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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 11:25

L'Homme le plus dangereux de Corse est une femme. 

 

Une série créée par Hugues Pagan

France

2006-2014

 

Avec :

Hélène Fillières : Sandra Paoli

Thierry Neuvic : Jean-Michel Paoli

Phareelle Onoyan : Carmen Paoli

Eric Fraticelli : Tony Campana

Frédéric Graziani / Philippe Corticchiato : Manu Mordiconi

 

Série terminée en 5 saisons de 8 épisodes chacune.

 

 

http://www.cineol.net/galeria/carteles/bigtmp_672serie.jpg

 

  Mafiosa est une de ces séries estampillées Canal qui a montré que la France pouvait aussi proposer de bonnes séries télévisées. Personnellement, ce n'est pas pour l'étiquette Canal que j'ai commencé cette série mais simplement pour son contexte : la Corse. La raison est toute bête : après des vacances sur l'Île de Beauté, j'étais fasciné par les charmes et par l'état d'esprit de ses habitants. Mafiosa a proposé un tableau sympathique de la fierté corse, ainsi qu'une série de qualité, aux préoccupations esthétiques originales (surtout au début) et aux intrigues policières intéressantes (surtout vers la fin).

 

  Le fil directeur de la série est son personnage principal : Sandra Paoli, avocate devenue, presque malgré elle, l'héritière d'un empire du crime corse. Entre les tensions partageant les clans familiaux et la difficulté pour une femme de s'intégrer parmi ces mafieux fiers et virils, les enjeux et problèmes sont multiples et variés. Evidemment, les meilleures intrigues proviendront de conflits familiaux et de trahisons entre proches, et c'est notamment la relation entre Sandra et son frère Jean-Michel Paoli qui alimentera les meilleurs épisodes de la série.

  Sandra est le point commun entre toutes les saisons, et j'ai envie de dire l'un des seuls. En effet, Mafiosa a la particularité de tellement se renouveler entre les saisons qu'on dirait presque parfois une série différente. En cela, la première saison était très étrange, avec un rythme lent et des passages hors-sujet déstabilisants. Et ce générique de fin, consistant à présenter le portrait de chaque personnage sur une musique mélancolique... Série novatrice, originale et osée, Mafiosa alors attachait par son audace et par son contexte, plus que par les qualités que l'on attend normalement des séries (le jeu d'acteur y était d'ailleurs très inégal...).

http://www.chronicart.com/wp-content/uploads/2014/04/mafiosa-subvention-canal+1.jpg

  La saison 2 introduit les hommes de main de la chef mafieuse, et ils vont tellement marquer la série qu'on se demandera au final comment ils ont pu être absents de la première saison. Toussaint, Manu, Tony, surtout les deux derniers et leur relation fraternelle complémentaire, vont faire tout le sel des manigances et des magouilles. La mythologie s'étoffe et rend plus crédible cette famille mafieuse, avec des lieux marquants (le Bellagio, pour ne citer que lui) et des personnages récurrents enfin identifiables.

 

  La saison 3 sera la conclusion logique de la relation Sandra / Jean-Michel : une lutte fraternelle déchirante, avec tous les pions que cela devra faire bouger. L'apothéose de la série, même si le ton se cherche encore parfois.

 

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  La saison 4 a été annoncée comme un retour fracassant, alors que selon moi elle a oublié l'intérêt du contexte corse. Sandra et ses compères débarquent à Paris pour y posséder des cercles de jeux. C'est loin d'être palpitant et j'ai trouvé ce retour assez moyen, même si encore une fois les enjeux de rivalité amenaient de l'intérêt et du suspense. Sandra est alors métamorphosée, méconnaissable par rapport au début de la série, et il faut aussi du temps pour s'y faire.

 

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  La dernière saison a la bonne idée de revenir s'installer en Corse et de bien conclure toutes les intrigues en cours. On pourrait avoir tendance à trouver la fin facile et évidente (honnêtement, je m'attendais à l'acte déchirant qui y a lieu ainsi qu'à la toute dernière scène) mais la conclusion était quelque part totalement inévitable et la fin de la métamorphose de Sandra est fascinante. Les bonnes séries criminelles montrent toujours le changement radical d'un personnage normal au départ (souvenez-vous de Walter White...) et Mafiosa ne déroge pas à la règle : rien que ses relations amoureuses, plus ou moins mises en avant dans chaque saison mais toujours présentes et différentes, montrent l'évolution de l'état d'esprit de Sandra.

 

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  L'esprit corse est là grâce aux personnages secondaires, qui ont selon moi permis à la série de survivre. De l'accent de Tony à la gentillesse de Manu, de la sagesse de Toussaint à la douceur de Saudade, les personnages sont touchants et intéressants. Les deux dernières saisons ont même réussi à introduire de bons personnages de policiers, ennemis intéressants des Paoli. J'ai cependant beaucoup de mal avec un procédé qui a eu lieu à deux reprises dans cette série : le changement d'acteur pour interpréter le même personnage. Autant la disparition horrible de l'interprète de Manu entre les deux dernières saisons a été un drame bien involontaire pour les créateurs, autant le changement d'acteur pour le commissaire Rocca entre les deux premières saisons me reste encore en-travers de la gorge tant j'aimais le style de ce personnage. Pour les autres personnages, le jeu est encore relativement inégal (Linda Hardy ne brille pas vraiment par ses qualités d'actrice dans la fin de la série par exemple...) mais la série garde malgré tout ce charme qui fait qu'on lui pardonne beaucoup de choses.

 

  Et puis, bon, on va quand même pas se fâcher avec les corses...

 

http://www.actucine.com/wp-content/uploads/2012/06/Mafiosa.jpg

 

  Par Robert Mudas.

 

A lire aussi :

 - Une autre série Canal, pas du tout dans le même esprit : WorkinGirls.

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Published by Robert Mudas - dans Séries télévisées
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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 08:50

L'invasion des super-héros en librairie...

 

                J’avais dit que je reparlerai en temps voulu de la deuxième vague des parutions librairie de Marvel Now, et rassurez-vous je ne vous ai pas oubliés ! Voici donc, comme pour les sorties de mars, la liste des sorties de juin classées par ordre de préférence ainsi que l’évocation de la nouveauté de septembre (voir fin de l’article).

                Difficile de classer, cette fois-ci, car les choix de Panini Comics m’ont beaucoup surpris et on ne trouve pas dans cette nouvelle salve de parutions de telles réussites que Superior Spider-man ou All New X-Men.

 

http://comicsbeat.com/wp-content/uploads/2013/10/Avengers-World-Arthur-Adams-Wraparound-Variant.jpg

               

                Avengers (scénario de Hickman, dessin de Opena).


http://media.paperblog.fr/i/716/7165413/avengers-marvel-now-tome-1-L-rdywMd.jpegCa me fait un peu mal de mettre cette série en premier car je hais Jonathan Hickman, que je trouve prétentieux et bordélique dans ses scénarii trop ambitieux. Son run sur Fantastic Four m’avait enthousiasmé avant de s’avérer interminable et incompréhensible. Le problème de ce type (c’est un peu la même chose chez Grant Morrison, d’ailleurs…), c’est qu’on lit chaque épisode en ne comprenant rien à ce qu’on lit mais en se disant dans certains détails que ça sera sûrement génial dans la suite et qu’on doit s’accrocher. Sauf qu’au bout d’une dizaine d’épisodes lus sans qu’il ne se passe rien, on n’en a un peu marre, et on arrête. Mais ici, je dois bien le mettre en premier car c’est un peu la série fondatrice de ce Marvel Now ! (même si je reste convaincu qu’il s’agissait d’un mauvais choix de la part de Marvel de confier ces séries majeures à Hickman).

Les Avengers voient large et embauchent toute une nouvelle galerie de personnages, certains venus des X-Men (Solar et Rocket par exemple), d’autres sortis de derrière les fagots comme Captain Universe, une nouvelle Smasher ou Manifold. Dans l’idée, c’est sympathique, sauf que dans les faits c’est anecdotique et on se fout un peu de tous ces personnages qui ne servent pas à grand-chose. Face à eux, de nouveaux personnages apparaissent, comme Ex Nihilo ou Abyss, et après les bastons habituelles on s’interroge toujours sur leur position : alliés ou ennemis ? Un grand foutoir bien dessiné, donc, qui amène cependant au bon événement final : Infinity.

