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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 08:50

L'invasion des super-héros en librairie...

 

                J’avais dit que je reparlerai en temps voulu de la deuxième vague des parutions librairie de Marvel Now, et rassurez-vous je ne vous ai pas oubliés ! Voici donc, comme pour les sorties de mars, la liste des sorties de juin classées par ordre de préférence ainsi que l’évocation de la nouveauté de septembre (voir fin de l’article).

                Difficile de classer, cette fois-ci, car les choix de Panini Comics m’ont beaucoup surpris et on ne trouve pas dans cette nouvelle salve de parutions de telles réussites que Superior Spider-man ou All New X-Men.

 

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                Avengers (scénario de Hickman, dessin de Opena).


http://media.paperblog.fr/i/716/7165413/avengers-marvel-now-tome-1-L-rdywMd.jpegCa me fait un peu mal de mettre cette série en premier car je hais Jonathan Hickman, que je trouve prétentieux et bordélique dans ses scénarii trop ambitieux. Son run sur Fantastic Four m’avait enthousiasmé avant de s’avérer interminable et incompréhensible. Le problème de ce type (c’est un peu la même chose chez Grant Morrison, d’ailleurs…), c’est qu’on lit chaque épisode en ne comprenant rien à ce qu’on lit mais en se disant dans certains détails que ça sera sûrement génial dans la suite et qu’on doit s’accrocher. Sauf qu’au bout d’une dizaine d’épisodes lus sans qu’il ne se passe rien, on n’en a un peu marre, et on arrête. Mais ici, je dois bien le mettre en premier car c’est un peu la série fondatrice de ce Marvel Now ! (même si je reste convaincu qu’il s’agissait d’un mauvais choix de la part de Marvel de confier ces séries majeures à Hickman).

Les Avengers voient large et embauchent toute une nouvelle galerie de personnages, certains venus des X-Men (Solar et Rocket par exemple), d’autres sortis de derrière les fagots comme Captain Universe, une nouvelle Smasher ou Manifold. Dans l’idée, c’est sympathique, sauf que dans les faits c’est anecdotique et on se fout un peu de tous ces personnages qui ne servent pas à grand-chose. Face à eux, de nouveaux personnages apparaissent, comme Ex Nihilo ou Abyss, et après les bastons habituelles on s’interroge toujours sur leur position : alliés ou ennemis ? Un grand foutoir bien dessiné, donc, qui amène cependant au bon événement final : Infinity.

A relire, on a du mal à comprendre pourquoi je l’ai mis en premier non ? Et bien, parce qu’au moins on sait que la série aura un retentissement et une importance, alors que les autres séries en-dessous sont souvent totalement anecdotiques.

 

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                Iron Man (scénario de Gillen, dessin de Land).


http://www.coinbd.com/series-bd/iron-man-marvel-now/tome-1/images/couverture/20140718100240_t1.jpg          Le redémarrage de la série consacrée à ce héros est clairement marqué par sa nouvelle popularité cinématographique. Tony Stark n’a jamais autant ressemblé à Robert Downey Jr, et comme par hasard les ennemis de ce premier arc touchent à Extremis, c’est-à-dire à l’intrigue du film Iron Man 3. Bon, c’est loin d’être mauvais pour autant, d’autant plus que Land est plutôt bon quand il ne se laisse pas aller à ses horribles pornfaces (si vous ne connaissez pas ce gros problème, lisez ça…). Mais le tout est un peu léger. La suite, la mini-saga « Le Déïcide » ou encore l’énorme saga « Les Origines Secrètes de Tony Stark », est meilleure mais très longue et les lecteurs devront à mon avis être très patients pour la lire en librairie !

 

 

 

 

 

 

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                   Gardiens de la Galaxie (scénario de Bendis, dessin de McNiven)


  http://1.bp.blogspot.com/-U4CRC5cP9-w/U5dXNov37gI/AAAAAAAAKRo/IteYCQQsbVY/s1600/7465_les-gardiens-de-la-galaxie-1.jpg             J’attendais beaucoup de cette série que j’adorais quand Abnett et Lanning étaient aux commandes, et me voilà bien déçu devant cette pâle équipe confrontée… à rien. L’ancienne série faisait cohabiter des personnages totalement contradictoires obligés de s’allier face à des menaces cosmiques de grande ampleur. Rien de tout cela ici mais semble-t-il la volonté de rebondir sur la nouvelle sortie cinématographique Marvel (l’équipe est d’ailleurs réduite au casting du film…). Déception donc. Il paraît que la série trouve enfin sa propre identité au bout d’une dizaine d’épisodes : je n’ai pas eu le courage d’aller jusque là. Tant pis pour le poto Rocket Racoon, qui va me manquer, snif snif.

                   En attendant, j'invite tout le monde à se rabattre sur les anciens épisodes de la série (pas les très très vieux, mais ceux des années 2000 qui ont lancé l'équipe telle qu'elle a été présentée dans le film), qui proposaient une richesse et une inventivité folle.

 

 

 

 

 

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                      X-Men (scénario de Wood, dessin de Coipel)

                     

http://www.comicsplace.net/wp-content/uploads/2014/05/XNOW.jpg                De même, j’aurais dû aimer cette série. Coipel au dessin, ça le fait. Une équipe féminine de X-Men, l’idée est sympa, avec Tornade, Malicia, Kitty Pride et Psylocke (les deux autres, je les aime pas trop donc on va faire comme si elles n’étaient pas là). Et bien, voilà : vous n’aurez rien de plus que cette phrase d’accroche. On sent le prétexte à proposer une énième série mutante car le fond n’est pas là et les péripéties sont sans réel intérêt, si bien que l’unité de l’équipe n’est pas claire (et sa constitution entièrement féminine n’a aucune justification). Bref, je suis peut-être (je l’espère !) passé à côté de quelque chose mais je ne conseille pas ce premier arc très fade.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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En septembre arrive la troisième vague, constituée des tomes 2 d’All-New X-Men, Superior Spider-Man et Uncanny Avengers. S’y adjoint le premier tome de…

 


                        Thor (scénario de Aaron, dessin de Ribic)

  http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTUa4zxOnSaMY788Y2-XQjM0-qDsljYIu_lJRKnZn4aP5R6d9-uLyNjQCEn                Et là, pour le coup, je recommande vraiment ! Aaron a la bonne idée de trancher un peu avec les histoires traditionnelles du dieu du Tonnerre avec deux postulats. Premièrement, on s’écarte un peu d’Asgard pour confronter Thor à d’autres panthéons car son ennemi est un massacreur de Dieux, un Dieu qui s’en prend lui-même aux Dieux. Deuxièmement, l’histoire se passe sur trois temporalités différentes et trois Thor (un du passé, un du présent et un du futur) sont donc les témoins de cette très longue saga. C’est bien ficelé et intéressant : enfin une bonne idée pour le reboot !

           Sur le dessin, c’est vraiment magnifique ! La parution en librairie va être assez longue, à mon avis, mais c’est vraiment mon conseil dans ces deux vagues de parution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A lire aussi :

  - Marvel au cinéma : Captain America 2 : le soldat de l’hiver.

  - Marvel avant Marvel Now : Daredevil Ends of Days

  - Le reboot de la Distinguée Concurrence : le New 52.

  - Une bonne série de mutants pour compenser ce mauvais tome X-Men : X-Factor.

 

Par Robert Mudas.

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 10:50

« Je ne suis pas un Avenger. Je fais partie de Facteur-X.
-    Vous livrez du porno dans les boîtes aux lettres ?
-    …  Dieu que je hais notre nom. »

 

 

Un comics scénarisé par Peter David

Illustré par beaucoup trop de gens.

2006 - 2014

 

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    En septembre 2006, dans un de mes premiers comics achetés en kiosque, je tombai sur une nouvelle série liée aux X-Men qui démarrait : X-Factor.
    262 épisodes et 8 ans plus tard, cette série tire sa révérence dans un beau livre édité par Panini Comics, l’occasion pour moi de faire l’éloge de ce qui a été, à mon avis, une des séries les plus enthousiasmantes liées à l’univers mutant.


    Aux commandes de ce petit bijou : Peter David, scénariste qui s’est notamment fait connaître par son travail sur The Incredible Hulk. Ici, il choisit de centrer une histoire d’investigations et d’enquêtes autour du personnage de Jamie Madrox, alias l’Homme Multiple, un mutant qui a la particularité de pouvoir créer des doubles de lui-même. Ce personnage a l’avantage de ne pas être un poids lourd de l’équipe des X-Men, ce qui permet au scénariste de bien s’amuser avec lui, notamment en imaginant que chacun de ses doubles représente une facette du héros, par exemple sa naïveté, son courage ou sa dépression. Les situations qui en résultent sont donc très drôles et permettent des surprises amusantes pour le lecteur et pour la progression de l’intrigue.
    Pour continuer sur ce principe, Peter David entoure son personnage d’une équipe de seconds couteaux de Marvel. Pari osé donc de créer une équipe de X-Men sans Cyclope, Malicia ou l’inévitable et omniprésent Wolverine, et pari réussi car cela permet de jouer avec des personnages qui ont peu voire pas d’historique afin de les approfondir, de leur créer une vraie personnalité ou de leur faire vivre des péripéties hallucinantes. Autour de Jamie donc : Syrène, la fille du Hurleur, l’irascible et puissante Monet, la louve-garou Félina, le balaise Guido, Rictor, Val Cooper ou plus tard Darwin, Longshot, Shatterstar ou encore Pip le Troll. Bref, à part un passage ridicule de Havok (qui s'en prend plein la tête, et j'adore ça !) et Polaris, et l’excellent salopard Vif-Argent au début, rien de très connu pour le lecteur non-spécialiste des séries mutantes. Ces personnages vont souvent se livrer à des dialogues totalement jubilatoires dignes d’une bonne sitcom.
    Et puis, il y a Layla Miller. Le personnage qui fonde un peu la série, issu de l’événement House of M (à lire absolument !), petite gamine qui « sait tout » et qui connaît les événements à venir et leurs incidences, s’amusant à jouer avec l’effet-papillon et à être là où on ne l’attendait pas mais où elle doit être. Ce personnage de gamine beaucoup moins perdue que les adultes de la série va créer l’ambiance de la série et donner énormément de sel aux intrigues.

