16_4f854fd5000fb6a7.jpgNegan et ses Sauveurs (tomes 16 à ????)

Tome 16 : Un vaste monde (A Larger World)

Tome 17 : Terrifiant (Something to Fear)

  Cet arc vient de commencer donc difficile de juger pour l’instant, mais j’ai l’impression que Kirkman trouvait que ses personnages avaient trop la belle vie… Une bonne et une mauvaise nouvelles pour Rick. La bonne : plein d’autres communautés subsistent autour d’Alexandria et établir un lien de commerce entre elles pourrait aider à survivre plus facilement ! La question du commerce entre survivants et donc de la refonte d’une nouvelle société a rarement été abordée dans les histoires de zombies, mais l’auteur, du haut de ses 15 tomes à succès, peut largement se le permettre, et c’est une bonne idée. La mauvaise par contre : le terrible Negan compte mener tous les échanges entre ces communautés apeurées, et il a une façon vraiment très particulière de faire des affaires…

Je réactualiserai cet article quand l'arc sera fini, et pour l'instant il promet d'être riche en tension...

 

 

Par Robert Mudas.

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 09:40

Ou comment un petit pois avec un oeil t'apprend la vie... Si si.

 

Un film de Dan Scanlon / Disney-Pixar

2013

durée : 104 min

 

Doublage :

Bob : Billy Crystal (vo) / Eric Métayer (vf)

Sulli : John Goodman (vo) / Xavier Fagnon (vf)

 

 http://i-exc.ccm2.net/iex/1280/2130788198/785977.jpg

 

  Le pitch : Bob Wazowki (que j'ai toujours prononcé Razowski, merci Boo) est un jeune monstre, incompris et exclu par ses camarades de classe. Depuis l'enfance il rêvai de devenir une Terreur d'Elite  et d’intégrer la prestigieuse société de  « Monstre & Compagnie ». Vient enfin l'heure pour lui  de quitter les bancs de l'école et d’intégrer la Prestigieuse Université « Monstres Academy », qui forme depuis des générations les Futures Terreurs d’Élite de la nation.

  C'est ici que Bob va rencontrer son meilleur ami pour la vie, Jack Sullivan dit « Sulli ».

 

  Bon le Scénario n'a à priori rien de bien novateur, et c'est justement là sa force je dirais. Les Studios Disney-Pixar (je tiens à ce qu'on fasse la différence) nous livrent ici une  histoire, avec  certes tous les clichés que la vie estudiantine américaine peut offrir : combats entre confréries pour dominer le campus, recherche de la popularité, être ou ne pas être cool … bref.

  Alors à défaut de faire dans l'originalité c'est une narration solide avec des ressorts narratifs tout aussi bien construits qui nous est livrée ici. Et  même si ces derniers, pour les ¾ arrivent gros comme une maison, on passe un bon moment en compagnie d'une société de monstres toujours aussi joviale, flippante, amusante, avec quelques bonnes surprises narratives et surtout, surtout, une histoire qui évite de tomber dans le pathos extrême, et c'est franchement bienvenu.

 

http://www.gizmodo.fr/wp-content/uploads/2013/04/coulisses-monstres-academy.jpg

 

  Le deuxième point fort de ce prequel est qu'il met en place avec brio tous les liens affectifs (bons ou mauvais) qui existent entre les différents personnages du premier opus. Et on découvre avec beaucoup de plaisir tout ce qui fait que les personnages sont ce qu'ils sont dans Monstres & Cie.

 

  Le Troisième et dernier point fort de ce film est sa morale.

  Je n'en dirais rien ici, mais pour un film  de cette  ampleur, avec les big producteurs qu'il y a au-dessus de lui on pourrait s'attendre à une fin toute rose et  toute jolie. Bon je suis pas en train de vous dire que Disney a tourné le dos à toutes ses valeurs qui ont fait sa réputation, mais que le propos final est beaucoup plus nuancé et fait appel à des valeurs, qui pour ma part, et ça n'engage évidemment que moi, font du bien à voir, et pour le coup appuie les valeurs du selfmade man américain.

  Mais bon je ne vous en dis pas plus.