A relire, on a du mal à comprendre pourquoi je l’ai mis en premier non ? Et bien, parce qu’au moins on sait que la série aura un retentissement et une importance, alors que les autres séries en-dessous sont souvent totalement anecdotiques.

 

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                Iron Man (scénario de Gillen, dessin de Land).


http://www.coinbd.com/series-bd/iron-man-marvel-now/tome-1/images/couverture/20140718100240_t1.jpg          Le redémarrage de la série consacrée à ce héros est clairement marqué par sa nouvelle popularité cinématographique. Tony Stark n’a jamais autant ressemblé à Robert Downey Jr, et comme par hasard les ennemis de ce premier arc touchent à Extremis, c’est-à-dire à l’intrigue du film Iron Man 3. Bon, c’est loin d’être mauvais pour autant, d’autant plus que Land est plutôt bon quand il ne se laisse pas aller à ses horribles pornfaces (si vous ne connaissez pas ce gros problème, lisez ça…). Mais le tout est un peu léger. La suite, la mini-saga « Le Déïcide » ou encore l’énorme saga « Les Origines Secrètes de Tony Stark », est meilleure mais très longue et les lecteurs devront à mon avis être très patients pour la lire en librairie !

 

 

 

 

 

 

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                   Gardiens de la Galaxie (scénario de Bendis, dessin de McNiven)


  http://1.bp.blogspot.com/-U4CRC5cP9-w/U5dXNov37gI/AAAAAAAAKRo/IteYCQQsbVY/s1600/7465_les-gardiens-de-la-galaxie-1.jpg             J’attendais beaucoup de cette série que j’adorais quand Abnett et Lanning étaient aux commandes, et me voilà bien déçu devant cette pâle équipe confrontée… à rien. L’ancienne série faisait cohabiter des personnages totalement contradictoires obligés de s’allier face à des menaces cosmiques de grande ampleur. Rien de tout cela ici mais semble-t-il la volonté de rebondir sur la nouvelle sortie cinématographique Marvel (l’équipe est d’ailleurs réduite au casting du film…). Déception donc. Il paraît que la série trouve enfin sa propre identité au bout d’une dizaine d’épisodes : je n’ai pas eu le courage d’aller jusque là. Tant pis pour le poto Rocket Racoon, qui va me manquer, snif snif.

                   En attendant, j'invite tout le monde à se rabattre sur les anciens épisodes de la série (pas les très très vieux, mais ceux des années 2000 qui ont lancé l'équipe telle qu'elle a été présentée dans le film), qui proposaient une richesse et une inventivité folle.

 

 

 

 

 

http://www.9emeart.fr/uploads/images/large/8706.jpeg

 

 

                      X-Men (scénario de Wood, dessin de Coipel)

                     

http://www.comicsplace.net/wp-content/uploads/2014/05/XNOW.jpg                De même, j’aurais dû aimer cette série. Coipel au dessin, ça le fait. Une équipe féminine de X-Men, l’idée est sympa, avec Tornade, Malicia, Kitty Pride et Psylocke (les deux autres, je les aime pas trop donc on va faire comme si elles n’étaient pas là). Et bien, voilà : vous n’aurez rien de plus que cette phrase d’accroche. On sent le prétexte à proposer une énième série mutante car le fond n’est pas là et les péripéties sont sans réel intérêt, si bien que l’unité de l’équipe n’est pas claire (et sa constitution entièrement féminine n’a aucune justification). Bref, je suis peut-être (je l’espère !) passé à côté de quelque chose mais je ne conseille pas ce premier arc très fade.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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En septembre arrive la troisième vague, constituée des tomes 2 d’All-New X-Men, Superior Spider-Man et Uncanny Avengers. S’y adjoint le premier tome de…

 


                        Thor (scénario de Aaron, dessin de Ribic)

  http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTUa4zxOnSaMY788Y2-XQjM0-qDsljYIu_lJRKnZn4aP5R6d9-uLyNjQCEn                Et là, pour le coup, je recommande vraiment ! Aaron a la bonne idée de trancher un peu avec les histoires traditionnelles du dieu du Tonnerre avec deux postulats. Premièrement, on s’écarte un peu d’Asgard pour confronter Thor à d’autres panthéons car son ennemi est un massacreur de Dieux, un Dieu qui s’en prend lui-même aux Dieux. Deuxièmement, l’histoire se passe sur trois temporalités différentes et trois Thor (un du passé, un du présent et un du futur) sont donc les témoins de cette très longue saga. C’est bien ficelé et intéressant : enfin une bonne idée pour le reboot !

           Sur le dessin, c’est vraiment magnifique ! La parution en librairie va être assez longue, à mon avis, mais c’est vraiment mon conseil dans ces deux vagues de parution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A lire aussi :

  - Marvel au cinéma : Captain America 2 : le soldat de l’hiver.

  - Marvel avant Marvel Now : Daredevil Ends of Days

  - Le reboot de la Distinguée Concurrence : le New 52.

  - Une bonne série de mutants pour compenser ce mauvais tome X-Men : X-Factor.

 

Par Robert Mudas.

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Published by Robert Mudas - dans Bande dessinée
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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 20:53

  Après de belles vacances ensoleillées (ironie, ironie...), le blog revient comme promis !

 

Peu de changement pour cette rentrée : le rythme sera toujours de un article par semaine, même si le jour de publication ne sera plus forcément en semaine mais sûrement en weekend. Seront ajoutés en bas de chaque article quelques suggestions d'autres articles à lire afin de mieux cibler votre visite sur le blog et ses différents articles ; on rappelle que la page Sommaire sera aussi extrêmement pratique pour circuler sur le site !

 

http://www.geekalerts.com/u/DC-Comics-Trinity-War.jpg

 

Avant le nouvel article de la semaine prochaine, on commence par une grosse remise à jour nécessaire concernant les trois articles du New 52 de chez DC ! En effet, les séries évoquées dans l'article sur les mensuels en français, la librairie en vf et la librairie en vo ont été actualisées jusqu'à l'événement Forever Evil qui a lieu en ce moment. Un point de départ idéal pour savoir quoi lire dans ce très bon travail que nous propose Urban Comics !

 

A très vite !

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Published by Ludiculture - dans A propos du blog
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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 14:00

Les quatre fantastiques du Docteur Marvel

 

http://medias.3dvf.com/news/evenement/art-super-heros.jpg

 

                Du  22 mars au 31 août se tient à Paris (plus précisément au musée Art Ludique) une exposition consacrée aux super-héros Marvel. Il est évident que ma conscience professionnelle m’a obligé à découvrir, rien que pour mes chers lecteurs, cet événement qui marque une première à Paris, repéré par la culture geek.


                L’exposition se décline en plusieurs salles, consacrées à différents héros ou groupes de héros : Les 4 Fantastiques, les Héros urbains, Les Héros en groupes, les Héros cosmiques. Les distinctions sont plus-ou-moins heureuses et on peut parfois s’y perdre un peu quant on se rend compte qu’on est passés des quatre fantastiques aux X-Men sans avoir vu de frontière. Aucun souci pour les fans, mais pour les néophytes je ne suis pas sûr que tout soit bien abordable. En témoignent les discussions (si drôles !) que l’on peut entendre devant les œuvres exposées...