 

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    Pour cette série comics, Peter David fait un travail digne d’une série télévisée, s’amusant à nous attacher aux personnages, à leur psychologie, et à leur évolution plus qu’à des affrontements contre des ennemis. En cela, X-Factor se distingue totalement des séries comics traditionnelles, car c’est, selon moi, la série qui rend ses personnages les plus attachants chez Marvel. En témoigne un épisode grandiose où le Doc Samson (le psy de l’univers Marvel) interroge chaque membre de l’équipe un par un, et où on alterne entre humour subtil et psychologie touchante. On s’attache aux personnages qu’on voit évoluer comme au fil des saisons des séries télévisées, et croyez-moi, tous auront énormément changé au dernier épisode ! Comme je l’ai déjà dit, l’avantage d’utiliser des personnages dont tout le monde se fout, c’est qu’on peut en faire n’importe quoi, et David ne s’en prive pas. Bon, certaines évolutions sont vraiment hallucinantes et correspondent bien au n’importe quoi marvélien (je ne me remets pas de la situation finale de Guido…), il faut l’avouer. Mais c’est, encore une fois, le plus beau travail scénaristique effectué sur des personnages que l’on pourra voir dans le comics mainstream.

 

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    Bon, assez parlé du traitement des personnages : qu’est-ce que ça donne niveau scénar ? Et bien, sur 262 épisodes, c’est plus ou moins bon, il faut l’avouer. Le début était vraiment excellent, la fin est très bonne aussi (le dernier arc est un extraordinaire tour d’horizon de ce que sont devenus tous les personnages) mais entre les deux il y a des passages coups de mou vraiment peu palpitants. A chaque fois, l’humour et les dialogues sauvent le tout mais je crois que la série a, au début tout du moins, trop voulu coller aux événements de l’univers Marvel. Evénements qui touchaient toutes les séries à peu près tous les 6 mois, empêchant une vraie progression. X-Factor est né de cela, à vrai dire, puisque l’équipe se réunit pour enquêter sur l’origine du jour M (la perte des pouvoirs de la majorité des mutants), à la suite de l’événement House of M. Le rôle de l’équipe pendant le très bon crossover Le Complexe du Messie sera fondamental aussi, mais après il faut avouer que ça part un peu en sucette, notamment pendant Secret Invasion où l’intrigue est très mauvaise.
    Et puisqu’on en est aux points négatifs, il faut signaler aussi l’irrégularité du dessin. C’était pas mauvais du tout au début, avec une ambiance polar réussie, mais certains passages d’illustrateurs sont assez affreux. J’ai notamment retenu le trait affreux-affreux-affreux de Larry Stroman, qui a notamment fait arrêter la série à ma petite femme tellement ça l’empêchait d’accrocher à l’histoire. Mais bon, il faut passer outre certains mauvais graphismes pour pleinement profiter du génie du scénario et de personnages comme Layla Miller.

 

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    Un dernier mot sur l’édition, parce que c’est bien beau de vanter les mérites d’une série, mais où qu’on achète ça dis donc ? Et bien, je préviens : c’est galère. La série était à l’origine publiée dans le magazine mensuel Astonishing X-Men, puis dans X-Men Universe puis dans X-Men Universe HS, avec deux passages par la librairie dans de gros recueils Marvel. Quasiment introuvable dans son intégralité maintenant donc, mais au moins a-t-elle été publiée en VF, ce qui est louable. Pour la découvrir maintenant, deux choix : soit les commander en VO en 21 volumes, soit je vous les prête. Mais faudra me les rendre en bon état, hein.

 

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Par Robert Mudas.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 09:25

Petite croisière à la recherche du One Piece…

    Il y a peu, vous avez eu l’occasion de lire un long article sur One Piece, cette excellente série manga. L’article s’éternisant, j’ai remis à plus tard la description de ses arcs narratifs. Mais je ne vous ai pas oubliés, bande de joyeux lecteurs silencieux. Voici donc une liste des arcs et des tomes totalement arbitraire et personnelle basée sur ma compréhension de l’histoire.

 

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Arc Colonel Morgan (tome 1)
    Cet arc très rapide permet de poser les bases de l’univers et de rencontrer deux des personnages principaux : Luffy et Zorro. A côté on retrouvera des ennemis très caricaturaux mais amusants, Arbyda, Morgan et Hermep, ainsi que Kobby qui, à mon humble avis, aura son rôle à jouer dans la fin de la série. Je crois que c’est la complicité naissante entre Zorro et Luffy qui m’a particulièrement attaché dès le début de la série, leur rencontre étant très belle.

Arc Baggy le Clown (tomes 1 à 3)
    La voleuse Nami rejoint la bande (mais avec réserve) pour affronter le très fun Baggy le Clown et sa troupe de pirates violents et fous. Cette histoire qui dure trois tomes est vraiment enthousiasmante et la confrontation entre le naïf Luffy et le machiavélique Baggy est excellente. Le personnage de Nami a de plus totalement sa place dans l’histoire et dans l’équipe, et il est amusant de voir combien elle est différente des deux premiers, mais cela sera encore plus développé plus tard.

 

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Arc Capitaine Crow (tomes 3 à 5)
    Luffy et ses compagnons débarquent sur une nouvelle île et font la connaissance de Usopp, attachant menteur. Ce personnage n’est clairement pas mon préféré au départ mais l’ennemi de cet arc est extrêmement charismatique et la construction scénaristique rend ce passage plutôt intéressant. Deux nouveaux membres rejoignent l’équipage au final : Usopp et le Vogue Merry !

Arc Baratie (tomes 5 à 8)
    L’équipage atteint le restaurant flottant du Baratie et on devine dès le début qu’encore une fois ils en sortiront avec un nouveau compagnon. Cet arc est l’exact opposé du précédent : l’ennemi n’est que peu charismatique à mes yeux et l’intrigue traîne un peu et manque d’intérêt. Cependant le personnage de Sanji (et sa belle relation avec Zeff) est impressionnant et excellent, j’adore ce qu’il apporte à l’équipage depuis son arrivée.

Arc Arlong Park (tomes 8 à 11)
    Cette fois-ci il s’agit encore une fois de libérer un endroit du joug tyrannique d’ennemis puissant, mais cet arc est un peu particulier car aucun nouveau compagnon ne les rejoindra, c’est plutôt un ancien personnage qui est développé et secouru.
    Le passé de Nami est donc approfondi et c’est extrêmement intéressant et touchant (cette scène où Luffy donne son chapeau à sa navigatrice…), d’autant plus que l’ennemi Arlong est charismatique et amène dans l’univers de One Piece les Hommes-Poissons qui auront clairement leur importance ensuite.

 

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Intermèdes vers la Route de tous les perils (tomes 11 à 12) :   
Ces deux tomes sont un peu longs et sont destinés à marquer une rupture entre les premiers arcs sur East Blue marquant la rencontre des 5 premiers personnages et le passage à la route de tous les périls. Le passage à Loguetown et la rencontre de Laboon feront donc un peu office de remplissage, mais un remplissage plutôt réussi cependant et permet de sortir un temps du schéma arrivée / tapage des méchants / nouveau compagnon.

Arc Baroque Works (tomes 12 à 15) :
    Cette fois-ci, les pirates ne vont pas affronter des ennemis sur une île mais sur plusieurs, car c’est toute l’organisation de chasseurs de primes Baroque Works qu’ils se mettent à dos. Le passage sur Whiskey Peak et Little Garden est bien écrit et bien construit et propose un début de saga très intéressant menant à Alabasta. Cependant, la foire aux monstres commence un peu avec les pouvoirs parfois extravagants des membres de Baroque Works.

 

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Arc Royaume de Drum (tomes 13 à 15) :
    J’ai du mal à comprendre, et donc à apprécier, cet arc qui marque selon moi une pause inappropriée au sein de l’intrigue d’Alabasta. Certes cette pause a le bon goût d’amener dans l’équipe l’adorable Tony-Tony Chopper mais j’ai tendance à trouver que le combat contre des ennemis ridicules jette un froid (ça tombe bien pour une île hivernale) sur l’intrigue de Baroque Works et Alabasta. C’est à mes yeux une des seules fausses notes dans la construction de l’intrigue.

Arc Alabasta (tomes 17 à 24) :
    Je crois qu’on a là un des sommets de la série One Piece. Les héros doivent s’améliorer et s’organiser pour sauver le royaume d’Alabasta, secourir la sympathique Vivi, affronter les pouvoirs de Baroque Works, et rencontrer leur premier capitaine Corsaire, le puissant Crocodile.
    Dès la première rencontre entre Crocodile et Luffy, où notre héros est vaincu, on peut comprendre que l’arc est fait pour durer et veut amener un peu de difficultés face aux héros. Tous vont donc devoir se donner dans des combats épiques qui ferment une intrigue aux enjeux politiques intéressants.
    Encore une fois, c’est pour moi un des passages les plus réussis de la série. Bravo Oda !

 

http://mention.sophie.perso.neuf.fr/onepiece/Image/bw.png


Arc Skypiea (tomes 24 à 32)
    Je compte dans cet arc toute l’histoire préliminaire sur l’île Jaya et l’histoire sur l’île céleste Skypiea. Les deux sont très longues, trop à mon goût. En soi, l’arrivée sur l’île céleste fait rêver, la présence de Nico Robin dans l’équipe lui donne un charme indéniable, l’histoire de Norland est touchante même si un peu anecdotique, les affrontements-épreuves des généraux d’Ener sont passionnants et le dieu foudroyant est en lui-même un excellent adversaire. Mais après l’excellente histoire d’Alabasta j’ai été un peu déçu par cet arc qui n’avait pas selon moi les mêmes qualités d’écriture.

Arc Davy Back Fight (tomes 32 à 34) :
Après deux très longs arcs, la compétition entre les équipages du chapeau de paille et du renard argenté est totalement jubilatoire. Une pause plus qu’agréable et à l’humour ravageur.

Arc Water Seven / Enies Lobby (tomes 34 à 46) :
    Voilà à nouveau un arc long, long, très long, trop long. Bon, on pardonne aisément parce qu’on retourne dans le « très bien écrit ». Entre l’histoire de Robin (j’ai déjà dit que j’en étais tombé amoureux ?), la Franky Family, le CP9, la beauté de la ville inspirée de Venise, l’histoire de Tom, la dispute entre Luffy et Usopp (magnifique scène…), le train des mers, le Roi Dutir, et j’en passe, cet arc interminable propose beaucoup d’intérêt et de magnifiques affrontements dans sa deuxième partie. Je trouve cependant que la première partie était une trop longue introduction et que les combats n’avaient pas forcément à attendre l’arrivée sur Enies Lobby. Mais Sanji remontant le train vaut son pesant de cacahuètes, même si cette expression devrait être bannie de la langue française tellement elle craint.
A partir de cet arc, on remarque que tous se sont beaucoup améliorés (c’est par exemple la première transformation monstrueuse de Chopper), et le cyborg Franky va donner à l’équipage son énergie, son humour, sa force et, bien sûr, son magnifique slip.

