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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 07:30

Un enfer qui ressemble au paradis

 

Groupe : Bettens

Avec :

Sarah Bettens – Chant, guitare, basse, percussions

Gert Bettens – Chant, guitare, basse, ukulélé, harmonica, percussions

Reinout Swinnen – Clavier, chœurs, percussions, programmation

 

Album : Waving at the sun – 2013

Documentaire : Beyond The Challenge – 2013

 

 

 


   Fondateurs du groupe de pop rock K's Choice, les deux belges Sarah et Gert Bettens nous proposent ici un projet un peu particulier, puisqu'ils ont enregistré la bande originale d'un documentaire sur une expédition en Antarctique. Accompagnés de Reinout Swinnen, un autre membre de K's Choice, ils décident d'appeler ce nouveau groupe Bettens, tout simplement. Ce changement de nom a été décidé car ce projet est un peu différent de ce que propose K's Choice, mais que les fans se rassurent : un nouvel album de K's Choice sera enregistré cet été.

 

http://beyondthechallengemovie.be/wp-content/uploads/2013/09/Small_MG_5895.jpg

 



Le documentaire
:
  Beyond The Challenge nous montre le défi un peu fou des deux explorateurs belges Dixie Dansercoer et Sam Deltour : réaliser la plus longue expédition non motorisée et sans ravitaillement en Antarctique. Après un faux départ en raison de conditions insurmontables, les deux explorateurs réussissent finalement à établir un nouveau record du monde après un périple de 5013 km en 74 jours, traînant tout leur matériel avec pour seul moteur le vent. Le documentaire a également été réalisé afin de sensibiliser le public au problème du réchauffement climatique. Pendant un peu plus de 2 heures, nous allons donc suivre cette expédition de très près, souffrant et nous émerveillant avec les deux explorateurs, comme si nous y étions.

 

http://www.dailybits.be/wp-content/2012/10/beyondthechallenge.jpg

 

 


L'album
:
   Waving at the Sun se compose de 12 morceaux, aux tonalités très différentes. Certains morceaux sont purement instrumentaux, tels que Away, qui mélange la douceur du xylophone à la puissance du tambour, ou encore Dark Day, très doux, entièrement au piano. D'autres sont plus pêchus, tels que Surrender, premier single tiré de cet album, qui se rapproche plus de la musique de K's Choice. De nombreux instruments ont été utilisés pour réaliser cet album, et chacun y amène quelque chose. Des effets sonores ont également été ajoutés ici et là, comme le son de pas marchant dans la neige ou encore le sifflement du vent, qui nous aident à facilement nous imaginer sur ces grandes étendues froides et blanches. Les paroles retranscrivent elles aussi l'atmosphère du documentaire, de même que certains titres de morceaux, tels que The sound of nothing, We are glaciers, ou encore Hell like Heaven. On sent donc que cet album n'a pas été estampillé bande originale sans raison et que le groupe a suivi de près cette expédition afin de s'en inspirer pour composer l'album. J'ai d'ailleurs écouté l'album bien avant de voir le documentaire et je n'ai eu aucun mal à m'immerger dans cet univers.

 

http://www.bettens-music.com/press/Bettens12BW.jpg

 

 


Le concert
:
   Qui dit nouvel album dit évidemment nouvelle tournée, et j'ai été ravie de pouvoir assister au concert donné à Paris le 9 janvier dernier, au Trianon. Il faut dire que je suis activement K's Choice depuis leurs tous débuts et que je trouve la voix si particulière de Sarah Bettens époustouflante. Initialement prévu le 25 septembre 2013, le concert a dû être repoussé, ce qui m'a largement laissé le temps de découvrir et d'apprécier l'album. Dès le début, Sarah Bettens a rassuré le public en affirmant qu'il y aurait également des morceaux de K's Choice. Le concert étant en acoustique, cela nous a ainsi permis de redécouvrir certains morceaux du groupe, tels que le très célèbre Not a addict, que personne n'avait reconnu aux premières notes. Les morceaux de Bettens étaient quant à eux plus proches de ceux de l'album, mais on ressentait encore plus toute la puissance des instruments, notamment ce tambour, qui faisait presque trembler la salle et m'a un peu rappelée le concert de Woodkid. Le public était plutôt calme pendant les morceaux, ce qui permettait de réellement apprécier la musique. Le groupe a ainsi enchaîné les morceaux, alternant ceux de Bettens et ceux de K's Choice, et incorporant même un morceau de Sarah bettens et deux reprises. Le public a été sous le charme du groupe pendant toute la durée du concert, et ce dernier n'est pas resté insensible à l'accueil chaleureux qui leur a été fait.