Un enfant montrant Wolverine sur une ancienne planche, quand il s’appelait encore Serval chez nous : « C’est Wolverine, ça, Mamie ? »

Mamie : « Ah non, c’est Captain America. »

L’enfant, montrant Cyclope : « Et lui ? »

Mamie : « Je ne sais pas du tout. Ce ne doit pas être quelqu’un de connu. »

Ce genre de discussions rend la visite très drôle, mais elle interpelle aussi sur la qualité des informations données…

 

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                Parlons donc du fond : qu’avons-nous dans la collection de ce musée ? De bien beaux originaux, il faut l’admettre. Beaucoup de couvertures ou de planches originales de très grands auteurs depuis Kirby à Cassaday. Un fan peut allégrement y passer des heures, il faut le dire, si tant est que voir les planches originales d’albums cultes l'intéresse. D’autres peuvent rester très froids devant cela, surtout quand on ne connaît pas vraiment le contexte, l’auteur ou l’historique du personnage car les explications sont assez maigres et se limitent à de courtes présentations des personnages et à de longues présentations des auteurs. Ne vous attendez donc pas à ouvrir une Encyclopédie Marvel pour rencontrer tous les alliés et ennemis de vos héros préférés, plutôt à voir une belle collection de pièces cultes concernant ces personnages. C’est pour moi le défaut de cette expo, qui met beaucoup de choses devant les yeux sans bien dire ce que l’on voit. Un petit historique des personnages et de leur évolution au fil des décennies, à retrouver sur le graphisme des œuvres présentées par exemple, aurait été réellement bienvenu. Mais bon, on ne va pas refaire la présentation…

                Assez insensible au noir-et-blanc, je l’avoue honteusement, je suis resté assez froid devant les planches de Kirby déjà lues dans des anthologies. Par contre, les dessins colorisés d’Alex Ross et Adi Granov m’ont réellement impressionné et méritent à eux-seuls le détour.

               

http://www.from-paris.com/wp-content/uploads/2014/03/DSC04546.jpg


                 La collection s’orne également d’éléments issus de l’univers cinématographique Marvel (on en reste aux droits de Marvel cependant, donc ni les films X-Men ni les sagas Spider-Man ne sont évoqués). Parmi ces éléments, on retrouve des maquettes de personnages ou de costumes (des maquettes utilisées pour le design du costume de Captain America, de Thor, d’Iron Man ou encore pour l’apparence de Groot dans le prochain Gardiens de la Galaxie), des accessoires issus des tournages (le bouclier de Captain America, le casque d’Iron Man, une moto de l’Hydra par exemple)  et surtout une superbe collection de dessins d’étude ou de story-boards pour les films du MCU. Ces découvertes sont le bon point de l’exposition selon moi.

               

http://golem13.fr/wp-content/uploads/2014/02/ConceptArt-Cpt-America.jpg


                  Je parle de bon point car il y a aussi des mauvais points. J’ai déjà cité le manque d’informations qui peut parfois faire en sorte qu’on regarde quelque chose sans trop savoir de quoi il s’agit. En effet, on a pour chaque planche les informations que sont la date, l’auteur, le numéro de l’épisode. Point. Ne vous attendez pas à une étude de l’évolution de l’apparence physique de Susan Storm, du costume de Wolverine ou des membres composant les X-Men de tous les pays. La création de Captain America en vue de la propagande militaire ou l’arrivée de la deuxième vague de X-Men comportant des nationalités venues du monde entier ne seront que des détails mentionnés au détour d’un panneau facile à omettre. Bref, un manque de confrontation et de mise en perspective. Un exemple concret : dans la section « Thor », on trouve côte à côte une planche du Thor traditionnel des années 60-70 et une planche du Thor version Ultimate, barbu façon viking. Ces deux planches sont voisines mais aucun panneau ne nous invite à comparer ces deux versions du même personnage, ce qui aurait été extrêmement intéressant. A la place, la mamie passera en se disant « tiens, pourquoi là il a une barbe et pas là ? » et je trouve cela vraiment dommage.

               

                  Les informations et les approfondissements, on les trouvera du côté de vidéos très intéressantes placées un peu partout dans les salles. Je n’aime guère m’arrêter devant des écrans quand je visite un musée mais vu que toutes les informations s’y trouvent, il ne faut pas hésiter pour cette exposition : dans chaque vidéo, une interview de Stan Lee expose un thème (le lien à la mythologie, le costume, la considération des super-héros, etc), repris par les interventions de plusieurs personnalités, parmi lesquelles Sfar, Coipel ou même Zep. Ces petites vidéos sont enrichissantes et dynamiques, et forment un peu toute l’information disponible dans l’exposition.

           

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                Le reproche que je fais concerne donc la muséographie. Mon dernier voyage à Londres m’a subjugué par la qualité des musées de la capitale, dans lesquels les œuvres sont classées, disposées de façon intelligente et cohérente, avec un parcours de visite qui nous laisse comprendre ce que l’on voit et sa place dans le thème de l’exposition. En France, j’ai tendance à trouver que tout est placé en fourre-tout dans le musée sans vraie réflexion. Comparez le museum d’Histoire Naturelle de Londres et de Paris, et tout sera dit. Cette exposition souffre encore de ce problème. Là où je m’attendais à une perspective chronologique, ou un classement par périodes, par auteurs, amenant à bien voir l’évolution du format comics, j’ai été bien déçu par une présentation mal fichue par personnages. De même, ne vous attendez pas à voir les différentes étapes de création d’une planche (storyboard, crayonné, encrage, colorisation), car il n’y en aura pas. C’est vraiment dommage, d’autant plus que le prix d’entrée de l’exposition assez élevé aurait pu laisser entendre un petit effort sur l’approfondissement.

                    Qui plus est, le côté ludique manque cruellement. Vous espériez pouvoir porter une réplique du bouclier de Cap ou du marteau de Thor pour évaluer leur poids ? (Je dis ça parce que la Tour de Londres le fait pour les équipements de chevaliers, mais je dis ça comme ça…) Et bien non ! Le ludique s’arrêtera à une simple photographie que l’on peut prendre gratuitement en compagnie des Avengers. C'est sympa, mais pas assez pour enthousiasmer le petit Kévin que Mamie Jacqueline a eu la bonne idée d'amener au musée puisqu'il y avait un super-héros sur l'affiche.

                Mais bon, ne boudons pas notre plaisir de parcourir une exposition consacrée aux super-héros, malgré ses faiblesses et son prix, et profitons du matériel vraiment impressionnant rassemblé dans cette belle collection.

 

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Par Robert Mudas.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:50

Le bilan de Robert Mudas : juin 2014

 

Bande dessinée :

 

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  La série Blast de l'extraordinaire Manu Larcenet s'est achevée avec son quatrième tome. J'avais très hâte de relire du Larcenet après Le Combat ordinaire qui figure dans mon top 5 de la bande-dessinée franco-belge. Blast m'a désarçonné, à la fois difficile à intégrer, à comprendre et à adorer mais en même temps intrigante, personnelle et poétique dans sa violence et sa laideur. C'est une oeuvre marquante et marquée, ambitieuse et demandant l'implication de son lecteur. On suit l'interrogatoire de Polza, obèse marginal, qui raconte son histoire. On y parle de santé mentale, de rejet social, de liens du sang et d'illuminations pour illuminés. C'est osé et dérangeant mais assez magnifique, surtout dans le traitement graphique qui fait de ces quatre tomes un vrai roman graphique.

 

Littérature :

 

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  Un ami m'a prêté le roman L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde en me disant que ça devrait me plaire. Alors, à la fois pour voir si ça me plaisait et pourquoi c'était censé me plaire, je l'ai lu.

  Ce roman suit le personnage de Thursday Next, dans une uchronie assez sympathique où la littérature a une place fondamentale dans la société. Elle est chargée de pourchasser l'infâme Achéron Hadès qui vole les manuscrits d'oeuvres célèbres afin d'y prendre en otage certains personnages de la littérature anglaise. A côté de cela, on croisera une brigade temporelle et ses paradoxes temporels, forcément, ainsi que des vampires influencés par Bram Stoker ou une guerre de Crimée pas si uchronique que cela.

  Ce roman est un vibrant hommage à la littérature anglaise. Difficile d'y adhérer totalement quand on s'y connaît trop peu (c'est mon cas puisque j'avoue ne jamais avoir lu Jane Eyre) mais la folie inhérente et surtout l'inventivité débordante de ce monde où l'on clone des dodos de compagnie sont réellement attachantes. Reste une intrigue trop décousue qui saute du coq à l'âne et qui tarde à se manifester, ainsi qu'une fin beaucoup trop facile. Une lecture amusante pour les amateurs d'uchronies, d'inventivité et de littérature anglaise, donc.