 

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Arc Thriller Bark (tomes 46 à 50) :
    En voilà un arc étrange et original ! Oda a envie de surprendre et de s’amuser et propose donc dans cet arc à la trame plutôt classique (affrontements pour toute l’équipe et arrivée d’un nouveau et dernier compagnon à la fin) une parodie des genres fantastique et horrifique. Tous les codes sont là mais poussés à la caricature, et les zombies nous font penser aux danseurs du clip de Michael Jackson (qui a clairement inspiré le nom de l’île qui n’en est pas vraiment une). Il y a de très bonnes idées et une ambiance loufoque et grotesque vraiment amusante mais il faut se rendre à l’évidence : c’est loin d’être l’arc le mieux écrit. Mais sûrement un des plus drôles : je me souviens avoir tellement ri quand les membres de l'équipage sauf Robin ont voulu former un Mégazord...
    Le nouveau compagnon est loin d’être mon préféré (c’est peut-être même le membre de l’équipage que j’aime le moins) mais son intégration au sein de l’équipage est sympathique. A noter la première apparition de Kuma à la fin de l’arc, qui est peut-être le meilleur moment de l’arc.

Arc Sabaody (tomes 50 à 53) :
    Cet arc de transition commence par une rencontre très drôle avec Duval, qui a une dent contre Sanji pour une raison qui me fait encore rire aujourd’hui. On en apprend plus sur les hommes-poissons, on a le plaisir de revoir Octo cette fois-ci en tant que type sympa, on comprend un peu mieux la géopolitique du monde de One Piece par la rencontre avec les dragons célestes sur l’archipel Sabaody, on rencontre enfin une sirène, on en apprend plus sur Gold Roger grâce à Raylegh et surtout on rencontre les Supernovae, capitaines à la prime montante rivaux de Luffy. La scène de l’alliance éphémère entre Law, Luffy et Kidd est particulièrement jubilatoire par exemple. En réalité, One Piece marque là un tournant : son univers s’étoffe, de futurs personnages marquants apparaissent et pour la première fois depuis longtemps la rivalité se fait durement sentir pour Luffy. L’arc se termine de façon extrêmement surprenante et marque un grand tournant dans la série, inattendu et osé. Pour le coup, on peut difficilement reprocher à Oda de ne pas prendre de risques…

 

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Arc Amazon Lily (Tomes 53 à 54) :
    Arc court et léger racontant la rencontre entre Luffy et la capitaine corsaire Boa Hancock. Ca se laisse lire, d’autant plus que c’est amusant et ça a le mérite de ne pas trop traîner en longueur.

Arc Impel Down / Marineford (Tomes 54 à 59) :
    On repart sur un long arc, et c’est d’autant plus osé que Luffy est maintenant seul. Enfin « seul » : sans son équipage en tout cas, car Oda a la bonne idée de ramener aux côtés de Luffy beaucoup d’anciens ennemis alliés pour l’occasion (sans parler de l’incroyable Jinbei). C’est une riche idée, qui permet de vaincre le côté manichéen qu’on aurait pu voir avant. L’arc traîne un peu en longueur (surtout car il faut se passer des autres personnages !) et il faut supporter Ivankov (j’ai du mal, je l’avoue, avec l’humour sur les travelos…) mais il propose de bonnes idées, de riches personnages et se termine sur un affrontement grandiose entre tous les pouvoirs de l’univers One Piece. L’ellipse commence alors et marque la fin de la première ère.

 

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Arc Retour sur le passé de Luffy (Tomes 59 à 61) :
    Cet arc de transition nous raconte enfin, après tant d’histoires, la jeunesse de Luffy et ses liens avec Ace. C’est trop long à mon goût (surtout qu’on attend encore des nouvelles des autres personnages !) mais pas du tout inintéressant.

Arc Ile des Hommes-Poissons (Tomes 61 à 66)
    La voilà enfin, la réunion tant attendue de tout l’équipage ! Et en tant que lecteur je suis mitigé car je suis ravi de tous les revoir mais, ellipse oblige, tous ont bien changé, presque trop à mon avis… Seul Usopp y gagne carrément en classe, car à côté Franky est beaucoup trop Transformers et les filles ont perdu de leur charme pour des formes clairement exagérées…
    L’escale suivante, annoncée depuis longtemps, est l’île des Hommes-Poissons. Son histoire ne manque pas d’intérêt mais j’ai trouvé les personnages un peu faciles (les ennemis n’avaient pas le charisme d’Arlong par exemple) et les combats facilement menés.  Certes, l’équipage a progressé mais il n’y a presque du coup aucun enjeu dans cet arc rapidement résolu. Une réintroduction, en quelque sorte, un peu longue à mon goût.

Arc Punk Hazard (Tomes 66 à 70)
    En voilà une histoire qui redevient intéressante ! Les intrigues du nouveau monde commencent à apparaître avec une alliance enthousiasmante entre Law et Luffy et le retour de Smoker et Tashigi dans l’intrigue. L’ennemi est encore une fois faible mais tout amène petit à petit à une confrontation contre Doflamingo qu’on devine beaucoup moins aisée. L’humour est de plus au rendez-vous avec l’inversion entre les corps et les esprits, plutôt fun, et la présence du samouraï Kinemon apporte un nouveau monde à cet univers.

 

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A suivre...

 

Par Robert Mudas.

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 13:20

Luffy, Zoro et Nami sont sur un bateau...

Un manga (shonen) de Eiichiro Oda
Edité en VF par Glénat
Série en cours, 70 tomes parus en VF.

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQRwGdNEEJnqOn8LLH-JRzhO6wesCPlq_kqTuAx64U6lYonHLvDZUkU-rWtmw

 

    On parle beaucoup de bande-dessinée franco-belge sur ce blog, parfois de comics, et très peu de manga. Il faut dire qu’à tout casser, j’ai dû lire 5 séries et demie : les Saint Seiya que j’ai collectionnés enfant après avoir vu « Les Chevaliers du Zodiaque », les Dragon Ball prêtés par un ami, les Gunnm prêtés par un autre ami, les One Piece  et Naruto trouvés en occasion lors de ma période parisienne, et les deux premiers Death Note qu’on m’avait conseillés.
    Je suis assez peu friand de mangas car j’ai un peu de mal avec leurs codes. Souvent je trouve les scènes d’action trop peu lisibles, et l’absence de couleurs me gêne cruellement. Et puis les séries interminables ont tendance à me faire peur par rapport à la qualité du scénario. Cependant les séries précédemment listées ont su m’accrocher malgré ces défauts inhérents au genre. Parmi elles, One Piece  est clairement ma préférée, d’une qualité inégalable.

 

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    On pourrait s’étonner puisque j’ai dit avoir peur du caractère interminable des séries, et One Piece après ces 70 tomes est peut-être seulement à la moitié de son histoire. Mais il y a dans cette série un humour, une rigueur scénaristique et un travail sur les personnages assez hallucinant. Oui, la série s’allonge clairement, oui les arcs narratifs sont de plus en longs mais l’auteur Eiichiro Oda a un talent incroyable pour développer son univers par des détails qui prendront toute leur importance par la suite. Un des premiers ennemis importants, Arlong, fait partie de la race des hommes-poissons, dont la situation sera extrêmement développée 50 tomes plus tard ! Un personnage de cette race, Jinbei, est d’ailleurs évoqué dans les premiers tomes de la série alors qu’il n’apparaîtra que bien plus tard. Sans parler des sirènes, mentionnées tôt, rencontrées vaguement plus tard, rencontrées pour de vrai encore plus tard. De même, le Docteur Végapunk est évoqué très tôt, et on ne cesse de rencontrer des personnages ou des éléments liés à lui, sans encore l’avoir clairement vu. De même que Dragon, ou Barbe-Noire, qui sera sûrement le méchant final de la série. Oda prend son temps, c’est indéniable, mais il le prend pour aller dans les détails et expliquer son univers en profondeur, et si la série s’éternise, c’est toujours avec l’idée de la trame générale en tête. D’où ma confiance absolue en ce type capable d’être prolifique tout en gardant la main sur son intrigue.

 

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    Pour comparer, je pense que le grand rival de One Piece, Naruto, souffre justement de tous ces défauts que Oda parvient à éviter. Dans Naruto, l’univers de départ est enthousiasmant, mais très vite les histoires s’éternisent pour ne mener à quasiment rien ou à de grands enjeux politiques aux multiples combats successifs interminables. Les ennemis rencontrés sont de moins en moins crédibles (le mec qui sort les os de son corps pour se battre avec ? Sérieusement ? Je ne m’en suis toujours pas remis…) et entachent totalement le monde de départ, réaliste, cohérent et intéressant. Dans One Piece, les personnages sont capables de choses de plus en plus folles aussi, mais cela était déjà présent dès le départ et surtout c’est toujours traité avec un humour totalement irrésistible. Oda réussit le défi fou d’alterner sérieux et légèreté : à certains moments, les personnages peuvent être extrêmement charismatiques, et à l’instant suivant se montrer ridicules au possible. D’ailleurs, même le plus grandiose des guerriers a toujours un défaut ridicule (Oda va s’amuser énormément avec des tics de langage ou comportementaux, comme l’incroyable naïveté de Luffy ou le manque d’orientation consternant de Zoro).

 

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    C’est tout moi, ça : j’ai déjà commencé à cracher sur Naruto et je n’ai même pas expliqué l’intrigue générale de One Piece. Tout commence avec un personnage totalement loufoque, Luffy, jeune gamin naïf et énergique disposant du pouvoir d’être élastique grâce à un fruit du démon (tous les pouvoirs viennent de là dans ce manga, et il y en aura tellement au final que c’est un peu la foire aux monstres). Luffy a un but : devenir le Seigneur des Pirates ! Et pour cela, il doit réunir son équipage et faire le vide parmi tous les rivaux et ennemis potentiels. La description que je viens de faire ressemble à celle de n’importe quel shonen : un personnage va devoir s’améliorer en combattant des ennemis. La grande particularité de One Piece, c’est que Luffy est déterminé à progresser mais le fait avec une légèreté et une candeur délectables. Il se prendra des claques qu’il faudra surmonter, rencontrera des ennemis puissants qu’il voudra surpasser, mais dans tous les cas, il le fera avec un sourire totalement communicatif.
    Le personnage le plus « shonen » de One Piece, c’est en réalité Zoro Roronoa, chasseur de pirates et brillant épéiste devenant le lieutenant de Luffy, touché par sa détermination et sa grandeur d’âme. Lui seul, dès le début, s’inscrit dans la perspective du shonen de progression : Zoro perd un combat contre son modèle Œil-de-faucon et décide de devenir le plus grand combattant à l’épée, et suivre un pirate est le meilleur moyen de rencontrer les ennemis les plus forts grâce auxquels progresser. Oda va pousser ce code traditionnel à la parodie en montrant Zoro dans des entraînements abusivement extrêmes et dans un mécontentement de lui-même constant. En somme, Luffy va taper les méchants parce que ça l’éclate ou pour certaines valeurs morales qu’il veut défendre, et Zoro pour progresser, mais ils vont les taper côte à côte, et c’est ça qui est beau.