 

  Petit bémol toutefois ! Moi qui suis une aficionado des VF pour les dessins animés, je commence a être un peu agacée par cette mode piquée aux américains de mettre des têtes d'affiche pour le doublage, la prestation de Catherine Deneuve en tant que la Doyenne Hardscrabble étant vraiment à certains moments à côté de la plaque. Jamel Debbouze dans le rôle de « Art », un perso secondaire ici uniquement pour amuser la galerie, aurait pu être interprété par bien d'autres doubleurs,  mais bon « business is business. »

 

http://www.commeaucinema.com/images/news_insert/undefined_f8de042287d70a9a14a0e83951b69aba.jpg

 

  Bilan : Bon ce film n'a rien d'extraordinaire, et ça sera toujours le cas tant que les producteurs et que le public également n'auront de cesse de cataloguer le film d'animation comme un sous-genre dédié aux enfants. Comme à chaque fois le visuel est on ne peut plus à la hauteur, Disney-pixar prouve encore une fois qu'ils sont à la pointe de la réalisation d'animation 3D, c'est un pur ravissement pour les Yeux.

  Mais si, comme moi, vous avez aimé Monstres & Cie, que Bob ne vous a pas donné des crises d'urticaire, alors courrez le voir, pour vous, avec vos gosses,  en solo... On passe un agréable moment en oubliant ses petits tracas du quotidien. Et on en ressort avec l'esprit plus léger et le sourire aux lèvres.

  Et sincèrement  même si son prédécesseur avait su nous émouvoir avec brio, celui-ci saura au moins nous donner la pèche et un regard positif sur notre monde.

  Et moi j'en demande pas plus à ce genre de film.

 

  Et, pour les curieux que cela intéresserait, voici un petit lien vers un joli making-of du film.

 

Par Darkim Lain.

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 08:59

Faut pas prendre Kevin Bacon pour un jambon.

 

Une série créée par Kevin Williamson

Etats-Unis

Première diffusion : 2013

 

Avec :

Kevin Bacon : Ryan Hardy

James Purefoy : Joe Carroll

Natalie Zea : Claire Matthews

Annie Parisse : Debra Parker

Shawn Ashmore : Mike Weston

Valorie Curry : Emma

 

Série en cours : 2 saisons, saison 3 annoncée.

 

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Saison 1 :

 

   C’est le pitch de cette nouvelle série qui m’a attiré en premier lieu : un serial killer a réuni au fil des ans de multiples « suiveurs » dans une sorte de secte de tueurs illuminée par la personnalité d’Edgar Allan Poe, et manigance tout un stratagème afin de sortir de prison, retrouver son fils et sa femme, et se venger de l’agent du FBI qui l’a mis en prison (et qui, accessoirement, lui a aussi piqué sa femme).

 

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   J’ai toujours apprécié les histoires de tueurs charismatiques et manipulateurs ainsi que les jeux de piste entre la police et les serial killer, et c’est pourquoi j’ai vaincu pour cette série mon aversion pour les polars et les séries policières. Et cette série a été une bonne découverte pour plusieurs raisons. Kevin Bacon, d’abord, qu’il fait plaisir de retrouver sur le petit écran dans le rôle d’un ancien inspecteur rattrapé par son passé (la torture psychologique est définitivement quelque chose qui va bien à son physique). Je cite Bacon, mais le reste du casting n’est pas en reste, notamment Valorie Curry que je trouve très efficace et même James Purefoy qui ne payait pas de mine dans les premières images comme gros méchant tueur, mais qui au final se révèle assez glaçant et inquiétant.

 

  Autre point positif : l’évolution de son intrigue. J’apprécie de retrouver dans cette série un vrai aspect feuilletonnant, qui nous donne l’impression d’aller quelque part et d’avancer dans l’histoire. Trop souvent dans les séries modernes, l’histoire en fil rouge n’avance que trop lentement et les épisodes démarrent dans une situation similaire à celle de l’épisode précédent. Ici, les choses changent vite, concernant les enlèvements, les lieux, les enquêtes, les suspects recherchés ou tout simplement les personnages encore en vie. Cet aspect feuilletonnant est clairement selon moi la réussite de ce polar.