 

 

 

Setlist :

01. See (Bettens)
02. Away (Bettens)
03. Surrender (Bettens)
04. Show Me How It’s Done (K's choice)
05. Daddy's Gun (Sarah Bettens)
06. Another year (K's Choice)
07. White Out (Bettens)
08. Yellow (reprise de Coldplay)
09. I wanna get lost (K's Choice)
10. Waving at the sun (Bettens)
11. Hell like heaven (Bettens)
12. Lonely boy (reprise de The Black Keys)
13. Shadowman (K's Choice)
14. Not an addict (K's Choice)
15. 16 (K's Choice)
16. Favorite adventure (K's Choice)
17. If this isn't right (K's Choice)
18. Letting go (Bettens)
19. The sound of nothing (Bettens)
20. We are glaciers (Bettens)


 

 

Par Cathy.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 12:20

Article musical "explicit lyrics"

Artiste : GiedRé

Album : Mon premier album avec d'autres instruments que juste la guitare


http://www.volubilis.net/festivals/armor_a_sons_2011/giedre/giedre_07.jpg

 

S'il est vrai que j'ai essayé lors des articles précédents de vous présenter des artistes plutôt originaux (en tout cas pour moi), je pense ne pas pouvoir faire plus ... barré que celle dont je vais vous parler aujourd'hui.

Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, GiedRé (oui c'est un vrai prénom) est une chanteuse d'origine lituanienne, originaire de la ville de Vilnius et arrivée en France à l'âge de 7 ans.

Après avoir fréquenté le cours Florent notamment, elle se lance dans la musique en 2010, dans un petit bar en bas de chez elle, développant un univers atypique qui lui permet d'être repérée par Raphaël Mezrahi, qui la choisit pour faire sa première partie.

S'en suivent quelques invitations de Laurent Baffie à la radio, puis un premier album en autoproduction en 2011, et le début des tournées.

Puis un autre album, et un autre, et encore un autre, donc, qui est sorti le 21 Janvier 2014.

Voilà pour le décor, ou la bio.

 

Reste donc à développer le travail de cette charmante demoiselle, son univers donc ...

Si vous avez toujours en mémoire les références citées plus haut (Baffie et Mezrahi), vous devez vous douter que GiedRé ne doit pas faire dans la très grande chanson commerciale et populaire.

On serait plutôt à l'opposé, même ... si elle devait être la fille "de", elle pourrait être l'enfant cachée d'Yves Duteil et de la bande d'Elmer Food Beat, le premier pour le côté petite musique douce et guitare sèche, et le deuxième pour l'aspect trash des paroles.


 

Je la pense même plus cash ... il n'y a qu'à regarder le titre de ses chansons pour s'en convaincre :

- La vie c'est de la merde

- Toutes des putes

- On fait tous caca

- Pisser debout

Alors cela peut paraitre très "scato" et faire craindre une certaine lassitude assez rapidement ... j'avoue que ce fut d'ailleurs mon cas quand Robert Mudas m'a fait découvrir cette chanteuse. Les premières chansons très orientées "sexe" notamment sont marrantes au début et puis bon, une fois l'effet de surprise passé ... j'avoue être passé à autre chose.

 

Sauf que son répertoire ne se résume pas à cela et qu'elle a, sur les derniers albums notamment, développé un œil critique et très franc sur le monde qui nous entoure, écrivant des textes honnêtes, sombres, et sans concession.

On trouve pêle-mêle une ode à la contraception, qui permet d'éviter "de les étouffer, de les noyer ou de les congeler", l'aventure de la bande à Jacky, groupe d'handicapés/marginaux (myopathe, bossu, etc.) qui partent voir les putes, un hymne aux femmes de dictateurs/violeurs/tueurs en série ...

Tout cela est très finement écrit, oscillant entre le réellement drôle et le plus que limite, ce qui donne un mélange agréable ou l'on rit tout en étant presque gêné de rire tout comme on est surpris de voir que toutes ces paroles que beaucoup n'oseraient pas prononcer sortent de la bouche de cette petite demoiselle blonde dans sa petite robe à fleur, à qui l'on donnerait volontiers le bon dieu sans confession.