 

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    Peu à peu, chaque aventure de la première partie de l’histoire permet de rencontrer un nouveau membre de l’équipage, si bien qu’une équipe totalement hétérogène de 9 personnages bien différents réunit à la fin des personnalités dont le contraste fait rire mais dont la complicité est aussi extraordinairement touchante (qui s’est remis émotionnellement du combat Luffy/Usopp, sincèrement ?). La trame de ce début d’histoire (quand je parle de « début d’histoire », je parle donc des 50 premiers tomes hein…) a souvent été qualifiée de répétitive, car le même schéma s’y retrouve toujours à peu de choses près : les héros débarquent sur une île, sympathisent avec des gentils, tapent les méchants en combats singuliers se terminant toujours par Luffy Vs le Boss final, puis repartent avec un nouveau compagnon parmi les gentils. Cependant, le contexte de chaque île est différent, et les histoires sont souvent plus intéressantes que cela : en témoigne l’arc Alabasta, selon moi une perfection dans l’intrigue, riche et prenante. Parfois, ce seront même des membres de l’équipage qui seront remis en question : Nami dans l’arc d’Arlong Park, l’excellente Nico Robin dans l’arc Water Seven / Ennies Lobby. Non, la répétitivité n’est pas le problème ; le seul défaut que je peux trouver c’est la fin trop positive. En effet, à de rares exceptions (à vrai dire, je n’en vois qu’une…), tous les personnages qu’on avait crus morts avec courage et fierté dans les combats se relèvent une fois le dernier combat fini. C’est vraiment le seul truc que je critiquerais par rapport à la facilité scénaristique.

 

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       Au final, l'équipage entier de 9 personnages ne sera réuni que très tard et réunira une brillante équipe qui permet à chaque lecteur de trouver ses goûts comblés. Les amateurs de personnages féminins ne pourront que craquer devant Nami, intelligente mais avare, les amateurs de personnages charismatiques (et c'est mon cas !) adoreront Sanji, le cuistot qui n'utilise jamais ses mains pour se battre, les fans de peluches craqueront forcément pour Tony Tony Chopper, etc. Sans parler du mythomane cherchant son courage, du gentleman obsédé squelette, du cyborg en slip ou de l'énigmatique Nico Robin dont je suis totalement tombé amoureux.

    9 personnages principaux, donc, et une myriade de personnages secondaires qui ont le bon goût de parfois refaire une apparition plus ou moins importante. Je crois sérieusement qu’Oda classe très clairement ses personnages sur une échelle allant du loufoque au super-sérieux et s’amuse à diverses variations sur ce niveau. L’équipage en est un bon exemple (quand on voit Franky à côté de Nico Robin par exemple…), mais ce sera la même chose chez les méchants (Crocodile pour les sérieux, Moria pour les loufoques). A vrai dire, je ne sais même pas si on peut parler de « méchants » dans One Piece, car dans ce monde de pirates, tout le monde est à la fois méchant et gentil. En réalité, chacun a ses propres intérêts, et c’est d’autant plus vrai avec l’alliance entre pirates qui vient de s’ouvrir dans les derniers tomes publiés à l’heure où j’écris ces lignes. Les ennemis de nos pirates au chapeau de paille sont principalement les soldats de la Marine, mais ceux-ci développent cependant des valeurs de justice tout-à-fait nobles. De même, l’auteur s’amuse à faire revenir parfois d’anciens ennemis en tant que nouveaux alliés (Octo, Baggy, Crocodile, ou ne serait-ce que Robin !). Cela rend le monde d’autant plus cohérent que des mini-séries présentes sur les couvertures de chaque épisode (que l’édition française réutilise, et il faut le signaler !) montrent souvent ce que deviennent d’anciens personnages. De plus, beaucoup de noms sont de claires références au monde des pirates, qu'il s'agisse de réalité ou de fiction, et ces marques de culture et d'études sur le thème ne sont pas pour me déplaire.

 

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    A l’arrivée, le Monde de One Piece est vertigineux. Chaque île traversée comporte sa part d’intrigues et de mystères, mais tout autour de cela tout un ensemble de territoires (North Blue, East Blue, South Blue, West Blue, Grand Line, la Route de tous les périls, le Nouveau-monde, etc.) créent un espace aussi long à parcourir que le sera la série. De plus, cet espace est régi par de grandes organisations : la Marine, bien sûr, mais aussi les Capitaines Corsaires, grands pirates à la solde du gouvernement, ou encore les 4 Empereurs du Nouveau Monde. Constamment, le manga nous propose des avancées dans la compréhension de toutes les ramifications de ce monde, amenant peu à peu au dénouement. Même s’il est vrai qu’il n’est qu’un point à l’horizon pour l’instant.

 

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    Il convient de signaler qu’autour du tome 60 Oda s’est laissé aller au principe de l’ellipse, abandonnant nos héros pendant deux ans afin de les laisser s’améliorer. J’ai été assez réticent devant ce procédé que je n’aime guère (c’est quand même celui qui a flingué la qualité de Naruto !), d’autant plus quand j’ai vu les tronches de certains personnages après l’ellipse (Franky pour ne citer que lui, mais tous à part Usopp ont vraiment perdu je trouve). C’était certes indispensable pour rendre certains personnages, comme Nami, Usopp ou l’adorable Chopper à la hauteur des nouveaux ennemis à affronter ; et cela permet peu à peu de découvrir ce qui leur est arrivé ; mais je trouve que cela coupe beaucoup trop l’intrigue, d’autant plus que les arcs avec Luffy seul comme héros sont trop longs à mon avis. Difficile pour moi de me passer de Zoro ou Sanji… Cependant, avec Punk Hazard, on voit combien les intrigues ont maintenant gagné en richesse et en débouchés, donc j’ai hâte de voir où cela va mener.
    J’ai beaucoup parlé du scénario, et très peu du dessin, que j’aime beaucoup pourtant. Oda sait donner la classe à ses personnages, et surtout sait se montrer d’une inventivité folle. Il n’y a qu’à lire l’arc de Thriller Bark pour comprendre combien il est capable de s’amuser à créer des personnages improbables. J’ai cependant eu l’impression, suite à ma déception par rapport à l’ellipse, que les dessins répétaient assez souvent le même type de personnages. Je trouve en effet que le périple sur l’île des Hommes-Poissons ne propose pas la richesse graphique des premiers hommes-poissons rencontrés à Arlong Park. Mais peut-être est-ce seulement mon œil de vieux con habitué à la BD franco-belge devant un trait qui se mangaïse de plus en plus (comparez le tome 1 au tome 61, c’est assez dingue de voir combien les planches sont plus chargées et moins fluides, caractéristiques du dessin manga selon moi…). Mais bon, comme je le disais, le dessin est très bon dans le genre, surtout pour faire passer l’émotion ou le rire, et correspond totalement au ton, et je conseille à tous ceux que le dessin a rebuté de donner une deuxième chance à cette série !

 

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    Difficile de parler d’un manga sans évoquer son anime. J’avoue ne regarder aucun manga en anime, les trouvant toujours beaucoup trop lents et chronophages. J’ai cependant craqué pour One Piece qui est la seule exception à mon dégoût. Bien sûr c’est très long aussi (plus de 630 épisodes déjà parus…) mais c’est très bien mené, très fidèle aux livres et à leur esprit, et cela rend certains personnages que je n’aimais pourtant pas dans la série (Chopper et Brook par exemple) finalement très attachants. Les inévitables fillers rendent les arcs inégaux mais il faut noter l’effort pour rendre même ces histoires de remplissage plutôt intéressantes (je pense par exemple à l’arc G8).

 

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    L’article devenant beaucoup trop long, je ferai un petit topo sur les arcs narratifs de ce manga dans un deuxième article ! Cependant, ma conscience pas professionnelle m'oblige à préciser que Glénat a eu l'idée plus ou moins bonne de rééditer la série avec les noms originaux et non-plus francisés. L'idée est bonne car elle rend hommage à l'oeuvre originale et permet aux fans de l'anime de reconnaître Usopp derrière Pipo. Cependant, elle est aussi assez énervante pour les collectionneurs comme moi, qui aiment avoir tous les tomes dans le même graphisme ou même pour les lecteurs que ces modifications en plein milieu de la série pourraient perdre.


    Par Robert Mudas.

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 10:40

Nouveau départ pour les super-héros.

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Dans un trio d’articles précédents (1, 2, 3, nous irons au bois), j’ai parlé de la renaissance de l’univers comics DC, qui proposait un nouveau départ pour chacun de ses super-héros et pour son univers en général. Cela a été un franc succès, mérité qui plus est, et a forcément fait réfléchir son concurrent direct : les éditions Marvel. Cela faisait déjà longtemps que Marvel ne cessait de refaire partir ses séries au  numéro 1 afin de faire croire à un nouveau départ idéal pour les nouveaux lecteurs, ce qui était finalement rarement le cas.

Avec Marvel Now !, un vrai renouveau se créé enfin, qui a la bonne idée de concerner quasiment toutes les séries. Il n’est pas aussi approfondi que le New 52, puisque les origines des personnages ne changent pas. Mais à la suite du très bon événement Avengers vs X-Men, la donne a changé pour certains héros, notamment chez les X-Men  et des équipes se modifient ou apparaissent, traitées par différentes équipes créatrices.

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Certaines séries de ce renouveau (qui n’efface cependant pas tout ce qui s’est passé avant) sont très enthousiasmantes. J’ai l’occasion de les suivre en parutions mensuelles et même si quelques unes sont plutôt décevantes, d’autres sont vraiment bonnes. Soucieuses de proposer un bon choix de comics aux lecteurs que le format kiosque n’attire pas, les éditions Panini Comics ont eu la bonne idée de rapidement publier en librairie certaines séries de cette phase Marvel Now !, et cela commence dès ce mois de mars avec le premier tome de quatre séries différentes. Bonne initiative qu’il convient de saluer : petit à petit les comics américains commencent à être publiés en bonne et due forme en France (alors qu’il y a une vingtaine d’années beaucoup de lecteurs achetaient tout en version originale directement à l’étranger) et ça fait plaisir. A mon humble avis, la rivalité émulatrice entre Marvel / Panini et DC / Urban Comics n’y est pas étrangère ! Peu importe, tant que les lecteurs y gagnent.