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   Ce qui est curieux, c’est que les scénaristes qui créent donc ce point fort causent en même temps le gros défaut de la série : un manque cruel de vraisemblance. On ne peut manquer de s’énerver à chaque épisode – regardez-en deux-trois, franchement, vous verrez, je parie que ça vous le fera – sur les policiers les plus crétins qu’il nous ait été donné de voir à la télévision. Si on ne compte pas Ryan Hardy (le fameux Kevin Bacon) et deux-trois de ses copains, le reste est un rassemblement d’incompétents qui me font penser aux pnj mal gérés des mauvais jeux de fps (vous savez, ces personnages qui ne bougeaient même pas d’un pouce alors qu’on venait de tirer dans la jambe de leur voisin). Ici, les policiers sont adeptes des mauvaises décisions, et en plus les réitèrent à chaque fois ! Faisons des groupes de 1, oh bah oui, ça a été tellement payant quand votre collègue s’est fait torturer à cause de cela ! (A sa décharge, Kevin Williamson, le créateur de la série, a bossé sur Scream et Souviens-toi l’été dernier, ce qui doit avoir ce genre d’incidence sur notre façon de penser). N’enquêtons pas sur tous les visiteurs qui sont venus consulter Joe Carroll en prison alors que manifestement TOUS ses adeptes sont passés le voir. Non, aller voir un serial killer emprisonné et lui jurer fidélité n’a rien de grave. Mais ne nous étonnons pas alors quand les mêmes visiteurs viendront curieusement nous poignarder dans notre sommeil… Ne laissons qu’un mec devant la porte de la personne qu’on protège, c’est pas comme si on avait déjà fait ça deux fois pour des témoins qui ont été enlevés ou tués. Et mieux, mieux, ne déployons toutes nos forces (hélicos, centaines d’agents, etc.) dont on parle à chaque début d’affaire QUE lorsque tout s’est déjà passé ! Disons-le tout de suite : habituez-vous rapidement à voir sans arrêt les mêmes trois agents intervenir sur le terrain face à des tueurs deux fois plus nombreux et préparés qu’eux alors qu’une fois l’intervention finie une centaine d’agents quadrilleront la zone sans raison.

 

  Je m’emporte, je m’emporte, mais je crois que c’est vraiment obligatoire devant l’incohérence et la stupidité des décisions des autorités dans cette série. Et c’est vraiment dommage car la série a de grandes qualités à côté, ne serait-ce qu’une tension bien réussie, qui la font suivre avec plaisir.

 

  La fin de saison appelle directement une nouvelle saison, ce qui peut paraître surprenant puisque le pitch de départ n’est plus vraiment relançable. Mais bon, Homeland nous avait déjà fait le coup, et avec succès.

 

 

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Liste des episodes de la saison 1 :

1x01 Pilot

1x02 Chapter 2

1x03 The Poet’s Fire

1x04 Mad Love

1x05 The Siege

1x06 The Fall

1x07 Let Me Go

1x08 Welcome Home

1x09 Love Hurts

1x10 Guilt

1x11 Whips & Regrets

1x12 The Curse

1x13 Havenport

1x14 The End is Near

1x15 The Final Chapter

 

Saison 2 :
  Dans mon article sur la saison 1, j’avais manifesté mon scepticisme concernant une saison 2. Et bien j’avais raison… Malgré quelques bonnes idées, la saison ne tient pas la route. Ca partait déjà mal avec un procédé que je déteste à la télévision, qui est le « non mais en fait c’était pas vrai » qui annule toute la situation finale de la saison 1. Ce procédé trop facile montre une écriture scénaristique trop décevante, alors même que la progression de l’histoire était le point fort de la première saison. De plus, l’intrigue tarde vraiment à démarrer : Joe Carroll étant exilé et certains followers agissant seuls, il n’y a pas vraiment de grand plan manigancé mais juste une introduction poussive. Carroll ne fera pas office de leader charismatique et manipulateur comme dans la saison 1 puisqu’il va, comme le spectateur un peu las, suivre le cours des événements tels qu’ils arrivent à lui, avec des décisions totalement stupides parfois. A côté de lui, une nouvelle venue plutôt intéressante et deux jumeaux totalement tarés. Ces nouveaux tueurs marquent vraiment le point positif de la saison, et un des seuls selon moi.
  Du côté des gentils, on a enfin des interventions policières intelligentes et ça fait plaisir. Mais à côté de cela les trois héros naviguent entre décisions idiotes (« tiens, et si je partais seul à sa recherche en balançant mon portable par la fenêtre pour ne pas pouvoir appeler si je le trouve ? »)  et états d’âmes peu subtils. Le côté obscur les guette, et on comprend l’idée mais elle est connue et reconnus, et qui plus est pas totalement bien traitée.
  Les références à Poe ont disparu : pour cette saison, c’est la religion qui sera le thème fondamental avec un Joe Carroll (JC…) jouant au prêcheur de secte. Là encore, c’est peu crédible et peu intéressant, et les passages dans la secte de Korban traînent vraiment en longueur.
  Une saison très décevante donc, plus mauvaise que la première qui était pourtant juste un peu meilleure que moyenne. Pas vraiment envie de suivre la prochaine donc, pourtant annoncée.