 

 

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  A dos de tortue, je continue ma lecture des Annales du Disque-Monde. C'est le quatrième, Mortimer, que je viens de finir et Pratchett y développe son amusant personnage de la Mort qui prend ici sous on aile osseuse une stagiaire un peu boulet. Ce pitch me faisait pressentir un tome excellent, mais je l'ai trouvé un peu facile. Certains dialogues sont fameux, évidemment, mais le tout manquait un peu d'originalité et de surprise, si bien que je crois avoir préféré le précédent tome La Huitième Fille.

 

Série télévisée :

 

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  HD1 a récemment diffusé la série Suburgatory. Bon, c'était une diffusion très brutale, à coup de sept épisodes par soir, sûrement pour les insomniaques et sans séparation claire entre les deux saisons. Mal diffusée, donc, comme à peu près toutes les séries télévisées sur les chaînes publiques, mais assez sympathique sans être exceptionnelle.

  L'adolescente new-yorkaise Tessa y est obligée de suivre son père George en banlieue chic où elle est confrontée à une faune superficielle et stupide. Le décalage y est très drôle surtout par un traitement par l'absurde visant à ridiculiser la naïveté de Dallas, la désinvolture de sa fille Dalia ou encore la stupidité de Ryan. C'est donc fun et léger, et ça rappelle en cela les bons débuts de Glee. Les personnages principaux du père et de la fille sont touchants et attachants, et c'est une bonne chose pour ce genre de sitcom qui d'habitude ne veut pas forcément approfondir ses personnages. Cependant, d'autres personnages ne font vraiment pas mouche : les voisins Shay, ennuyeux si l'on excepte Ryan, ou encore les adultes du lycée qui, à part le CPE, ne sont pas vraiment détaillés.

  Le principe de la satire de la bourgeoisie banlieusarde ne tient pas assez longtemps pour remplir deux saisons donc petit à petit les intrigues deviennent assez évidentes (histoire d'amour Georges/Dallas, amourettes de Tessa, les liens familiaux chez les Shay, recherche de la mère de Tessa) mais cela reste sympathique à suivre sans être phénoménal.

 

Jeux de société :

 

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  Splendor, le premier jeu de la maison d'édition Space Cowboys connaît un franc succès et dans les salons ludiques les parties ne cessent de s'enchaîner autour de ce petit jeu rapide et intéressant. J'ai eu l'occasion de l'essayer à plusieurs reprises, et ça a été chaque fois un plaisir. Il s'agit de collecter des pierres précieuses, nous permettant d'acheter des développements donnant à la fois des points de victoire et des réductions sur les prochains achats. Il faut fonc bien choisir, observer le jeu adverse, et savoir être opportuniste. Le jeu est rapide, intelligent et efficace, mais il ne me paraît pas avoir la petite touche d'originalité qui en ferait un indispensable dans ma ludothèque. Selon moi, sur le même créneau "familial dynamique", le haut du podium est déjà occupé par Augustus tandis que le très bon jeu à 2 Jaipur propose déjà la même rapidité de jeu opportuniste.

 

 

Musique :

 

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  J'aime bien les albums hommages depuis l'excellent Les Oiseaux de passage, CD de reprises de Brassens par des artistes plutôt bien choisis. J'aime bien car Brassens manque parfois de musicalité et ses paroles s'en trouvent souvent encore mieux mises en valeur (en témoigne la superbe "Mourir pour des idées" par Subway). Un autre de reprises de Brel m'avait beaucoup déçu (mais bon, pour reprendre Brel, il faut peut-être appeler quelqu'un d'autre que Faudel...) tandis que les CD d'hommages à Boris Vian m'avaient souvent plu.

  Comme beaucoup, j'ai entendu parler de La Bande à Renaud, album de reprises de Renaud. Un CD d'hommages à Renaud, c'était donc une bonne idée. Et bien, l'album est correct et remplit bien son rôle. Certaines reprises sont excellentes : "Mistral Gagnant" par Coeur de Pirate, "Pierrot" par Raphaël ou la très bonne surprise "Hexagone" par Nicola Sirkis. D'autres sont moins bonnes (je ne me remets pas du "Laisse Béton" de Disiz et suis déçu par le "Manu" de Jean-Louis Aubert) mais l'ensemble a le bon goût de présenter un tableau complet de ce que Renaud a proposé dans ses créations : émotion, humour, rebellion. Trois chansons que je ne connaissais pas permettent en plus de redécouvrir un artiste plus riche qu'il n'y paraît parfois : "Il pleut", "Je suis une bande de jeunes" ou  "Deuxième génération" très bien interprétée par Benjamin Biolay que je n'avais jamais écouté non-plus.

  Un album hommage efficace, avec le petit mot de Renaud qui va bien pour remercier ses "potos".

 

http://img.musiquemag.fr/datas/artiste/r/e/renaud/xl/renaud-photo-535936a64e80b.jpg?v=201404241807

 

Par Robert Mudas.

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 10:50

« Je ne suis pas un Avenger. Je fais partie de Facteur-X.
-    Vous livrez du porno dans les boîtes aux lettres ?
-    …  Dieu que je hais notre nom. »

 

 

Un comics scénarisé par Peter David

Illustré par beaucoup trop de gens.

2006 - 2014

 

http://static.comicvine.com/uploads/original/3/36257/1036958-xfactor13_1.jpg

 

    En septembre 2006, dans un de mes premiers comics achetés en kiosque, je tombai sur une nouvelle série liée aux X-Men qui démarrait : X-Factor.
    262 épisodes et 8 ans plus tard, cette série tire sa révérence dans un beau livre édité par Panini Comics, l’occasion pour moi de faire l’éloge de ce qui a été, à mon avis, une des séries les plus enthousiasmantes liées à l’univers mutant.


    Aux commandes de ce petit bijou : Peter David, scénariste qui s’est notamment fait connaître par son travail sur The Incredible Hulk. Ici, il choisit de centrer une histoire d’investigations et d’enquêtes autour du personnage de Jamie Madrox, alias l’Homme Multiple, un mutant qui a la particularité de pouvoir créer des doubles de lui-même. Ce personnage a l’avantage de ne pas être un poids lourd de l’équipe des X-Men, ce qui permet au scénariste de bien s’amuser avec lui, notamment en imaginant que chacun de ses doubles représente une facette du héros, par exemple sa naïveté, son courage ou sa dépression. Les situations qui en résultent sont donc très drôles et permettent des surprises amusantes pour le lecteur et pour la progression de l’intrigue.
    Pour continuer sur ce principe, Peter David entoure son personnage d’une équipe de seconds couteaux de Marvel. Pari osé donc de créer une équipe de X-Men sans Cyclope, Malicia ou l’inévitable et omniprésent Wolverine, et pari réussi car cela permet de jouer avec des personnages qui ont peu voire pas d’historique afin de les approfondir, de leur créer une vraie personnalité ou de leur faire vivre des péripéties hallucinantes. Autour de Jamie donc : Syrène, la fille du Hurleur, l’irascible et puissante Monet, la louve-garou Félina, le balaise Guido, Rictor, Val Cooper ou plus tard Darwin, Longshot, Shatterstar ou encore Pip le Troll. Bref, à part un passage ridicule de Havok (qui s'en prend plein la tête, et j'adore ça !) et Polaris, et l’excellent salopard Vif-Argent au début, rien de très connu pour le lecteur non-spécialiste des séries mutantes. Ces personnages vont souvent se livrer à des dialogues totalement jubilatoires dignes d’une bonne sitcom.
    Et puis, il y a Layla Miller. Le personnage qui fonde un peu la série, issu de l’événement House of M (à lire absolument !), petite gamine qui « sait tout » et qui connaît les événements à venir et leurs incidences, s’amusant à jouer avec l’effet-papillon et à être là où on ne l’attendait pas mais où elle doit être. Ce personnage de gamine beaucoup moins perdue que les adultes de la série va créer l’ambiance de la série et donner énormément de sel aux intrigues.