Quatre séries vous sont donc proposées en librairie ce mois-ci, et même si je n’ai pas eu ces tomes précis entre les mains (et donc même si je ne connais pas le format de publication ou les éventuels bonus fournis), j’ai lu ces quatre séries. Voici donc mon avis sur ces quatre séries, de la meilleure à la moins bonne !

 

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Superior Spider-Man (Scénario de Slott, dessin de Stegman)

 

Marvel Now ! a réussi une chose : me faire acheter un des rares mensuels que je ne lisais pas : Spider-Man. Les séries consacrées au Tisseur me paraissaient inégales, et les incidences de ses événements marquants trop souvent effacés d’un coup de baguette magique… Mais il y a eu l’histoire « Dernière volonté » qui a conclu la série The Amazing Spider-Man et son rebondissement final choc : le Docteur Octopus est mort mais a réussi à échanger son esprit avec celui de Peter Parker. Ainsi, Parker serait mort dans le corps d’un de ses ennemis tandis que l’esprit du vilain Doc Ock dirigerait le corps et les actions de Spider-Man. Les fans ont hurlé au scandale, d’autres ont relativisé en disant que cela ne durerait que deux numéros… Sauf que la série Superior Spider-Man est arrivée, et pour l’instant la situation est toujours la même ! Slott y propose un concept ambitieux : Octopus est le nouveau Spider-Man mais a hérité dans l’échange du sens des responsabilités de Parker. Il va donc vraiment se consacrer à chasser le crime comme le faisait notre bon vieux Spidey, mais à sa façon : stratégique, organisée et violente. Il le dit lui-même : il sera le meilleur Spider-Man que New York n’ait jamais connu, le Spider-Man supérieur. N’hésitant pas à tuer ou à mettre de vraies raclées, le héros va donc changer d’image mais se révéler plus efficace qu’il ne l’a jamais été, même dans la vie personnelle de l’humain Peter Parker.

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Un coup de maître que cette série selon moi, qui montre comment Spider-Man aurait pu être avec d’autres choix et d’autres principes. La galerie de méchants est d’autant plus intéressante que Doc Ock affronte parfois ses anciens partenaires, le dessin est bon, les intrigues haletantes : bref, c’est du tout bon ! J’espère vraiment que la situation ne s’inversera pas trop vite et qu’on continuera à voir un Spider-Man beaucoup moins innocent.

 

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All-New X-Men (scénario de Bendis, dessin de Immonem).


       http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/2/2a/All-New_X-Men_1.jpgBendis est connu pour son travail sur les Avengers qu’il a scénarisés pendant longtemps, et pour sa participation à quasiment tous les événements des dernières années (Civil War, par exemple : c’était lui !). Avec la valse des équipe créatives de Marvel Now, Bendis arrive sur les X-Men, avec deux séries : Uncanny X-Men et All-New X-Men. J’ai un peu de mal avec la première, qui raconte les déboires de la nouvelle équipe de Cyclope, maintenant hors-la-loi. Le scénario est correct, mais il est selon moi trop mal servi par le dessin de Bachalo que j’ai beaucoup de mal à supporter. La deuxième, cependant, celle qui va être éditée en librairie, est bien plus intéressante et dynamique.

         Il faut savoir que pendant l’événement Avengers vs X-Men, Cyclope a été possédé par la force Phénix et a largement dérapé, causant des conséquences graves. Depuis, il est hors-la-loi et a réuni une petite équipe d’anciens et nouveaux mutants, l’équipe d’Uncanny X-Men. L’école Jean Grey est fortement marquée par cette scission, notamment le Fauve qui décide de remonter le temps (oui, c’est presque plus simple que prendre le bus chez Marvel) afin de ramener les tout premiers X-Men, les cinq X-Men originaux des premières années, pour ouvrir les yeux (ou tout du moins l’œil, ah ah !) de Scott Summers sur son changement. Après un voyage déstabilisant, les jeunes Fauve, Cylope, Angel, Iceberg et Jean Grey arrivent dans notre présent, leur futur afin de convaincre Cyclope de revenir à la raison.

        

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         C’est le pitch de départ et très vite cette mission disparaît ; restent cependant ces jeunes personnages dans ce présent qu’ils apprennent petit à petit à comprendre. Le choc des générations est marquant et très intéressant : le Fauve voit la métamorphose qui va le faire devenir une grosse boule de poils bleue, Angel voit que son futur lui-même semble avoir perdu l’esprit, Cyclope voit que son futur lui-même a l’arrogance et la dureté des ennemis qu’il combat lui-même. Jean Grey, quant à elle, développe des dons de télépathie qu’elle ne savait pas avoir et apprend… sa (ou plutôt « ses ») future(s) mort(s). Le choc de ces personnages est un des intérêts de la série, qui se montre aussi intrigante par les relations que ces nouveaux-arrivés vont développer avec les autres personnages : par exemple leur rencontre avec Wolverine, qu’ils ne connaissent pas encore, avec Kitty ou encore l’influence que certains ennemis comme Mystique veulent avoir sur eux.

         Niveau narration, la série s’amuse à rendre hommage aux épisodes X-Men des années 60, dans le design des personnages et leur comportement. La série est donc en même temps drôle, intéressante et bien réalisée : une excellente idée selon moi.

 

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Uncanny Avengers ( scénario de Remender, dessin de Cassaday)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/6/6d/Uncanny_Avengers.jpg         Après la guerre entre les Avengers et les X-Men, il a été décidé d’essayer de pallier la mauvaise image des mutants par une meilleure intégration de ceux-ci dans les équipes de super-héros. L’équipe symbolique de ce renouveau (et donc de toute la phase Marvel Now !), c’est cette équipe des Uncanny Avengers, composée de Wolverine, Captain America, Thor, Malicia, la Sorcière Rouge et dirigée par Havok (le frère de Cyclope).

         L’intention était bonne, mais la sauce ne prend pas. L’équipe a beaucoup de mal à se constituer, les rivalités et manques de confiance se font sentir, et c’est assez amusant, mais cela empêche aussi de s’intéresser au sort de cette équipe bancale. Le premier arc joue sur l’alliance des univers X-Men et Avengers (sans gâcher le suspense, il y est question à la fois de Crâne Rouge et de Charles Xavier) mais se révèle peu intéressant et ne montre pas la richesse dont font preuve les deux séries évoquées précédemment.

         Cette série est le titre principal d’une nouvelle revue, Uncanny Avengers, mais je dois avouer que je ne le lis que parce qu’elle contient la très amusante Avengers Arena (une sorte de Battle Royale entre de jeunes super-héros), c’est dire si je suis peu enthousiasmé. J’espère que la suite de la série remontera le niveau, mais je ne conseille pas spécialement pour l’instant.

 

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         Captain America (scénario de Remender, dessin de Romita Jr).

http://comicbookrealm.com/cover-scan/45adc71e0b017ec4cc78543e495f577e/xl/marvel-captain-america-issue-6.jpg         Captain America n’a jamais été un personnage très populaire en France, alors je suis assez surpris par le choix de l’éditer, d’autant plus que la série est très moyenne. Je pense que l’idée est de coïncider avec le deuxième film consacré à la bannière étoilée, mais c’est peut-être le tome que je conseille le moins parmi ces quatre recueils.

         Même boudé, ce personnage a eu droit à de bonnes histoires, notamment toute la période scénarisée par Brubaker. L’idée de Marvel Now ! a été de changer totalement de contexte et d’équipe : Captain America n’évolue en ville avec ses alliés le Faucon, Bucky et Sharon Carter contre ses ennemis « urbains », l’idée de cette série est de le propulser tout seul dans la dimension Z, une dimension parallèle créée par le savant fou Arnim Zola, pleine de monstres et d’horreur. Captain y sera soumis à rude épreuve et sera chargé de la protection d’un jeune enfant qui grandira (car le temps s’écoule plus vite que dans notre monde).

         Pour moi, cette série n’a aucun intérêt. L’histoire est totalement déconnectée du monde Marvel normal et même si elle met Cap à rude épreuve, elle se lit sans grand enthousiasme. Je pense que la présence de Romita Jr, dont je déteste le dessin, y est pour quelque chose, mais c’est vraiment selon moi le tome le plus ennuyeux de ces quatre publications.

 

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         J’espère avoir bien informé les lecteurs intéressés par ces publications et avoir donné quelques conseils de lecture à certains ! Une nouvelle salve de publications va suivre en juin, il me semble, je reviendrai à nouveau vous parler des nouvelles séries publiées.

 

Par Robert Mudas.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 10:25

Le petit théâtre du quotidien

Scénario et dessin de Boulet
Editions Delcourt, collection Shampooing
8 tomes parus
2008 – aujourd’hui

 

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  Quant on fréquente un tout petit peu Internet et qu’on est un tout petit peu amateur de bande-dessinée, il est difficile de passer à côté de Boulet. Boulet est un dessinateur extrêmement talentueux et imaginatif, auteur notamment de Raghnarok et de Donjon Zénith. Mais avant tout, c’est aussi un auteur de blog, peut-être même l’auteur qui a su le mieux exploiter la toile pour ses dessins et engendré la mode des blogs BD. D’autres l’ont suivi mais Boulet est clairement le plus connu, et selon moi un des plus doués.

 

http://www.babelio.com/users/AVT_Boulet_3469.jpeg

 

     La recette de son blog : la peinture du quotidien, un trait parfait (je suis fan de ses dinosaures...), énormément d’humour mais aussi la véracité et l’émotion. En effet, chaque planche n’est pas hilarante, chacune n’est pas touchante, certaines sont des dessins hommages ou des carnets de notes, d’autres de vraies BD scénarisées, mais au total tout cela est sur le blog, et chaque publication témoigne d’un vrai travail, d’un vrai talent, et non d’une simple pensée rapidement jetée sur le papier.
 

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    En réalité, Boulet a profité de son site Internet pour faire ce qu’il voulait faire, dessiner ce qu’il avait envie de dessiner, et donc se faire plaisir personnellement loin des travaux en cours et des commandes contraignantes. L’ironie du sort a fait que le public a adoré cet espace de libre expression, jusqu’à donner à Boulet le succès et la réputation qu’il méritait, et que face à la demande croissante, les planches du blog ont même été publiées en livres. En somme, ce qui était sur Internet car non-publiable a été publié sous la demande. Si bien que j’en parle aujourd’hui sur Internet. La boucle est bouclée.
 