Liste des episodes de la saison 2 :http://lejournaldessorties.com/wp-content/uploads/2013/11/KEVIN-bacon-the-following.jpg
2x01 Resurrection
2x02 For Joe
2x03 Trust Me
2x04 Family Affair
2x05 Reflection
2x06 Fly Away
2x07 Sacrifice
2x08 The Messenger
2x09 Unmasked
2x10 Teacher’s Pet
2x11 Freedom
2x12 Betrayal
2x13 The Reaping
2x14 Silence
2x15 Forgive

Article mis à jour en juin 2014.

Par Robert Mudas.

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 11:09

Pas de bras, pas de lapins crétins !

Un jeu Wii édité et développé par Ubisoft.

Existe aussi sur PC, PS3, Xbox 360 et N3DS.

 

http://soluce.jeuxactu.com/IMG/rubon3547.jpg?1357675294

 

  Ah, que ça fait du bien de jouer à un vrai bon jeu de plateforme ! Qui plus est quand le héros n’est pas pour une fois un plombier moustachu italien consommateur de champignons hallucinogènes qui lui donnent des fantasmes de grandeur. Qui plus est quand c’est édité par une bonne boîte française.

 

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  En dehors de toutes les cuniculocrétineries (cherchez cuniculos sur Google, vous comprendrez) récentes, je n’avais jamais joué à un jeu de la licence Rayman. Et bien c’est fort sympathique ! Passons sur l’histoire parce qu’honnêtement je n’ai même pas cherché à la comprendre. Le pays des songes est envahi, il faut donc attraper des lums pour débloquer des electoons et libérer les rois de la possession maléfique du royaume du mal, etc, etc, etc. Vous l’avez compris, ce n’est pas vraiment là qu’il faut chercher l’intérêt de ce jeu mais plutôt dans la jouabilité exquise de ce jeu de plateforme.

  On prend tellement plaisir à contrôler nos personnages qui progressivement vont acquérir de nouveaux pouvoirs encore plus sympathiques à utiliser (comme le fait de planer, mais surtout celui de donner des baffes avec plus ou moins d’élan, oh yeah !, ou celui de grimper aux murs). Notre personnage intéragit avec plaisir avec l'environnement du monde : ça rebondit, ça saute, ça glisse, ça court dans tous les sens, et c'est un vrai plaisir ludique. Seul petit regret : au fil du jeu on débloque de nouveaux persos mais à part l’apparence physique (voire seulement la couleur), rien ne les distingue. J’aurais adoré devoir choisir entre un Globox lent et puissant et un Rayman agile mais moins fort. Mais non, tant pis. On se console largement par les différents types de monde : les plateformes classiques, les boss bien sûr, mais aussi et surtout les géniaux mondes de Mosquito, dans lesquels le héros chevauche un moustique à diriger, ou encore les mondes Coffrapattes, courses contre la montre d’une inventivité très enthousiasmante. Bon, l’un des niveaux Coffrapatte souffre d’un petit bug, mais c’est vraiment pour moi le seul grain de sable dans la jouabilité de ce jeu très efficace.

 

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  L’autre gros point fort de ce jeu, c’est l’image. C’est parfois un poil petit pour bien voir ce que l’on doit faire, mais c’est surtout magnifique ! Les mondes sont d’une richesse visuelle folle, et même d’un humour totalement délectable ! Chaque univers (il y en a 10 en tout, si je ne m’abuse) a un code graphique différent et chacun est vraiment un bonheur dans lequel évoluer avec plaisir. Le monde sous-marin sera, tradition obligée des jeux de plateforme, très difficile. Les mondes de la gastronomie ou de la musique seront des découvertes visuelles extrêmement originales. Mention spéciale au dernier monde, à l’ambiance délicieusement steampunk et à sa course finale au milieu de roues et de cordes qui tombent.

 

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  Et puisqu’on parle du monde musical, le « désert des Didgeridoos », il faut aussi mentionner le travail fait sur une ambiance musicale tantôt distrayante tantôt onirique. Et je ne parle même pas du chant des Lums quand on récupère leur Roi… Entraînantes, drôles, ou les deux, les ambiances musicales choisies sont toujours bien choisies et participent à la réussite du monde de ce Rayman Origins.

  Un jeu auquel il fait bon jouer, dépaysant et agréable.

 

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Par Robert Mudas.

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 11:34

Si Boris Vian avait écrit de l’héroïc-fantasy...