 

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    Pour cette série comics, Peter David fait un travail digne d’une série télévisée, s’amusant à nous attacher aux personnages, à leur psychologie, et à leur évolution plus qu’à des affrontements contre des ennemis. En cela, X-Factor se distingue totalement des séries comics traditionnelles, car c’est, selon moi, la série qui rend ses personnages les plus attachants chez Marvel. En témoigne un épisode grandiose où le Doc Samson (le psy de l’univers Marvel) interroge chaque membre de l’équipe un par un, et où on alterne entre humour subtil et psychologie touchante. On s’attache aux personnages qu’on voit évoluer comme au fil des saisons des séries télévisées, et croyez-moi, tous auront énormément changé au dernier épisode ! Comme je l’ai déjà dit, l’avantage d’utiliser des personnages dont tout le monde se fout, c’est qu’on peut en faire n’importe quoi, et David ne s’en prive pas. Bon, certaines évolutions sont vraiment hallucinantes et correspondent bien au n’importe quoi marvélien (je ne me remets pas de la situation finale de Guido…), il faut l’avouer. Mais c’est, encore une fois, le plus beau travail scénaristique effectué sur des personnages que l’on pourra voir dans le comics mainstream.

 

http://static.comicvine.com/uploads/original/0/40/78004-125777-x-factor.jpg

 

    Bon, assez parlé du traitement des personnages : qu’est-ce que ça donne niveau scénar ? Et bien, sur 262 épisodes, c’est plus ou moins bon, il faut l’avouer. Le début était vraiment excellent, la fin est très bonne aussi (le dernier arc est un extraordinaire tour d’horizon de ce que sont devenus tous les personnages) mais entre les deux il y a des passages coups de mou vraiment peu palpitants. A chaque fois, l’humour et les dialogues sauvent le tout mais je crois que la série a, au début tout du moins, trop voulu coller aux événements de l’univers Marvel. Evénements qui touchaient toutes les séries à peu près tous les 6 mois, empêchant une vraie progression. X-Factor est né de cela, à vrai dire, puisque l’équipe se réunit pour enquêter sur l’origine du jour M (la perte des pouvoirs de la majorité des mutants), à la suite de l’événement House of M. Le rôle de l’équipe pendant le très bon crossover Le Complexe du Messie sera fondamental aussi, mais après il faut avouer que ça part un peu en sucette, notamment pendant Secret Invasion où l’intrigue est très mauvaise.
    Et puisqu’on en est aux points négatifs, il faut signaler aussi l’irrégularité du dessin. C’était pas mauvais du tout au début, avec une ambiance polar réussie, mais certains passages d’illustrateurs sont assez affreux. J’ai notamment retenu le trait affreux-affreux-affreux de Larry Stroman, qui a notamment fait arrêter la série à ma petite femme tellement ça l’empêchait d’accrocher à l’histoire. Mais bon, il faut passer outre certains mauvais graphismes pour pleinement profiter du génie du scénario et de personnages comme Layla Miller.

 

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    Un dernier mot sur l’édition, parce que c’est bien beau de vanter les mérites d’une série, mais où qu’on achète ça dis donc ? Et bien, je préviens : c’est galère. La série était à l’origine publiée dans le magazine mensuel Astonishing X-Men, puis dans X-Men Universe puis dans X-Men Universe HS, avec deux passages par la librairie dans de gros recueils Marvel. Quasiment introuvable dans son intégralité maintenant donc, mais au moins a-t-elle été publiée en VF, ce qui est louable. Pour la découvrir maintenant, deux choix : soit les commander en VO en 21 volumes, soit je vous les prête. Mais faudra me les rendre en bon état, hein.

 

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Par Robert Mudas.

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 10:40

Qui aurait pu s'imaginer que le temps serait si vite écoulé ?

Un film de Bryan Singer

Etats-Unis

2014

 

Avec :

  Hugh Jackman : Wolverine

  James McAvoy : Charles Xavier

  Michael Fassbender : Magnéto

  Jennifer Lawrence : Mystique / Raven

  Peter Dinklage : Bolivar Trask

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  Franchement, l'initiative était extrêmement louable et le projet très ambitieux : réunir et lier en un film le travail réalisé sur les six longs-métrages réalisés sur l'univers X-Men jusqu'à maintenant. On pouvait difficilement manquer de s'enthousiasmer en sachant que Bryan Singer, le réalisateur du premier X-Men par lequel tout a commencé mais surtout du chef-d'oeuvre X-Men 2 serait à nouveau de la partie et ferait la liaison entre ses personnages et intrigues et le reboot proposé par Matthew Vaughn à l'occasion de l'intéressant X-Men : Le Commencement (X-Men : First Class). Le tout en réutilisant son mutant griffu préféré (Hugh Jackman tient là le record du nombre d'interprétations du même super-héros, juste devant Samuel L. Jackson) développé dans deux films indépendants d'une qualité bien moindre selon moi.

 

  Franchement, c'était super enthousiasmant parce que les fans ont toujours la larme à l'oeil en pensant au choc visuel de la scène de l'attaque de Diablo dans X-Men 2 et parce qu'ils avaient aussi de petits sourires narquois quand ils parlaient de certaines incohérences dans l'univers entier. L'histoire de Wolverine manque par exemple de cohérence (sa relation avec Dents de Sabre imaginée dans X-Men Origins : Wolverine alors que totalement niée dans le premier X-Men). De même, l'affection qui lie Xavier et Mystique est très touchante dans X-Men : First Class mais ne concorde pas avec le fait qu'ils s'ignorent totalement dans la trilogie.

 

  Franchement, donc : vas-y, Bryan, on est tous avec toi. Et puis, voilà la séance de cinéma tant attendue, pendant laquelle je m'extasie pendant la première demi-heure, pour finalement m'ennuyer passablement sur la suite. Séance dont je sors relativement déçu, devant un film dont je ferai donc un bilan mitigé. Et quoi de mieux que de peser d'un côté les qualités et de l'autre les défauts, quand on est mitigé ?

 

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 I / X-Men : Days of the Future Past, c'est pas mal

 - On se rappelle la beauté des scènes d'action de Diablo dans le deuxième opus, et bien cette fois-ci c'est Vif-Argent qui nous propose une scène vraiment magnifique, et drôle qui plus est. Honnêtement, j'étais très surpris par le fait que ce personnage, annoncé pour le prochain Avengers, soit aussi utilisé dans ce film d'un studio concurrent (à noter : de gros problèmes de droit concernent ce personnage, appartenant aux deux univers, et donc aux deux studios). Et bien, ils ont bien fait car pour moi c'est vraiment l'atout intéressant du film, par le visuel de ses scènes, par la personnalité tête à claques du personnage très bien retranscrite, et aussi par l'interprétation de notre petit chouchou d'American Horror Story, Evan Peters. Honnêtement, le Vif-Argent du MCU va avoir du boulot pour être aussi réussi.

 

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 - Les X-Men du futurs sont plutôt bien traités. On passe sur le What the Fuck ? du pouvoir temporel de Kitty mais il y a d'excellentes idées, notamment pour la présence de Blink. J'aime bien ce personnage, de base, et son pouvoir fait ici astucieusement écho au jeu vidéo Portal, rendant le tout très sympathique. Singer fait ici clairement plaisir aux geeks avec des combinaisons de pouvoir très enthousiasmantes. Tous les fans avaient adoré le lancer de Wolverine par Colossus, faisant écho à leur célèbre coup dans les comics, et bien que dire ici de Tornade chargant d'énergie Bishop afin qu'il projette son énergie au travers d'un portail de Blink ? Les néophytes ont d'ailleurs dû être bien surpris par ce coup puisque rien n'explique le pouvoir de Bishop pendant tout le film. J'ai également adoré l'élan donné à Colossus par Blink. Bref : de bien belles scènes d'action.

 

 

 

 - Le personnage de Xavier est extrêmement approfondi, et c'est plutôt intéressant, d'autant plus que McAvoy s'en tire très bien.

 

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 - L'intrigue est adaptée d'une des plus célèbres histoires des X-Men. L'adaptation est donc un bel hommage au comics mais aussi un projet ambitieux car les histoires de voyages dans le temps sont toujours un peu casse-gueule.

 

 - Les effets spéciaux sont globalement moins craignos que dans le précédent film. Je pense notamment au Fauve qui, il faut l'avouer, ne ressemblait à rien dans le Commencement. Il est bien plus crédible ici.