 

 

On retrouve d'ailleurs ce cocktail détonnant dans son dernier album.

GiedRé nous propose ainsi une très belle ballade avec "mon petit chat, mon petit loup", au refrain tellement romantique ("Entre nous mon petit chat mon petit loup, tu ne crois pas que pour ce tu veux, une pute se serait mieux"), mais aussi "les poupées" qui raconte le parcours d'une poupée gonflable, ou encore son dernier tube "Toutes des putes".

L'album est très bon je trouve, bien que trop court.

La version normale ne comporte que 7 titres, même si les gens qui, comme moi, l'ont précommandé ont pu atteindre le nombre respectable de 11 chansons.

Rassurez-vous, le prix est en conséquence, et le téléchargement numérique ne vous coûtera que 6 € à peine.

Et pour à peine plus cher, vous pourrez peut être aller la voir en tournante (oui elle ne fait pas de tournée, mais des tournantes ... toujours dans la finesse) pour assister à un véritable petit spectacle avec mise en scène, mini sketch, etc.

Un grand moment de rire garanti, et une artiste qui mérite vraiment d'être plus connue.

 

Une poupée punk !

 

Par Maël.

 

Je profite de cet article pour faire un peu de teasing : le 3 février sortira l'album de l'année 2014 ... ou en tout cas le meilleur premier album de l'année (je garde une petite marge de manœuvre). Il s'agit en effet de la date de sortie du premier (double) album de FAUVE, le fabuleux groupe/collectif roi du spoken word qui enflamme les scènes et les sites communautaires depuis quelques mois/années.
Notez cela sur vos agendas, s'il est à l'image que leur EP, par exemple, cela devrait être assez énorme. On en reparle ici ... bientôt. ;)

 

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 18:09

Le petit bonhomme en bois ...

Album : The Golden Age

Label : Green United Music

 

http://bretagne.france3.fr/sites/regions_france3/files/styles/top_big/public/assets/images/woodkid.jpeg?itok=2YaetX20

Un célèbre cowboy expliquait dans un film qui ne l'est pas moins qu'il y a 2 catégories de personnes : ceux qui ont un pistolet, et ceux qui creusent.

Dans la musique comme dans le cinéma, il y a deux catégories d'artistes : les laborieux (qui touchent parfois le fond, à forcer de creuser) et ceux qui sont touchés par la grâce.

L'artiste dont je vais vous parler est clairement à classer dans la deuxième catégorie, tant sa musique va selon moi marquer son époque.

Woodkid, de son vrai nom Yoann Lemoine, s'est d'abord fait connaitre comme clippeur.

Originaire de Lyon, né en 1983, il est avant tout un artiste de son temps, moderne, mélangeant une formation en conservatoire et un apprentissage autodidacte de la musique (par exemple sur Playstation avec le jeu Music), nourri à la source musicale du Web, de MTV, des influences bien souvent mainstream.

Et malgré cela, sa grande force aura sans doute été de digérer l'ensemble et d'en faire une production hautement personnelle et terriblement originale.

De sa formation artistique (école d'art à Lyon), il a saisi l'opportunité de travailler avec Besson (mais pas trop longtemps apparement), puis dans le milieu de la musique, ce qui lui a permis de réaliser des clips, d'abord pour Yelle, puis ensuite pour des artistes tel que Lana Del Rey, Katy Perry ou Moby.

Ses clips, c'est par là.

De son propre aveu, ces années et ces expériences lui ont permis d'apprendre le fonctionnement du monde de la musique. Et lorsqu'il a eu l'envie de faire un projet plus personnel, il a utilisé tous les moyens modernes pour pouvoir conserver sa liberté et faire son album à sa manière.

Son premier clip tiré de Golden Age a ainsi été largement diffusé sur Facebook, gagnant en notoriété à chaque partage et permettant à de plus en plus de gens de découvrir sa musique hors norme.

Car oui, la musique de Woodkid est atypique.

Bien loin des tendances électro qui font la réputation des artistes français, Woodkid s'appuie sur une orchestration presque classique, utilisant notamment des percussions et des cuivres de manière à retranscrire un maximum d'émotions, des émotions qui passent également par sa voix. 

À l'écouter, on a l'impression d'avoir une bande originale de film et ce sentiment est renforcé lorsque l'image vient compléter la musique.

Les clips de Woodkid sur The Golden Age sont presque des courts métrages. Ils racontent une histoire tantôt triste, tantôt violente, tantôt épique ...