 

Un roman de Terry Pratchett

Premier tome des Annales du Disque-Monde

Paru en 1983

 

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                 Imaginez un monde plat sous forme de disque, porté par quatre éléphants sur le dos d’une tortue géante naviguant dans le cosmos. Imaginez sa capitale, Ankh-Morpork où cohabitent héros et brigands, parfois pas si différents les uns des autres, dans des sous-sols sordides. Imaginez le Continent Contrepoids, qui comporte tellement d’or qu’il permet au Disque de s’équilibrer, ou encore les Dieux jouant du haut de leur montagne centrale avec la vie des habitants du Disque. Imaginez la Mort, aussi, continuellement dérangé (car c’est un homme, évidemment), toujours à l’affût du moindre danger guettant la vie des êtres vivants, particulièrement des Magiciens. Imaginez tout cela, et vous serez encore bien loin de l’inventivité de ce fou de Terry Pratchett. Et je n’ai même pas encore parlé de son humour…

 

                « Les Annales du Disque-Monde », c’est une parodie de saga d’héroïc-fantasy. Sur un ton satirique, Pratchett nous invente un monde totalement déluré, poussant à l’extrême comme dans une argumentation par l’absurde les codes habituels de ce genre de littérature. Chaque événement magique ou invraisemblable y est expliqué d’une façon rigoureuse et scientifique, comme ces plantes qui poussent l’année précédente à celle où on les a plantées, ces dragons invisibles si on ne croit pas en eux, ou encore ces mages hydrophobes éduqués à tellement haïr l’eau qu’ils permettent de voler au-dessus des océans. Ce monde sera un lieu d’aventures pour de nombreux personnages, reprises satiriques et caricaturales de l’héroïc-fantasy, tels le célèbre Rincevent, mage calamiteux et tire-au-flanc, ou encore Hrun, le barbare dont l’intelligence confine au génie car il arrive à prononcer des phrases composées de mots de deux syllabes voire plus.

 

                Ce premier tome – signalons tout de suite que le terme de « saga » est assez erroné puisque tous les romans ne se suivent pas forcément, le troisième sera par exemple indépendant de l’intrigue et des personnages rencontrés dans les deux premiers – nous introduit dans cet univers logiquement périlleux en nous présentant l’histoire de Rincevent devenu un peu à contrecœur le garde du corps et le guide touristique du premier touriste de l’histoire de cet univers, Deuxfleurs, et de son inquiétant coffre à pattes. Alors que l’inventivité de l’auteur et l’humour de la narration nous ont déjà touchés, un nouveau facteur s’introduit dans cette équation qui fait le succès du style de Pratchett : le Disque-Monde, non-content de nous distraire et de nous amuser, est aussi une occasion pour critiquer par la satire notre monde moderne, qui s’introduit parfois dans ce monde de façon étonnante. Il n’y a peut-être qu’à mentionner la richesse du touriste Deuxfleurs, spécialiste en peau-lisse-d’hache-sueur-rance, pour analyser autrement son audace horripilante et sa façon de penser que tout n’est qu’un jeu pour lui.

 

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                Ce roman nous racontera donc les péripéties de ces deux personnages, accompagnés d’autres personnages plus ou moins importants, tels que le génial Bagage, à travers différentes épreuves, les menant depuis l’antre d’un monstre jusqu’au bord du Disque et même au-delà, en passant par des cavernes infestées de dragons. Mais l’histoire n’est qu’un prétexte à l’amusement, à la satire, et à l’inventivité la plus loufoque, ce qui, il faut bien le reconnaître, peut très facilement désarçonner le lecteur habitué aux intrigues linéaires et au premier degré des sagas habituelles de fantasy. Le style, plein d’humour et de jeux de langage (vraie gageure pour le traducteur Patrick Couton, récompensé pour son travail) est aussi étonnant car tellement capillo-tracté qu’il faut parfois relire plusieurs fois les phrases, voire poser son livre quelques secondes pour bien cerner tous les enjeux de ce qui vient de nous être dit. Personnellement, j’apprécie beaucoup cette narration très impliquée, qui n’est pas sans me rappeler l’audace narrative d’un certain Boris Vian, et je montre un enthousiasme réel, manifesté par un sourire permanent dans ma lecture, quand Pratchett s’attaque avec humour au thème de l’espace-temps (le Roi dragonnier, par exemple, mort mais vivant toujours, confondant passé, présent et futur dans ses discussions). D’autres s’y verront trop étonnés, trop énervés par le second degré omniprésent du style, trop perdus par l’absurdité loufoque et volontaire de ce qu’il se passe pour adhérer à l’esprit de ce livre, et je peux les comprendre, même si je trouve cette idée d'une originalité folle. Le succès critique ne s’y est pas trompé, et a même placé paradoxalement cette satire de la fantasy dans les rayons des librairies aux côtés des chefs-d’œuvre gentiment critiqués par l’auteur lui-même : Le Seigneur des Anneaux, L’Assassin Royal ou encore Le Trône de fer.

 

Par Robert Mudas

  

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