 - Peter Dinklage.

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 - Le film permet plutôt bien la jonction entre les deux univers, et il faut avouer que c'est un plaisir de voir les deux incarnations de Xavier et de Magnéto dans le même film. Stryker est présent et le lien avec X-Men 2 est ainsi assez fort. De même, le film fait vraiment le bilan du Commencement, permettant de savoir ce que sont devenus chacun des personnages, ne serait-ce que par une allusion à un moment donné. La situation Xavier / Magnéto est aussi bien clarifiée, proposant ainsi une suite correcte et digne au Commencement.

 

II / X-Men : Days of the Future Past, c'est pas top

 - Mon premier argument sera exactement le même que le dernier de la section précédente : le lien avec les autres films. Certes il y a un travail pour faire le lien et nous expliquer par exemple pourquoi Azazel, Angel, Emma Frost et le Hurleur ne sont pas là, mais sérieusement ça nous servait à quoi d'autant les développer dans le Commencement alors ? La fin du précédent film proposait deux camps distincts et c'était clairement enthousiasmant, alors quel dommage de balayer tout cela aussi rapidement. Un petit air de "tout ça pour ça" donc, qui réduit qui plus est considérablement le nombre de personnages dans le présent du film. En effet, l'histoire sera centrée autour de Xavier, Magnéto, Mystique, et Wolverine, avec l'aide du Fauve et donc de Vif-Argent (mais pourquoi ne pas l'avoir utilisé pendant tout le film ?). Ca fait très peu, et les scènes du futur viennent clairement essayer de pallier ça mais comme ce sont des personnages dont on ne sait rien (Warpath, Solar, Blink, Bishop : autant de personnage totalement non-traités qui vont laisser froids les néophytes), on a tendance à s'en foutre un peu. De même, apparaissent au cours du film Havok, Ink, le Crapaud et un quatrième mutant que je n'ai pas réussi à identifier, mais c'est quasiment anecdotique alors qu'Havok était par exemple parti pour être un des personnages principaux du reboot. Bref, grosse déception sur l'utilisation des personnages qui mène à...

 

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 - L'ennui... Le film manque totalement de rythme. Enormément de moments de dialogue tournent en rond, faute à de vrais enjeux. Comme je l'ai dit, le Prof X est ici développé, alors que le film précédent développait plutôt Magnéto. Et bien, soyons honnêtes : on préfère les méchants, c'est indéniable. Et donc les états d'âme du pauvre Charly après le départ de Mystique ont tendance à nous fatiguer. L'idée était bonne, et l'approfondissement psychologique du mentor des X-Men est assez beau, notamment dans une belle rencontre psychique entre les deux Xavier, mais le film a vraiment du mal à trouver son rythme et si la première demi-heure envoie du lourd, le reste traîne en longueur jusqu'à une scène d'action finale même pas géniale.

 

 - Le film manque d'enjeux et de surprise. D'enjeux car les choses sont un peu trop linéaires et on ne tremble pas une seule seconde pour des personnages qu'on sait survivre plus tard. Les enjeux du voyage temporel, même s'ils amènent des chocs culturels comiques, ne sont que très moyens. Exemple-SPOILER : à la fin du film, Kitty lutte pour garder Wolverine en vie dans le passé, et chacun se bat pour les protéger, mais sachant que notre brave glouton est attaché sous l'eau et que le vrai enjeu se passe dans la tête de Mystique,  le truc paraît un peu inutile... De surprises, aussi, car tout est assez linéaire. On se marre de voir Xavier et Magnéto alliés (il faut même souligner que Xavier l'aide à s'évader, chose aberrante s'il en est !) car on se doute qu'ils vont s'opposer à un moment (on nous a fait le coup sur à peu près chacun des films). Et bien, je ne veux pas spoiler mais bon... Le coup classique, donc, qui nous fait dire sans arrêt "mais bordel, ça servait à quoi alors ?" ! Evidemment, Magnéto au cinéma implique en plus un gros déménagement de l'extrême, car c'est que les producteurs aiment montrer visiblement, et je ne vous dirai pas ce que Magnéto utilise inutilement cette fois-ci mais ça me rappelle furieusement la scène si ridicule du pont dans X-Men : l'Affrontement final. Je crois que le plus beau aura vraiment été le sous-marin dans le Commencement.

 

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Conclusion : bien mais pas top.

  Je ressors donc déçu de ce film qui partait sur un projet plus qu'ambitieux mais qui au final s'avère plutôt moyen et peu enthousiasmant. Il y a de bonnes idées mais assez mal exploitées, et la page est trop vite tournée par rapport à la construction de l'école vue dans X-Men : Le Commencement.

  La toute fin du film amène à une nouvelle situation de l'univers X-Men au cinéma qui me laisse relativement perplexe. On verra si la suite, consacrée au mutant Apocalypse, sera meilleure, mais tant que le scénario continue d'utiliser Magnéto comme allié puis vilain au cours du même film les schémas seront clairement trop linéaires.

 

http://lestoilesheroiques.fr/wp-content/uploads/2014/05/x-men-days-of-future-past-poster-blink.jpg

 

Par Robert Mudas.

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 10:38

Le bilan de Cathy : mai 2014

 

Vous connaissez le principe. Voici ce que j'ai vu/lu/joué/écouté ces derniers temps.

 

Série télévisée :

 

http://www.actucine.com/wp-content/uploads/2011/03/Fringe-S03E16.jpg

 

Sur les conseils de plusieurs amis, je me suis enfin décidée à regarder Fringe. Et bien ça a confirmé tout le mal que je pensais déjà de son créateur J.J. Abrams. Après avoir massacré deux bonnes idées d'histoire avec Alias et Lost, il nous propose ici une série fantastico-policière bourrée de raccourcis, d'incohérences et de confusion  (ne parle pas de paradoxes temporels qui veut).

Les deux premières saisons font majoritairement penser à du sous X-files, avec des enquêtes parfois même carrément pompées sur celle-ci, reliées à un fil rouge plus que ténu. La saison 3 commence plutôt pas mal, mais au bout de quelques épisodes, on retombe dans le système d'enquêtes sans grand intérêt. La toute fin de cette saison lance deux évolutions, dont une très intéressante, mais qui sera malheureusement très peu exploitée en saison 4. La saison 5 est la seule que j'ai trouvée intéressante, avant de boucler la boucle avec une fin cucul à souhait et complètement incohérente.

Bref, on ne pourra pas dire que j'ai fait ma mauvaise tête, j'ai essayé, mais vraiment les séries télé de J.J. Abrams, c'est fini pour moi, j'ai donné.


 

Bande dessinée :

 

http://alter1fo.com/wp-content/uploads/2013/08/MonAmiDahmer.jpg

 

Mon ami Dahmer est un roman graphique de Derf Backderf, qui raconte la jeunesse du célèbre tueur en série américain Jeffrey Dahmer, jusqu'à ce qu'il fasse sa première victime. L'originalité de cette histoire provient du fait que son auteur est en réalité un ancien camarade de classe de Jeffrey Dahmer. Il ne s'agit donc pas ici d'imaginer à quoi aurait pu ressembler la jeunesse d'un futur meurtrier, mais bien de décrire sa véritable vie, à grand renfort de documentation pour essayer de retranscrire tout cela le plus fidèlement possible.

Cette histoire est donc assez dérangeante, car éloignée de la simple fiction, et plus on tourne les pages, plus on se dit que ça aurait pu nous arriver (de côtoyer un futur tueur en série, pas d'en devenir un). En effet, l'auteur s'attache à nous montrer que bien que tout le monde trouve Jeffrey Dahmer un peu spécial, personne ne s'imagine ce qui se passe réellement dans sa tête. S'il est possible de comprendre que ses camarades de classe, qui ne sont pas encore vraiment des adultes, s'amusent de ses excentricités, c'est plus dérangeant s'agissant du personnel de son école ou de ses propres parents.

Mon ami Dahmer est donc une histoire très forte qui ne laisse pas indifférent, d'autant que le dessin est assez spécial et en rebutera certainement plus d'un. Mais l'histoire vaut vraiment le coup.