 

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http://www.docslumpy.info/ddd/wp-content/uploads/2009/06/notes-boulet-tome3.jpg

 http://3.bp.blogspot.com/-i8lqNNa2ZRM/TbrBfTPlUlI/AAAAAAAAAAw/OeKUGARBuGk/s1600/notes+2.jpg   http://blog.monsieurpixel.com/wp-content/uploads/2009/12/boulet-notes.jpgCe dont je parle dans cet article, c’est donc de la série Notes, qui est, disons-le tout de suite, extrêmement bien publiée. Déjà parce que les livres sont vraiment très beaux, avec de magnifiques couvertures et une qualité de papier appréciable, mais aussi parce que l’auteur a eu la bonne idée de composer des recueils de ses notes publiées par année, tout en les liant par une sorte de fil rouge inédit. En effet, chaque tome propose tous les éléments publiés sur le site pendant une année, avec en plus des interventions de Boulet par http://www.elbakin.net/plume/xmedia/fantasy/articles/noel/boulet_note_6.gifhttp://www.heeza.fr/2031-large/bd-boulet-notes-5-quelques-minutes-avant-la-fin-du-monde.jpghttp://www.bdouebe.net/img/notes/notes4couv.jpgrapport aux planches publiées, prenant parfois du recul ou expliquant le contexte, ou un fil rouge souvent mentionné dans le titre et la couverture de chaque livre. Le tome 3 va par exemple réfléchir sur le lien entre la créativité et l’imagination, le 5 sur la représentation de la fin du monde, ou le 7 sur une rénovation du steampunk. Boulet n’hésite pas à aller loin dans ses idées, mais comme il le fait avec une pédagogie et un talent narratif remarquables, on ne peut que se laisser guider par le maître. Personnellement, cela me fait un peu penser à Scott McCloud, et c’est un compliment. En fait, tout en utilisant les codes de la bande-dessinée traditionnelle, Boulet va nous faire l'honneur de nous les expliquer, de les commenter, de les critiquer parfois, avec un fort travail contre les clichés de la bande-dessinée. Et franchement, il est difficile de revoir une bulle de pensée, une séquence de "oh bah ce n'était qu'un rêve en fait", une onomatopée ou un album des schtroumphfs sans penser à lui après avoir lu ce qu'il en dit...
 

 http://bdzoom.com/wp-content/uploads/2012/09/Notes-7-Boulet.jpg


   Que ce soit dans ces réflexions d’auteur et de lecteur de BD dont je viens de parler, dans ses souvenirs d’enfance, dans ses carnets de croquis, dans sa peinture du quotidien, dans son témoignage quant au métier d’auteur, dans ses récits de voyage, ou même dans ses planches humoristiques à chute, Boulet excelle. Et fait de ces livres une véritable œuvre aboutie et intelligente.
 

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 http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_198321.jpg  Avant de clôturer ce court article, il faut signaler que le huitième tome est particulier puisqu’il regroupe les participations de Boulet aux 24 heures de la BD, où des auteurs volontaires (et donc masochistes) s’enferment pour créer une BD de 24 pages en 24 heures avec une contrainte précise. Juste comme ça. Par défi créatif. Et bien celles de Boulet, proposées dans ce tome 8, sont souvent excellentes. Mention spéciale au « Ténébreux » que je trouve très très bien mis en scène.

 

http://www.zeporama.com/images/NEWS/PINGPONG/pingpong_boulet_derive.jpg


     Bref, amateur de bande-dessinée, tu connais sûrement déjà Boulet.
    Si ce n’est pas le cas, lis-le.
 

 

Tome 1 : Born to be a larve
Tome 2 : Le petit théâtre de la rue
Tome 3 : La viande c’est la force
Tome 4 : Songe est mensonge
Tome 5 : Quelques minutes avant la fin du monde
Tome 6 : Debout mes globules !
Tome 7 : Formicapunk
Tome 8 : les 24 heures

 

Par Robert Mudas.

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 10:20

Pulsions meurtrières

 

 

Scénario et dessin de Stan Silas

Éditions Makaka

Série en cours. 5 tomes parus (plus un spin-off)

 

 

http://clickandgeek.com/wp-content/uploads/2012/01/goodies-norman1-wp1.jpg

Norman est un petit garçon de huit ans pas comme les autres. En effet, alors que les autres enfants jouent aux billes ou à la poupée, lui son passe-temps, c'est de tuer des gens. Et ce n'est pas sa mère, qui dort depuis six mois, ou son oncle zombie qui vont l'en empêcher …

                                       
Vous l'aurez sans doute déjà deviné, La vie de Norman n'est PAS destinée aux enfants. En effet, malgré des traits ronds et une ambiance colorée, c'est une série plutôt violente et bourrée d'humour noir.

Nous allons donc suivre ce cher Norman  dans ces envies de massacre. La série débute avec le petit Jérémy, nouveau au village, qui doit vendre des tickets de tombola pour l'école. Ça ne le passionne pas vraiment mais heureusement, l'un de ces camarades lui a indiqué une maison reculée dont les habitants achètent tous les tickets qu'on veut. Quelle chance ! Seulement voilà, le camarade en question n'est autre que Norman, qui attire le pauvre Jérémy dans un piège pour pouvoir le trucider sans être dérangé. Au bout de quelques pages, le ton est donné : il s'agit d'une série humoristique, qui ne se prend absolument pas au sérieux.

http://30joursdebd.com/30jdbdv3/wp-content/uploads/2011/02/Norman-P4-749px.jpg

L'intérêt de la série réside également dans ses personnages hauts en couleur. Outre Norman, qui est déjà un phénomène à lui tout seul, citons l'institutrice Madame Plébaire, véritable alcoolique qui n'hésite pas à frapper ses élèves et à les punir en leur faisant faire le tour de l'école en slip. Les élèves de la classe de Norman sont également très intéressants, chacun possédant son caractère propre.

http://1.bp.blogspot.com/-JiJCyqQOTzA/UH7t99ITh_I/AAAAAAAACfo/ObHBZrjQrZ8/s1600/norman201.jpg

La vie de Norman est donc une série drôle, gore et aux chouettes dessins, qui permet de passer un bon moment en se marrant dans son coin. À noter qu'il existe un spin-off, sobrement intitulé Sylvaine, qui raconte les grandes vacances de cette dernière (Sylvaine est l'une des élèves de la classe de Norman). Personnellement, je n'ai pas apprécié cet album, très différent de la série principale au niveau du ton et un peu étrange au niveau scénaristique.

 

Tome 1 : La vie de Norman

http://www.elchikito.com/wp-content/uploads/2011/02/La-vie-de-Norman.jpg

Jérémy, le petit nouveau de la classe, a disparu. Alors que l'institutrice pense qu'il s'est tiré avec l'argent des billets de tombola, le club Garance, composé de Garance, d'Olga et d'Albine, enquête pour découvrir ce qu'il lui ait arrivé.


Tome 2 : Virée scolaire

http://img.bd-sanctuary.com/bds/big/la-vie-de-norman-bd-volume-2-simple-26524.jpg

Pour le voyage scolaire, Madame Plébaire décide d'emmener ses élèves à la fête de la bûche, dans un village voisin. Après un voyage mouvementé, ils arrivent enfin sur place, mais le village semble complètement désert…


 Tome 3 : La vengeance de Garance

http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_162296.jpg

Garance, désormais logée à l'orphelinat, décide de tout faire pour faire tomber Norman. Mais est-elle toujours la même depuis son retour ?


 Tome 4 : Histoires d'effrayance

http://pegasemecanique.files.wordpress.com/2012/10/la-vie-de-norman.jpg

Un tome un peu à part, puisque nous faisons un saut dans le temps pour en savoir un peu plus sur la famille de Norman et sur les raisons qui expliquent, en partie, ce qu'il est devenu.


 Tome 5 : La malédiction

http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_199684.jpg

 

Damien est nouveau à l'école. Norman ayant trucidé ses parents, il décide de se venger en enrôlant les autres élèves de la classe.

 

Par Cathy.

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 10:50

Belote, rebelote, et dix de der ...

http://invernizzi.flo.free.fr/HikaruNoGo/HikaruNoGo(8).jpg

Manga de Takeshi Obata (dessin) et Yumi Hotta (scénario), répondant au code du nekketsu (souvent associé aux shonens).


Avant tout, petit message à tous nos lecteurs qui en sont restés à Tintin et Astérix : la BD est un medium riche, et sans doute un de ceux qui a connu une des évolutions les plus fortes depuis ces trentes dernières années.

 

Le nombre de nouveautés est plus important année après année, et les thèmes abordés sont variés, tantôt matures, tantôt enfantins, parfois sérieux, des fois drôles... Bref, c'est devenu un média incontournable, et qui n'a jamais lu Larcenet, De capes et de Crocs, etc ... n'a rien lu.

 

C'est aussi un support qui de plus en plus ouvre une porte sur des cultures très éloignées de la notre. Le manga, terme designant l'ensemble des BDs publiés au Japon, est en ce sens très intéressant.

 

La série que je souhaite évoquer est à classer dans cette catégorie. 

 

Publiée au Japon entre 1998 et 2001, cette série suit les codes du nekketsu, c'est à dire la trame et les ressorts scénaristiques que l'on retrouve dans les shonens.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme, mais qui auraient une certaine culture, sachez que les exemples les plus marquants de shonens sont Dragon Ball, Les chevaliers du Zodiaque et plus récemment Naruto et One Piece.

 

En gros, ces histoires suivent les aventures d'un jeune héros qui pour accomplir son rève devra se surpasser, utiliser ses compétences souvent hors normes pour battre son plus proche rival, remporter un tournoi, etc ...

 

Hikaru No Go remplit toutes ses conditions puisque l'on suit les aventures d'Hikaru Shindo, jeune adolescent, possédé dès les premières pages par l'esprit de Saï Fujirawa et qui tout au long des 23 tomes (parution française) que compte la série poursuivra son rival Akira Toya afin de le surpasser.

 

L'histoire se passe à notre époque, le héros a des belles baskets et des T-shirts avec toujours le chiffre 5 dessus, une jolie mêche pour le reconnaitre (un peu comme naruto et ses moustaches, Luffy et son chapeau) ... que du classique en somme et pour l'instant rien qui ne le différencie vraiment des autres séries ... sauf que, au lieu de parler des ninjas, des pirates, de chevaliers ou de combattants, Hikaru No Go évoque l'univers du jeu de Go.

 

...

...

 

Oui, oui, vous avez bien lu. Hikaru, le héros, va mettre toute son énergie à devenir le meilleur joueur de Go, ce jeu de plateau asiatique, mix des dames et des échecs.

http://i8.mangapanda.com/hikaru-no-go/142/hikaru-no-go-322268.jpg

Lieu de nombreux duels : la salle de Go

 

C'est un peu comme si Soleil sortait un album où un adolescent français se battait pour devenir champion de France de Belote, tout en étant hanté par Raymond, vieillard moustachu à casquette ayant remporté le tournoi international de Belote de La Ferté Bernard.