Tout en noir et blanc, d'une élégance folle, ils nous font aimer en quelques minutes ces personnages dont on ne connait rien si ce ne sont ces quelques instants, sans doute parce que l'artiste ne conçoit pas la musique sans l'image. Et c'est aussi ce qui fait sa force. Il est "multi média".

Clairement, je trouverais scandaleux qu'il ne soit pas présent dans la sélection des meilleurs clips des Victoires de la musique, par exemple (avec "Eolienne", de Gaëtan Roussel) et/ou dans la révélation de l'année.

Mais pour cela, encore faudrait il que les Victoires de la musique aient un sens, mais c'est un autre débat.

Bref, pour revenir à Woodkid, d'un point de vue artistique, je ne vous conseille pas, je vous ordonne d'écouter The Golden Age, album de l'année 2013 sans aucune hésitation.

Filez sur Youtube vous faire une idée. Et si l'ensemble vous plaît, intéressez vous à ce "petit bonhomme" que je trouve très touchant, très honnête dans sa démarche. On est loin des stars habituels, des morceaux ou des albums formatés. 

J'ai choisi d'occulter volontairement certains points de sa bio ou de sa carrière (comme l'origine de l'influence de la culture slave sur son travail, par exemple) afin de laisser une part de mystère.

Pour ne rien vous cacher, dans un mois, j'aurai le plaisir de le voir en concert et j'attends ce moment avec une grande impatience, parce que de ce que j'ai pu voir, il apporte un soin particulier à ses lives.

Je m'attends donc à passer une excellente soirée, et je vous souhaite d'en faire de même à l'écoute de ce très très bon premier opus.

Un album culte que je pense écouter pendant de très nombreuses années.

 

Par Maël.

 

PS : je n'ai pu résister à l'envie de vous mettre ce qui est le plus beau morceau de l'album, "Conquest of Spaces". Si nous n'aimez pas, je ne vous parle plus.

Allez un petit dernier pour la route :

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 11:13

Les androïdes rêvent de guitare électrique

 

janelle monae PMVH L150709

 

Artiste Nord americaine

Maison de Disque : Bad Boy Records / Atlantic Records.

 

Janelle Monae est une jeune chanteuse originaire de Kansas City au Kansas (USA), à peine âgée de 28 et qui a déjà 3 galettes à son Actif.

 

Elle a commencé sa carrière aux côtés d'Outkast et fut vite repérée par Sean Combs (Puff Daddy)

qui lui permettra de produire en 2007 son premier EP.

La Machine « Monae »  est lancée avec Le magnifique «  METROPOLIS:Suite I (chase) »

janellemonae-02-big

METROPOLIS : Suite I : 2007

 

Premier EP de la demoiselle, celui ci va poser les premières pierres de son œuvre.

Car ici on peut véritablement parler d'oeuvre.

 

L'histoire de Cindy Wayweather son homologue dans un futur hypothétique, peuplé d’androïdes, de flics à la solde du gouvernement qui pourchassent ces machines qui penseraient un peu trop.

Son univers fait directement écho à des œuvres comme  Metropolis de Fritz Lang , « 
Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » de Phillipe K.Dick.

Des oeuvres d'anticipation qui posent les mêmes problématiques de la survie de l'humanité face à la technologie. L'homme face à sa propre création, l'amour, la peur de l’inconnu.

Bref. Sur ce premier opus vous n'aurez que des perles de SOUL RnB, la vraie comme ça faisait bien longtemps qu'on n'en avait pas entendu. Avec des riffs de guitare entêtants et efficaces.

Ses textes sont percutants, et ont une dimension à la fois personnelle, et en même temps universelle ainsi que certains morceaux qui se révèlent plus épiques.

 

Effet renforcé par le soin apporté à la transition entre les différentes pistes.

 

Pour ce petit EP elle sortira un Clip « Many moon » qui est un véritable court métrage dans la lignée des premier clips de Micheal Jackson. A découvrir absolument.

 


 

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THE ARCHANDROID : Suite II & III :2010

 

J'avais été séduite a l'époque par l' EP et j'attendais beaucoup de cet album. Et bien pas déçue ! On y retrouve tout ce qui avait fait le sel de son EP : histoire, son, chant.

 

Bref. La demoiselle prend des risques, s’éloigne de ses zones de confort avec des titres comme

« Come Alive » qui pour moi l'assoit résolument en tant que Punk dans le sens historique du terme.