 

Jeu vidéo :

 

http://www.mondespersistants.com/images/screenshots/Zoom-306425184.jpg

 

Je triche un peu, il ne s'agit pas vraiment d'un jeu vidéo, mais comme je ne pourrai jamais le caser dans aucune catégorie et que j'avais quand même envie d'en parler, je le mets là. Pis on y apprend plein de choses donc il a tout à fait se place dans ce blog. :)

Je me suis donc mise il y a quelques temps à Ouverture facile Junior (http://junior.ouverture-facile.com/). Le concept de ce jeu d'énigmes en ligne est simple. À chaque énigme correspond une image, une URL, un titre de page et un indice, et vous devez trouver comment accéder à l'énigme suivante. Il peut s'agir de cliquer à certains endroits de l'image pour faire apparaître des choses, de changer l'URL pour accéder à une nouvelle image, ou encore de saisir un mot-clé permettant de charger l'énigme suivante, le plus souvent plusieurs de ces solutions dans une même énigme et après avoir fait quelques recherches sur Internet pour décoder tout ça.

Avec à ce jour 114 niveaux sortis, autant dire que vous allez y passer quelques heures, d'autant qu'il ne faut pas se fier au mot "facile" du titre. En effet, si cette version s'inspire de son grand frère Ouverture Facile pour proposer des énigmes accessibles à un public plus jeune, ce n'est pas pour autant que les adultes vont le finir les doigts dans le nez (ce n'est pas très propre en plus). J'en suis pour l'instant au niveau 59, soit à un peu plus de la moitié, après plusieurs heures à essayer de comprendre certaines énigmes.

En fonction de vos connaissances, certaines énigmes vous paraîtront faciles tandis que d'autres ne vous inspireront qu'un gros point d'interrogation. Un conseil : lisez l'indice, toujours, il est parfois indispensable pour comprendre l'énigme. 

 

Musique :

 

 

 

The Gathering est un groupe de métal fondé en 1992, qui a autant changé de lineup que de style musical. Je l'ai pour ma part découvert en 1995 avec l'album Mandylion, et la magnifique voix claire et envoûtante d'Anneke Van Giersbergen. A suivi l'album Nighttime Birds, en 1997, que j'ai encore plus aimé, et puis après, le groupe est devenu beaucoup plus électro et j'ai arrêté de suivre leurs nouveaux albums, continuant toujours à écouter ces deux-là par contre.

Et puis, il y a peu, je suis tombée totalement par hasard sur Sleepy Building, un album live semi-acoustique sorti en 2004, qui m'a non seulement permis de redécouvrir des morceaux des deux albums cités, mais également d'en découvrir de nouveaux dont la version originale ne me plaît pas, mais qui passent merveilleusement bien sans le côté électro, qui m'avait fait fuir. C'est donc un réel plaisir d'écouter les 14 morceaux qui composent cet album, avec une préférence pour le tout premier, Locked Away, entièrement à la guitare sèche et au piano.

Que les gens hermétiques au métal se rassurent, le style musical de The Gathering se situait, pour les deux albums cités, dans le doom atmosphérique, pas bien violent donc. Sleepy Building étant un album semi-acoustique, il ne fait pas vraiment métal non plus. Il n'empêche que ça me fait bien plaisir de retrouver ce groupe dans un nouvel album (enfin, un album que je ne connaissais pas quoi).

 

Par Cathy.

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 11:30

Le party-game qui remet les pendules à l'heure...

 

Editions In Ludo Veritas

Un jeu de Alex et sa guitare

Illustré par David Boniffacy

2013

 

De 4 à 7 joueurs

30 minutes

16 euros

 

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    Les connaisseurs le savent :  il y a une catégorie de jeux que l’on appelle communément les « party games » ou « jeux d’ambiance » et qui consiste à, sous couvert de règles simples au possible, passer un agréable moment entre joueurs. Ces jeux souvent courts et jouables à beaucoup comprennent par exemple les célébrissimes Jungle Speed et Time’s Up ! ou encore Six qui prend, Ouga Bouga et Pix pour citer mes préférés. Certains ont des règles plutôt faibles et souvent prétextes au seul amusement sans aucun objectif tactique (Dobble…), d’autres sont retors et bien plus subtils qu’il n’y paraît (certains présentent par exemple Timeline comme un party-game… Personnellement, j’y trouve trop peu de fun. En tout cas autant que quand je regarde Arte. J'aime bien Arte, mais c'est pa fun, quoi. Bref.)

    Récemment est sorti le petit jeu Crazy Time, d’une édition peu connue, d’auteur peu connu, et donc d’un retentissement peu impressionnant. N’empêche que le jeu est bon, voire même très bon bien que légèrement maladroit sur l’écriture des règles, qu’il propose un vrai challenge intellectuel en même temps qu’un moment de franche rigolade, et qu’il a été la raison de certains de mes derniers fous-rires.

 

http://vidberg.blog.lemonde.fr/files/2013/11/DSC06348.jpg

 

    Dans Crazy Time, les joueurs incarnent des Seigneurs du Temps, immortels et puissants. Et comme l’éternité, c’est plutôt long, surtout sur la fin, on va s’amuser un peu en bousculant les lois du temps qui, comme beaucoup de bons auteurs nous l’ont prouvé, sont vachement vertigineuses quand même.
Le principe du jeu est simple : chacun à leur tour, les joueurs vont révéler la carte la plus haute de leur pile de cartes, et annoncer une heure de plus que le précédent (on commence à 1h, puis 2h, puis 3h, etc.). C’est tout. Ca, c’est la mécanique de base. Puis on ajoute deux lois du temps rigolotes :
-    Quand l’heure annoncée par le joueur est la même que celle indiquée sur la carte (car chaque carte propose une illustration liée au temps et l’indication d’une heure chiffrée), les joueurs doivent taper au centre de la table sous peine de ramasser cinq des cartes déjà révélées.
-    Quand une machine à voyager dans le temps apparaît, le décompte des heures doit s’inverser.
Si un joueur oublie ou se trompe par rapport à une de ces lois, les autres lui hurlent au visage » Faille Temporelle » et il doit ramasser des cartes. Vous aurez deviné le but : c’est un jeu de défausse et il faut avoir réussi à se débarrasser de toute sa pile de cartes.

 

http://img.over-blog.com/456x502/2/48/95/54/image-jeux/crazy-time/crazy-time-49-1382054939.jpg

 

    Jusqu’ici, rien de bien extraordinaire. Mais là où cela devient drôle, c’est qu’à chaque manche, une nouvelle loi du temps va apparaître. Par exemple, une loi selon laquelle, quand un cadran solaire apparaît sur une carte, le joueur suivant doit annoncer une heure de plus que ce qu’il aurait dû annoncer. Ajoutez ces nouvelles lois, toutes originales à chaque partie, en plus des lois de base et la pression devient assez forte pour se souvenir de tout et jouer rapidement.
    Et, pour que ce soit encore plus drôle : un des joueurs ignore la loi du temps rajoutée. Il a dû sortir à la fin d’une manche, désigné par le vainqueur de la manche, et la loi sera définie, tirée et expliquée sans lui. Ainsi il devra essayer ensuite de raccrocher les wagons pour comprendre cette loi sur laquelle il se plantera forcément au début. D’où les fous-rires quand les autres se moqueront de lui à coup de « Bah oui, tu t’es planté, loi du kangourou : t’es con ou quoi ? » alors qu’il n’avait aucun moyen de deviner… A lui de deviner cette nouvelle loi afin d’obtenir un petit privilège de quelques cartes en moins.
    4 manches, trois nouvelles lois au cours de la partie, en plus des lois de base, et le vainqueur de la dernière manche gagne. C’est tellement simple et en même temps intéressant qu’on se demande pourquoi on n’y a pas pensé avant… N’empêche qu’un jeu qui change ses règles en cours de partie, je trouve cela excellent.