 

Sur le papier, on ne peut pas dire que ce soit trippant et pourtant Hikaru No go est un excellent manga d'une part parce que l'on se prend très vite à apprécier ce héros à l'objectif atypique et sa progression folle, mais également parce que l'on découvre à travers sa quête cette culture japonaise avec les codes qui la régissent.

 

Saï, joueur mythique, est ainsi un lien vers les temps anciens. Hikaru, naif, néophyte, devra lui découvrir ce jeu et ses régles modernes, puis évoluer au fil des tournois de collège, de lycée, en fréquentant les clubs de Go, puis en gravissant la hiérarchie, rencontrant insei (futurs professionnels), Pros, Maitres avec différents niveaux de Dan.

 

Cette culture constitue un deuxième niveau de lecture, parfaitement complémentaire à l'aspect shonen, plus basique (bien que diablement efficace).

 

Pas de quoi apprendre réellement le jeu de Go (qui semble plutôt complexe, surtout en ce qui concerne les stratégies) au risque de vous décevoir. 

 

L'autre originalité de cette série réside aussi dans le lien qui unit Hikaru et Saï. Dans les premiers tomes, Hikaru n'est que l'interface de Saï avec le monde réel, lui permettant de jouer, lui qui ne peut manipuler les pierres (léquivalent des pions) du jeu de Go.

 

Et puis au fil du temps, Hikaru finit par apprendre, par développer son style jeu, mais passe ainsi d'un niveau "divin" (qui fait qu'il a été remarqué par de nombreux joueurs) à un niveau plus basique avant de gravir petit à petit les échelons. Et forcément, le lien avec Sï se trouve changer, lui qui ne peut plus jouer que de manière épisodique.

 

Se pose ainsi la question du destin de ces deux personnages. Pourquoi se sont-ils rencontrés ? Est ce un hasard ? Quelle est la destinée de chacun d'entre eux ?

 

De nombreuses questions dont vous aurez les réponses en lisant les 23 tomes de cette série terminée.

 

C'est vraiment un petit bijou que je vous recommande grandement.

 

Par Maël.

http://invernizzi.flo.free.fr/HikaruNoGo/HikaruNoGo(22).jpg

 

 

 


 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 17:43

Le super-héros ultime … ou pas.

 

 

Scénario et dessin de Ben Fiquet

Éditions Delcourt

Série achevée en 4 tomes

2010 - 2012

 

http://www.benfiquet.com/uploaded_images/2010/02/feat_powa.jpg

 

Comme tant d'ados, Nathan doit jongler entre sa mère qui ne le comprend pas, les moqueries de ses camarades au lycée et un amour secret qu'il aimerait bien voir se concrétiser. Un jour, une fée lui propose de lui offrir un pouvoir magique, n'importe lequel. Pour bien choisir, il pourra tester un pouvoir différent par jour, jusqu'à ce qu'il trouve le bon. Un rêve devenu réalité ? Pas si sûr  …

                                       
Qui n'a jamais rêvé d'avoir un superpouvoir, surtout étant ado ? Oh allez, avouez-le, vous auriez voulu voler, avoir une force surhumaine, vous téléporter, lire dans les pensées… Eh bien l'auteur nous propose ici de découvrir ce que ça fait de pouvoir choisir un pouvoir, dont les seules limites sont celles de votre imagination. Seulement Nathan, notre héros, découvrira bien vite que ce n'est pas aussi idyllique que ça en a l'air. Entre les formulations pas assez précises et les pouvoirs qui demandent un certain entraînement avant d'être maîtrisés, nous allons suivre sa quête semée d'embûches du pouvoir ultime.

http://www.bede-news.com/public/images/vols/11999-29947.jpg

Il s'agit ici d'une série jeunesse, dont le personnage principal est un ado complexé. Nous allons donc suivre les tracas quotidiens de notre héros, de son amour secret pour l'une de ses amies à sa peur de passer pour un loser en sport, en passant par les interros qu'il ne faut pas rater et le dialogue quasi-inexistant avec sa mère. Certains pourront trouver qu'ils ont passé l'âge de lire ce genre d'histoires, ce n'est pas mon cas. J'ai toujours aimé lire les histoires de lycéens, probablement parce que je me retrouve souvent un peu là dedans. Toujours est-il que cette histoire-là n'a rien de banal, puisqu'il y est  tout de même question de magie. Pas le genre de truc qui aurait pu nous arriver étant ado donc. Dans un premier temps, Nathan va se dire que ces pouvoirs vont lui permettre de mettre fin à ses problèmes, mais il va vite déchanter. D'autant que la fée Chêne semble cacher quelque chose, qu'il devra découvrir pour comprendre ce qui lui arrive.

http://www.journaldemickey.com/var/mickey/storage/images/zapactu/toutes-les-zapactu/lecture/powa-tome-1-chene/powa-chene-page-33/78784-1-fre-FR/Powa-Chene-page-33_reference.jpg

Cela donne au final une histoire bien sympa, bourrée de situations qui parleront à de nombreuses personnes, le tout entouré d'un univers magique. J'ai personnellement trouvé la fin un peu rapide, tout cela aurait mérité un peu plus d'explications et un développement plus poussé. Autant le test des différents pouvoirs par Nathan et l'effet que ceux-ci peuvent avoir sur sa vie sont bien développés, autant les raisons qui poussent Chêne à faire tout cela sont expliquées de manière trop rapide selon moi. Powa n'en reste pas moins une chouette petite série, qui a le mérite d'avoir une conclusion et de ne pas s'éterniser.

 

 

 

Tome 1 : Chêne
http://www.journaldemickey.com/var/mickey/storage/images/zapactu/toutes-les-zapactu/lecture/powa-tome-1-chene/powa-chene-couverture/78781-1-fre-FR/Powa-Chene-couverture_reference.jpg 

Ce tome d'introduction nous présente la vie de Nathan et tout ce qui ne va pas. On y découvre sa famille, son lycée, ses amis, et bien sûr Chêne et sa formidable proposition. Après de nombreuses hésitations, Nathan se lance et choisit un pouvoir. Mais cela ne se passe pas comme prévu.


Tome 2 : Aurore
http://www.images-booknode.com/book_cover/2274/full/powa,-tome-2--aurore--2274432.jpg

Nathan commence à se rendre compte que cela ne va pas être aussi simple, d'autant qu'il sent que Chêne lui cache des choses. L'arrivée de sa grande sœur Aurore va atténuer  un peu ses problèmes, mais il doit à tout prix comprendre comment choisir et maîtriser ces pouvoirs.


 Tome 3 : Rivière
http://www.images-booknode.com/book_cover/2274/full/powa,-tome-3--riviere--2274452.jpg

Trouver le bon pouvoir et le maîtriser devient de plus en plus simple, mais à trop faire de mystères, Nathan s'éloigne de ses amis. Il va donc tenter de découvrir ce que Chêne lui cache.


 Tome 4 : Love
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Avoir un pouvoir, ce n'est peut-être pas si génial en fin de compte, Nathan s'en rend compte un peu tard. Il doit à tout prix tout arrêter avant de ne plus pouvoir faire machine arrière. Mais Chêne a bien l'intention de ne pas le laisser faire. 

 

Par Cathy.

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 18:27

J’entends le loup, le renard et le lapin.

 

Scénario de Alain Ayroles

Dessin de Jean-Luc Masbou

Editions Delcourt, collection "Terres de Légendes"

Série achevée en 10 tomes.

1995 - 2012

 

http://www.bdnet.com/img/couvpage/11/9910000031113_cg.jpg

 

                Quand adolescent j’ai commencé à lire de la bande-dessinée franco-belge, c’est en commençant par les succès commerciaux tels que Lanfeust de Troy. A l’époque, on m’avait conseillé une BD dite culte, De Cape et de crocs dont j’avais lu le premier tome. Je dois avouer avec honte qu’il m’avait laissé assez perplexe. L’histoire me paraissait peu claire (et oui, je ne lisais que de la fantasy donc forcément celle-ci était surprenante), les dessins trop originaux aussi (je ne comprenais pas bien le concept de personnifications de certains animaux alliée à des personnages humains traditionnels, et puis ici pas de fille à gros nichons se battant à l’épée) et les dialogues trop complexes pour moi. Ce n’est que maintenant, avec beaucoup de recul et davantage de culture, que je me délecte enfin de la lecture de cette série si originale. Il faut dire que les albums de fantasy de chez Soleil dorment paisiblement dans ma bibliothèque depuis l’adolescence et que je suis un peu passé à autre chose…

                De Cape et de crocs, et c’est ce que je ne comprenais pas au début, est une série légère, drôle et intelligente. Légère car son intrigue nous fait visiter volontairement plusieurs genres et sous couvert d’une trame classique, une fameuse quête, nous entraîne dans des péripéties invraisemblables et jubilatoires, comme un très bon récit d’aventures. Drôle car les personnages sont très marqués et stéréotypés, et les références pleuvent dans chaque album, toujours amenées avec brio (j’adore par exemple le renard qui dans le tome 2 râle au sujet de l’albatros dont « les ailes de géant l’empêchent de marcher »). Sans compter sur les runnings-gags qui durent pendant toute la série : les « que diable allait-il faire en… », les « mes dents, je suis édenté ! » et toutes ses variantes, ou encore l’histoire d’Eusèbe avant les galères. Intelligente enfin, sur le plan de ces références, extrêmement nombreuses, et sur les textes d’Ayroles, purement géniaux. Certaines planches sont entièrement écrites en alexandrins et si ça emmerdait un peu l’adolescent que j’étais, ça amuse et impressionne totalement l’adulte que je suis (et accessoirement aussi le prof de français…).

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQDZ4stO2wGUPcC6cOKM6JaH87THWWHNECUMQZmOjDVInSBN5T7Rr8BYQ22lQ

 

                D’ailleurs, le prof de français que je suis ne cesse de s’enthousiasmer à la lecture de cette série sur toutes les références proposées. Dès le tome 1 (et la présentation des coffrets de la série le confirme), l’histoire est présentée comme une pièce théâtrale, avec actes, entractes, des apartés parfois, et des cases étonnantes, au début du tome 3 par exemple, où l’on voit les personnages répéter leurs textes ! Avec les dialogues écrits à coup de génie, l’impact littéraire de cette BD est très clair, d’autant plus qu’elle pastiche allégrement et très efficacement la comédie de Molière, les fables de La Fontaine, les récits d’aventure et d’exploration (pirates, naufragés), la science-fiction (des références à Jules Verne sont glissées un peu partout), et l'utopie avec une inventivité folle autour de la civilisation sur la Lune.