 

Car oui Janelle au delà des son univers décalé, a participé à la création d'un mouvement d'artistes dans sa ville natale, la « WONDALAND society », mouvement qui préfère prendre ses sources d'informations dans les comics et les chansons, films etc. que d'écouter les médias traditionnels qui voudraient nous imposes une vision unilatérale des choses.

 

Bref le personnage fascine tout autant que son univers .

 

La production musicale est assez étonnante, mais excellente et sur cet opus on passe de musique

épique, dansante, à des balades groovy avec quelque morceaux plus rock.

Plusieurs fois en écoutant cet opus je me suis fait la réflexion sur quelques morceaux qu'elle était à la limite du cliché et du RnB bas de gamme, mais un sursaut inattendu venait réhausser le tout, du pur génie.

 

Elle illustre également son amour pour les œuvres plus classiques avec des intros ou interludes musicaux directement inspirés d’œuvres comme Debussy.

Je citerai également son morceau de clôture « BabopByeYa », morceau aux multiples changements de ton et de rythme qui permet à la belle de mettre son organe a rude épreuve et surtout de nous tenir en haleine pour accueillir la suite de son aventure...

 

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THE ELECTRIC LADY : suite IV & V : 2013

 

Avec ces deux premiers opus, autant vous dire que je guettais avec une certaine fébrilité le prochain

bébé de notre « androïde » .

Ce dernier est arrivé enfin cette année . Avec comme premier single Q.U.E.E.N .

 

Rien qu'à la vue du clip, j’étais complètement comblée : rap acidulé comme il faut en fin de morceau, un duo avec madame Erykah Badu, un riff de guitare entêtant qui a fait sa marque de fabrique.

Puis l'album est enfin devenu disponible sur les différents sites de partage.

 

Intro qui claque, et nous ramène dans l'ambiance des précèdents opus. Premiers morceaux en duo avec Prince (excusez du peu ) qui envoie un groove du tonnerre.

 

Après malheureusement, l'album se retrouve un peu en demi-teinte. Certains morceaux sont pour moi clairement en dessous du génie des 2 premiers opus. Et d'autres sont encore une fois magistraux.

 

Bref après plusieurs écoutes j'arrive à me laisser habiter de nouveau par le même enthousiasme que j'avais développé pour les 2 premiers albums.

Le concept est toujours là, et chaque morceau est tout de même très bien produit. Les chants sont propres techniquement. Mais peut être justement un peu trop lisses.

Mais l'histoire suit son cours et je suis pressée d’accueillir dans les prochaines années un nouvel opus de la demoiselle électrique.

 

Mais s'il y a une chose que je n’enlèverais pas à la miss c'est sa verve, sa fougue a vouloir délivrer au monde sa fresque épique, digne d'un vrai opera rock.

13-janelle-monae-grand-opera-house-macon-4577-whaun

En concert, elle est une tigresse non apprivoisée qui donne toutes ses tripes, entourée de son ensemble de musiciens parfait au couleur coton club classe et énergique.


Un Véritable phénomène qui ne s'encombre pas du regard de la critique, trace son bonhomme de chemin et livre des albums ainsi que des concerts de grande qualité, honnête et dans l'industrie de la musique actuelle ça fait un bien fou.

16-janelle-monae-grand-opera-house-macon-4553-whaun

 

 

Donc si vous en avez marre de la soupe Rnb actuelle, envie d'un peu de folie, d'entendre une histoire, découvrir un personnage haut en couleur ou tout simplement de satisfaire un peu votre curiosité de musico-phile, foncez sur ses albums.
Et surtout allez découvrir ses clips d'une extraordinaire esthétique au vu des horreurs de vidéo clip qu'on nous pond actuellement.


 

Et surtout n’oubliez pas d'aller consommer la musique en live, elle en vaut plus que le coup.

 

 

ps : Si vous voulez découvrir en intégralité sa discographie une petit playlist grooveshark spécialement édité pour vous ^^ : http://grooveshark.com/#!/playlist/Janelle+Monae+Archandro+de/90728322

 

 

 

_Darkim Lain__ Fin de transmission ****

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 19:40

Les anglais parlent aux français …

Album : If you wait

Label : Metal & Dust Recording

 

London Grammar est un trio anglais constitué de Hannah Reid, Dot Major et Dan Rothman.

http://www.lesconnardsenrayban.fr/wp-content/uploads/2013/05/377636_515004201872328_2062827146_n.jpg

Leur musique est souvent classée dans des styles différents suivant les sources, tantôt trip-hop, tantôt indie, voire indie-pop … pas toujours très simple de s’y retrouver mais à la limite, peu importe, ce qui compte réellement ce n’est pas la case, mais la musique.