    J’avais parlé de quelques maladresses dans la règle : elle est en effet assez peu claire au début et la tâche

est rude pour celui qui explique le jeu sans jamais y avoir joué. Je trouve aussi la détermination du vainqueur trop aléatoire : en effet, c’est souvent le joueur situé après le boulet-qui-ne-comprend-déjà-rien-aux-règles-de-base (vous verrez, il y en a toujours un !) qui gagne car à chaque erreur, le jeu repart de celui qui s’est trompé. Pour plus de justice, on devrait peut-être faire repartir le jeu à celui qui a signalé l’erreur afin de récompenser sa sagacité. Appelez ça la variante « Robert Mudas ». 

    En conclusion : un jeu que je conseille beaucoup, car très drôle, très original et pas bête du tout puisqu’il faudra avoir la capacité à s’adapter à de nouvelles règles même sans les connaître. Un de mes coups de cœur du moment, entre deux gros jeux de gestion.

 

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Par Robert Mudas.

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Published by Robert Mudas - dans Jeux de société
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 10:00

Remember My Name

 

 

Une série créée par Vince Gilligan

États-Unis

Première diffusion : 2008

 

Avec :

Bryan Cranston : Walter White

Aaron Paul : Jessie Pinkman

Anna Gunn : Skyler White

Dean Norris : Hank Schrader

Betsy Brandt : Mary Schrader

Bob Odenkirk : Saul Goodman

RJ Mitte : Walter Junior

 

Série terminée en 5 saisons.

 

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Quelques jours avant de fêter ses 50 ans, Walter White apprend qu'il a un cancer du poumon, à un stade avancé. Il n'est qu'un petit prof de chimie de lycée et sa famille ne roule pas sur l'or. Alors comment va-t-elle s'en sortir lorsqu'il ne sera plus là, d'autant que sa femme est enceinte ? Il décide donc d'utiliser ses connaissances en chimie pour fabriquer de la métamphétamine et propose à l'un de ses anciens élèves, devenu petit dealer, de l'aider pour la partie "commerciale"…

 

Breaking Bad fait partie de ces séries incontournables pour tout amateur de séries télé. Étrangement diffusée sur une chaîne américaine ne proposant quasiment pas de séries à l'époque, elle a pourtant su attirer et conserver son public et fait aujourd'hui partie des séries de référence. Si c'est probablement le pitch de base qui a attiré pas mal de curieux, il fallait creuser tout ça pour les faire rester. On découvre ainsi assez vite que Walt est sacrément doué dans son domaine et qu'il aurait vraiment pu devenir riche et célèbre, mais la vie en a décidé autrement et il en a gardé une profonde amertume. Lorsqu'il commence à fabriquer de la meth, il se rend vite compte que son produit est presque parfait et cela va le pousser à poursuivre ses activités criminelles au-delà de l'objectif plutôt "honnête" qu'il s'était fixé au départ. Mais si la partie fabrication ne pose aucun problème, la partie vente va très vite rencontrer des difficultés croissantes et le pauvre Jesse sera dépassé. Loin de faire l'apologie de la drogue, la série s'attache au contraire à nous montrer que celle-ci n'épargne personne : du simple consommateur au patron d'un gigantesque trafic, en passant par les trafiquants de toutes les tailles, personne n'en ressortira indemne, et c'est cette tension permanente qui fait tout le sel de la série.


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Bryan Cranston nous montre ici toute l'étendue de son jeu d'acteur. Entre son rôle dans la série Malcolm et celui de Walter White, il y a déjà un gouffre. Mais entre le Walter du début de la saison 1 et celui de la fin de la saison 5, il y a également un grand écart remarquable. Il est suffisamment rare de voir le personnage principal d'une série changer à ce point pour le souligner, d'autant que plus on avance dans l'histoire, plus l'attitude de Walt nous met mal à l'aise et nous le rend même par moments franchement antipathique.

 

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Bryan Cranston aurait pu ainsi éclipser tous les autres acteurs, mais ce n'est pas le cas. Aaron Paul, bien qu'assez nouveau dans le monde des séries télé (je crois que c'est son premier rôle important), est impeccable dans le rôle de Jesse Pinkman. Ce personnage est d'ailleurs l'exact opposé de Walt. Là où l'un est terriblement intelligent, méthodique et réfléchi, l'autre agit d'instinct et passe souvent pour un imbécile. Pourtant, le personnage de Jesse va lui aussi subir une évolution, même si celle-ci sera plus tardive et moins prononcée que celle de Walt. Je me souviens notamment d'un épisode de la saison 4 où Jesse se rend finalement compte qu'il n'est pas si bête que ça et que lui aussi est quelqu'un d'important, et pas simplement le petit assistant parfaitement remplaçable de Walt. C'est d'ailleurs l'un de mes épisodes préférés car j'aime beaucoup le personnage de Jesse et cet épisode est vraiment son moment de gloire.

 

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C'est donc cette relation entre Walter et Jesse qui va être le moteur de la série pendant 5 saisons. D'abord un peu étrange, elle se transforme peu à peu en relation père-fils très touchante, d'autant que Jesse n'a absolument pas conscience de ce qu'il représente pour Walt (qui n'en a pour sa part que très peu conscience lui-même). Il va donc passer l'ensemble de la série à tenter de prouver sa valeur à Walt, en étant persuadé que celui-ci s'en moque. Tout cela donnera ainsi quelques scènes mémorables, alimentées par le rythme un peu lent et introspectif de la série qui permettra de grandes discussions entre les deux personnages. D'ailleurs, si vous avez les DVD, j'ai trouvé très intéressant le bonus montrant la lecture d'un épisode de la saison 5, car là où certains acteurs ne faisaient que lire leur script, en esquissant à peine leur rôle, Bryan Cranston et Aaron Paul jouaient les scènes à fond, notamment lors d'un long dialogue entre les deux où le second est tellement dans son jeu qu'il en pleure réellement à un moment donné. On sent toute la tension sur son visage à ce moment là, alors que les conditions ne sont pas franchement réunies pour rentrer dans la peau de son personnage. Il réussit même à faire pleurer Anna Gunn, qui joue Skyler, alors qu'elle ne fait même pas partie de cette scène. J'ai vraiment hâte de voir Aaron Paul dans d'autres rôles (je passerai mon tour sur Need for speed, car je ne suis pas sûre que ce soit le genre de film qui fasse réellement ressortir son jeu d'acteur ^^).

 

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Malgré l'omniprésence de Bryan Cranston et d'Aaron Paul, il serait injuste de ne pas citer les autres acteurs de la série, car certains sont tout de même très bons. Je passerai assez vite sur la famille de Walt, qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Mary et Walt Jr font leur boulot, mais ne servent clairement pas à grand-chose (on notera d'ailleurs les tentatives des scénaristes d'étoffer ces deux personnages à plusieurs reprises, sans grand succès). Le personnage de Hank est nettement plus important, puisque le beau-frère de Walt fait partie de la section anti-drogue de la police d'Albukerque. Malgré cela, le côté cowboy, limite raciste, du personnage, m'a toujours un peu rebutée. Quant à Skyler, la femme de Walt, elle aussi fait bien son boulot, mais je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais réussi à éprouver de la sympathie pour ce personnage. J'ai par contre adoré le personnage de Saul Goodman. L'acteur est totalement dans son personnage et l'avocat véreux nous est présenté sous un jour sympathique (on voit par exemple qu'il n'essaie jamais d'arnaquer ses clients et que, malgré le fait qu'il tente de contourner la loi, il connaît extrêmement bien son métier et est très efficace). J'ai aussi beaucoup aimé le personnage de Gus Fring, et son visage ne laissant filtrer aucune émotion, ainsi que celui de Mike.

 

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Cette série est donc à mes yeux presque parfaite. Pourquoi presque ? Parce que pour je ne sais quelle raison, le scénario jusqu'ici sans faille a un peu lâché dans la dernière saison, laissant filtrer quelques incohérences, dont une énormissime sur un élément qu'on attendait pourtant depuis le début de la série ou presque, ce qui m'a un peu gâché la fin (ce n'est pas la première fois, foutus scénaristes !). Mais Breaking Bad reste néanmoins une référence en matière de série télé. On ne s'ennuie pas, malgré le rythme assez lent, les personnages sont très bien écrits et l'intrigue est prenante. Une série à voir !

 

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Par Cathy.

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