             Le scénario et les textes sont donc un énorme point fort pour cette série, mais il serait indigne de ne pas préciser que le dessin n’a rien à leur envier. Masbou nous livre un travail graphique des plus raffinés. Le trait est à la fois comique et terriblement impressionnant, et parvient à proposer des cases et des planches touchant à la perfection. Je trouve cependant pour ma part qu’au fil de la série l’encrage a tendance à être trop prononcé et manque de discrétion. Mais c’est un détail, car tout le reste invite à l’admiration la plus humble : les animaux personnifiés présents dans l’intrigue sont extrêmement bien représentés, ainsi que les décors et les détails. Bref, tout est excellent et me permet maintenant de comprendre pourquoi cette série est, avec justesse, une série culte.

 

http://errance.eternelle.free.fr/Images/mondes/capes_crocs_2.jpg

 

http://www.babelio.com/couv/5953_760609.jpegTome 1 : Le secret du janissaire

                Comme par hasard, l’histoire s’ouvre sur une scénette de théâtre de rues… On fait donc la connaissance des deux héros, Mauperthuis le renard inspiré du Roman de Renart, friand d’alexandrins, et Don Lope, l’hidalgo espagnol obéissant à un code de l’honneur des plus nobles. Ces deux personnages rendent totalement hommage aux stéréotypes de la littérature classique, et avec brio. Ils feront la rencontre de personnages que Molière n’aurait pas reniés, tels la bohémienne Hermine ou l’avare Cénile, ou encore de personnages sortis de romans d’aventures comme Kader ou Mendoza.

                Et puis, il y a Eusèbe, l’hilarant et si mignon lapin. Qui nous fait vraiment nous demander que diable était-il allé faire dans cette galère…

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/decapeetdecrocs02.jpgTome 2 : Pavillon noir

                Avec ce tome, ce sont clairement les aventures de piraterie qui sont parodiées (mais peut-on vraiment parler de parodie quand l’hommage est si humble ?). Avec le capitaine Boone et son équipage de joyeux et terribles pirates, les références sont claires. Sans parler des monstres marins, de l’Atlantide ou même du Hollandais Volant…

                Les personnages et leurs caractères ne cessent de nous attacher (mention spéciale à la rivalité entre Don Lope et le maure, rendant astucieusement hommage à Corneille). Je mentionne au passage la superbe scène de course-poursuite multiple dans les rues de Malte, leçon de scénarisation et de lisibilité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://ic.pics.livejournal.com/ys_melmoth/12964445/577638/original.gifTome 3 : L’archipel du danger

                Nos joyeux compagnons (mais pas tous, snif…) rejoignent le fameux archipel où les attendent de terribles dangers. L’histoire se fait maintenant hommage aux récits de naufragés, ainsi qu’à la science-fiction avec ce personnage de l’inventeur fou perdu sur une île déserte.

                Les auteurs continuent le périple de leurs nombreux et fameux personnages et leurs aventures abracabrantesques racontées sur un rythme enjoué et dynamique. Les références et traits d’esprit sont toujours là pour faire tout le charme de la série.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.elbakin.net/fantasy/modules/public/images/livres/livre-le-mystere-de-l-ile-etrange-929-4.jpgTome 4 : Le mystère de l’île étrange

                Les héros explorent l’île et le fameux cratère censé être au centre de l’intrigue. On y fera la connaissance d’un peuple de mimes étrange…

                Cette fois-ci, le tome est clairement une référence au roman d’exploration. Je me dois de mentionner d’ailleurs la magnifique scène des perroquets, un chef-d’œuvre d’humour et d’imagination selon moi.

                Je suis un peu moins enthousiasmé par la fin et la rencontre avec les habitants de ce curieux volcan. Bien que l’aspect théâtral et la certaine mise en abyme qu’il impose m’ont réjoui, bien que les références à la commedia dell’arte et à Molière m’aient amusé, je ne suis pas fan du choix fait par Ayroles pour prolonger les aventures de nos héros… J’en parlerai dans les prochains tomes !

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.coinbd.com/img/couvertures_big/de-cape-et-de-crocs-tome-5-:-jean-sans-lune-875.jpgTome 5 : Jean sans Lune

                On nous présente un personnage important : le prince Jean. On en apprend au passage clairement plus sur les Sélénites, ce fameux peuple rencontré dans le tome précédent, et on connaît enfin l’origine des cartes au trésor des premiers tomes. On assiste aux retrouvailles jouissives de tous les personnages. Les dialogues sont comme toujours tout-à-fait excellents mais il n’empêche qu’au niveau du scénario, j’avais tendance à préférer les premiers tomes, l’histoire des Sélénites me paraissant beaucoup moins enthousiasmante et rythmée.

                Côté références, on se délectera d’un Cri de Munsch bien placé. Hors de la littérature, beaucoup de références à la cour du Roi au XVIIème siècle, dont les mondanités désuètes vont bien à nos personnages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://sylectures.files.wordpress.com/2013/05/de-cape-et-de-crocs-6.jpgTome 6 : Luna Incognita

                Après le passage un peu mou dans le cratère du volcan, nos héros débarquent enfin sur la Lune ! Masbou s’y donne à cœur joie dans les décors et les ambiances (la couverture, la moins belle de la série, ne le montrait pas forcément, mais les pages sont magnifiques) et Ayroles s’amuse à construire totalement l’univers de ce nouveau monde à explorer, marqué par l’œuvre de Monsieur de Bergerac qui avait à l’époque décrit l’utopie lunaire. Cailloux attachants, montures-canards, carneval rabelaisien : tout est là pour nous divertir et nous amuser, les mots d’ordre de la série.

                Côté références, j’aime beaucoup la fameuse bobinette qu’on ne verra jamais, ou le deuxième engin pour atteindre la lune que Jules Verne n’aurait pas renié. La série reprend clairement du poil de la bête, ou plutôt des bêtes.

 

 

 

 

 

 

 

http://ic.pics.livejournal.com/ys_melmoth/12964445/578586/original.jpgTome 7 : Chasseurs de chimères

                L’Aventure avec un grand A reprend donc totalement dans un nouveau contexte de découvertes et de bizarreries : la lune ! Tous les Terriens s’adaptent donc à cette nouvelle situation et choisissent leur camp, et c’est un plaisir de voir tous nos personnages se rencontrer avec plus ou moins de déplaisir. L’aventure les amène à traverser les territoires des terribles Chimères pour atteindre le fameux Maître d’Armes, dont on nous parle depuis deux tomes afin d’enjoliver avec brio le personnage.

                Le tome commence sur une rixme : une sorte de battle d’alexandrins dont je ne me remets toujours pas tant Ayroles a du talent (l’hémistiche final de Maupertuis est à pleurer !). Il faut dire que la poésie est la monnaie de ce monde : on paie en sonnets et on lance un poème pour pile ou face… La scène de la fontaine fait magnifiquement référence au grand fabuliste et la loufoquerie des règles de ce monde amuse totalement (cf la fin, pour arriver au château du maître d’armes). Bref, du grand De Cape et de Crocs, que demander de plus ?

 

 

 

 

 

 

http://library.dismissed.fr/covers/25963095-2FC8-4C6C-817C-E1E816AA8AB8-180.pngTome 8 : Le maître d’armes

                On  fait enfin la rencontre de ce fameux maître d’armes. Moi qui craignais l’apparition aussi tardive d’un nouveau personnage principal, j’ai été contredit par l’intégration très efficace de ce personnage dans l’univers de la série. Je laisse sous silence l’identité de ce personnage, référence même pas déguisée à la littérature, mais je signale juste combien ses dialogues avec Armand sont délicieux.

                Encore un tome bourré de références (j’aime beaucoup le Radeau de la Méduse, par exemple). Mais le tome nous donne aussi l’occasion d’apprécier l’extraordinaire travail fait sur la colorisation : on l’avait déjà remarqué dans les tomes précédents, mais c’est ici flagrant entre le style de la forteresse de cristal du maître et la scène de bataille finale.

 

 

 

 

 

 

http://www.decape.askell.com/Images/Albums/t9.jpgTome 9 : Revers de fortune

                A la fin du précédent tome, et à la vue de la couverture de ce tome, on en vient à se demander si les auteurs n’ont pas voulu intégrer quelque émotion à leur œuvre. Je vous laisse l’occasion de découvrir la réponse par vous-même, mais cette inquiétude au sujet du sort d’un des personnages m’a étonné, pour une série que je pensais plus légère.

                Ce tome marque clairement la fin de l’intrigue principale, mais avec une tonalité quasi tragique qu’on ne lui connaissait pas. Bon, certains détails comme les déguisements d’Eusèbe permettent clairement de dédramatiser la situation, avouons-le. Mention spéciale aux trafiquants contrepétuns, qui m’ont fait hurler de rire. On comprend depuis quelques tomes que la Lune a différents territoires marqués par des figures de style ou des effets littéraires : indéniablement, ces adeptes de la contrepèterie en sont l’exemple le plus marquant et le plus réussi selon moi.

                Tous les personnages sont ici rassemblés pour résoudre l’intrigue avant le tome de « situation finale », et c’est comme toujours un plaisir que de suivre ces aventures bourrées de références et d’inventivité.

 

 

 

http://blog-picard.fr/bulles-picardes/files/2012/04/Cape10-couv.jpgTome 10 : De la Lune à la Terre

                Comme dans beaucoup de drames, le dernier acte présente une sorte de situation finale après la résolution des intrigues principales. Ici, tout est joué par rapport aux guerres de clans ravageant la lune, et ce tome prend plutôt en considération l’avenir des personnages.  Les amateurs d’aventures le trouveront peut-être un peu vide, mais personnellement j’ai beaucoup apprécié les conflits d’honneur et la résolution des histoires d’amour, même si l’identité de Séléné ne faisait aucun doute et même si j’ai trouvé la querelle entre les deux personnages principaux traitée un peu trop rapidement. Bombastus a ENFIN son heure de gloire et c’est assez drôle, Eusèbe ne parvient toujours pas à se faire entendre et c’est toujours drôle, enfin le tout est toujours très bien mené et c’est très agréable à lire.

                Une conclusion logique (et encore une fois totalement dans la lignée des hommages à la culture littéraire classique) à une série extrêmement bien

menée, intelligente et drôle.

 

 

 

 

 

 

http://www.decape.askell.com/Images/2heros.gif

 

Par Robert Mudas.

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Published by Robert Mudas - dans Bande dessinée
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