Et cette musique est plutôt très agréable, il faut bien le dire (en même temps, si ce n’était pas le cas, je n’en parlerais pas).

Ces 3 jeunes anglais (moyenne d’âge de 22 ans) se sont rencontrés en 2009, à l’université de Nottingham, un peu par hasard, un peu grâce à Facebook. A la recherche d’une chanteuse, Dot et Dan, tous deux musiciens, ont eu la chance de tomber sur une photo d’Hannah guitare en main.

Tentant leur chance (leur motivation réelle reste un peu floue, et l’on comprend pourquoi quand on voit le physique de la demoiselle), l’affaire (musicale) fut finalement conclue après qu’ils eurent écouté les premières vocalises de la jeune fille.

Car la belle blonde possède une sacrée voix, profonde dans les graves, limpide et claire dans les aigus, pleine de sensibilité … une voix que l’on n’oublie pas facilement, qui marque les esprits et s’accorde parfaitement aux arrangements et aux compositions du groupe.

L’ensemble donne une musique légère, s’appuyant tout à tour sur un combo piano-percussions, sur une orchestration plus électronique, etc … un joyeux fourre-tout dont l’unité est justement assurée par la voix d’Hannah Reid.

 

 

Coté inspiration, le trio cite souvent Fleetwood Mac, Eurythmics, Talk Talk et Portishead. C’est d’ailleurs ce dernier groupe qui se rapproche le plus de leur production.

Alors soyons clair, vous risquez sans doute de tomber sur des critiques dithyrambiques en parcourant le web. « London grammar » semble être « le groupe du moment », la sensation, surtout dans le petit microcosme de la presse spécialisée, notamment underground.

Pour ce qui me concerne, je trouve l’album bon. Ce qui est déjà bien. Mais je n’en ferai pas non plus un album culte, loin de là.

Pour l’instant, à mon humble avis, c’est un très bon premier album d’ambiance. Pas de tube interplanétaire, leur musique ne s’y prête peut être pas d’ailleurs, mais quelques très bons titres et pas forcément dans les singles.

A « Waisted my young years » ou « Strong », je préfère « Flickers », « Nightcall » (très belle reprise de la B.O. de Drive) … « When we were young », un peu jazzy, est aussi un titre agréable, où la voix d’Hannah prend toute son ampleur sans tomber dans l’excès.

Sur Youtube, en fouinant un peu (allez je vous mets le lien en dessous, je suis bon prince), on peut dénicher une superbe reprise de Chris Izaac qui prouve que ces jeunes gens peuvent encore s’améliorer en terme de composition, mais que le potentiel est bien présent.

 

 

Il est d’ailleurs intéressant de constater que le groupe a mis du temps avant de trouver son public, y compris en Angleterre. Gageons que la suite sera encore meilleure, car pour un coup d’essai, cela reste quand même un coup intéressant, sans forcément être de maître.

Toujours est-il que si vous cherchez un album à écouter au fond d’un canapé, avec un feu de cheminée, un bon livre ou une bonne BD dans les mains, vous pouvez tenter l’aventure « London Grammar ».

En tout cas, moi je vous le conseille.

 

Par Maël.

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 08:58

Girl power ... si si  ...

Artiste : Théodore, Paul & Gabriel

Label : Belleville Music

http://www.lacoope.org/sites/www.lacoope.org/files/styles/420x260/public/concerts/01-2013/theodorepaulgabriel.jpg

Théodore, Paul & Gabriel est un groupe de pop folk qui a sorti son premier album "Please Her Please Him" en octobre 2012 et commence depuis à se faire connaitre, doucement mais sûrement.

Malgré la masculinité certaine du nom du groupe, il s'agit en fait initialement d'un trio féminin composé de Clémence Gabriel (Chant/guitare), Pauline Thomson (Chant/guitare) et de Théodora de Lilez (Choeur/Basse) auquel est venu s'ajouter Benjamin Collin (Batterie).

Malgré leur jeune âge, leurs influences sont plutôt à chercher vers les années 60/70, avec des artistes tels que Neil Young, Patti Smith, ou Bob Dylan ... asssurément pas les plus mauvaises que l'on puisse revendiquer.

Et force est de constater que les 3 demoiselles en font bon usage.

Précédé par 2 EP ("Silent Veil" en 2011 et "The 95 champ street sessions" en 2012), "Please Her Please Him" est un petit bijou d'homogénéité.

C'est bien simple, il n'y a rien à jeter dans cet album. Si l'on retiendra surtout les excellents "Silent Veil", "Taxi Driver", ou même "Would you mind", seul titre chanté par la discrète Pauline, tous les titres sont véritablement réussis, ce qui n'est pas toujours le cas des productions actuelles.

On sent que le trio a pris son temps pour sortir son album, écrire les textes qu'elles voulaient, sans forcément se presser.

On trouve d'ailleurs sur Youtube des auditions datées de 2011 qui montrent le chemin parcouru.

http://cdn-dailyelle.ladmedia.fr/2013/05/theodore-paul-gabriel.jpg

Musicalement, on retrouve les influences citées plus tôt. Le trio propose une pop fraiche, légère, s'appuyant sur un jeu de guitare tout en finesse. Pas de gros riffs bien baveux, mais des mélodies harmonieuses et rythmées, des ballades à la Dylan ou à la Simon et Garfunkel.

Niveau voix, la chanteuse principale est Clémence avec sa voix éraillée, aidée pour les choeurs de Pauline et Théodora.

Comme indiqué précemment, sur "Would you mind", c'est cette fois Pauline qui de sa voix plus grave interprète ce titre sur la timidité qui lui ressemble tellement.

En bref, pour un coup d'essai, c'est un coup de maître, qui plus est transformé en live.

Les ayant vu 2 fois sur scéne, je peux vous assurer qu'elles assurent, reprenant au milieu de leurs titres Cindy Lauper ou Janis Joplin ("Mercedes Benz").

Nul doute que si vous avez l'opportunité de les voir, vous succomberez à leur joie de vivre, leur spontanéité, et leur look de dandy. 

Sinon jetez vous sur cet album, ou sur Youtube au pire pour découvrir leur univers musical très très agréable.

Par Maël

 

 

 

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 07:46

Un grand coup dans les gencives ...

http://blogs.lesinrocks.com/photos/files/2011/12/mansfield-TYA5low.jpg

 

Artiste : Mansfield.TYA

Labels : Vicious Circle Records, Kythibong, Téona, Wagram Music, Wonderground 

 

On a coutume de dire que la vie est dure, moi j’me bats pour le fu… ah non pardon * raye * … Commencer une chronique musicale par du Menelik n’est sans doute pas le meilleur signal à vous envoyer, nombreux et fidèles lecteurs de ce formidable blog.

 

Bref, reprenons … on a coutume de dire que le hasard fait bien les choses. Je trouve en général cet adage largement surfait (contrairement à la loi de Murphy). Et pourtant, si le hasard ne m’avait pas joué un de ces tours dont il a si rarement le secret, je n’aurais sans doute jamais pu vous parler du groupe sujet de cette chronique, à savoir Mansfield.TYA.

 

Il aura fallu en effet que j’entende en allant au travail en voiture (alors qu’en général j’y vais à pied) une phrase un peu spéciale d’une de leurs chansons, sur une obscure radio locale que mon autoradio a choisi un peu par dépit après que nous l’ayons laissé la veille sur une fréquence inutilisée pour pouvoir utiliser un transmetteur FM Ipod.

 

La probabilité que tout s’enchaîne était très faible, reconnaissez-le, et remerciez donc ce fameux hasard qui me permet ainsi de vous présenter le meilleur groupe français dans sa catégorie (celle-ci restant encore à définir, en fait).

 

Mansfied.TYA, donc,  est un duo composé de Julia Lanoé (voix et instruments multiples, c’est agaçant ces gens qui savent tout faire) et Carla Pallone (voix et instru … bin pareil, en fait).

 

Originaires de Nantes, elles se sont rencontrées en 2002 et ont sorti dès 2004 un premier EP intitulé « May » assez rapidement suivi par un album « June » (2005). Elles ont depuis enchainé les labels et les CDs, gagnant en diffusion et en notoriété sans pour autant de se départir de ce qui fait leur singularité.

 

Oui, car Mansfield.TYA est vraiment un groupe à part. Chantant tour à tour en anglais ou en français, selon leur inspiration, elles proposent une musique souvent tournée vers les ballades, auxquelles viennent s’ajouter des textes sombres, forts, le tout donnant un ensemble mêlant fragilité et force et une vision toute personnelle de l'amour.

 

Le titre qui m’a fait les découvrir s’intitule ainsi « Pour oublier je dors » (album « June ») et raconte, dans un rythme lent,  sur fond de piano et violon, les tourments d’un meurtrier qui a tué sa bien aimé et, je cite, « a défoncé ses dents pour qu’on ne [le] retrouve pas » (la fameuse phrase qui a accroché un jour mon oreille).

 

 

 

 

Tout un programme, mais un programme varié. Certains titres rappelleront d’ailleurs parfois aux plus mélomanes d’entre vous le groupe français Cornu par l’utilisation du violon.

 

Coté chant, les textes sont magnifiquement supportés par la voix du Julia, fragile, écorchée, et parfois puissante… on est loin des standards habituelles, des grandes voix, mais le tout est d’une cohérence imparable.

 

Au final 3 albums en 10 ans, « June », « Seules au bout de 23 secondes » et « Nyx », plusieurs EP,  un album de remix intitulé « ReNyx », et une discographie sans faille (évoluant parfois légérement vers l’électro surtout vers le dernier album)  que je ne détaillerai pas plus, pour vous laisser la surprise.

 

Si ces quelques mots vous ont intrigué ou vous ont donné envie, suivez alors le chemin que vous proposent ces deux formidables artistes, sans prendre de raccourcis chronologiques, et arrêtez-vous pour écouter tout à tour (en plus des titres déjà cités) « Tomorrow », « One million Eyes », « Sur le plafond », « Je ne rêve plus »  ou encore le sublime « Cavaliers ».

 

Et mieux encore, si vous avez l’opportunité, allez les voir en concert. C’est à chaque fois un savant mélange de pudeur et de folie furieuse. Comme en plus, leur (trop) faible notoriété les amène dans de toutes petites salles, très intimes, c’est l’assurance d’une très bonne soirée à moindre coût. 

 

 

Merci d’avoir pris le temps d’aller au bout de ce texte qui a pour seul but de faire connaitre un peu plus ce groupe qui restera pendant encore très longtemps MA référence, mon coup de cœur ultime. Je ne voulais surtout pas faire une critique, détailler chaque album, titre après titre, pour ne rien déflorer et laisser ainsi la surprise et le plaisir de la découverte à tous ceux qui auront le courage de me suivre. En espérant que vous apprécierez tout cela. 

 

 

Pour la petite histoire,  Julia Lanoé est également la chanteuse de  Sexy Sushi, groupe d’électro-punk ayant commis des titres comme « T’enflamme pas pétasse », « Dégage », « Rachida », ou « Meurs, Meurs, Jean Pierre Pernault ».Tout un programme, mais un programme très différent. 

 

Discographie de Mansfield.TYA :

2003 : Salope (demo)

2004 : May (EP)

2005 : June

2006 : Fuck (EP, offert avec June)

2009 : Seules au bout de 23 secondes

2011 : Des coups des cœurs (EP)

2011 : Nyx

2012 : "La jungle nous appelle" dit-elle (45t)

 

2012 : ReNYX (double 33t, reprises)

 

http://www.nantes.sortir.eu/classique/mansfield-tya-linterview/mPhoto

 

Par Maël.

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 08:30

Impression de déjà-entendu.

Artiste : Damien Saez

Titre : Miami

Label : Wagram Music

2013

 

http://medias.2kmusic.com/uploads/2013/03/19/img-1363687496-81f2e80c81f22d13cdcfe8a8bac3e01a.jpg

 

Arh ! Quelle déception !

 

Saez est un des rares artistes que je suis depuis que je suis adolescent. Ou plutôt, pour reformuler, Saez est un des rares artistes que j’adorais quand j’étais adolescent, et que j’adore toujours. Au lycée, on écoutait en boucle le célèbre Jours Etranges (1999) et notamment sa encore plus célèbre Jeune et con. Le deuxième album, God Blesse / Katagena (2001), est arrivé et nous a surpris par ses pistes sans paroles calmes et mélodiques, mais a aussi trouvé son public avec des chansons magnifiques comme J’veux qu’on baise sur ma tombe, Les Condamnés, A ton nom, Saint-Pétesbourg et des rythmes bien enlevés comme J’veux du nucléaire et Solution.

  Puis je pense que pas mal d’ados éduqués à Saez ont lâché, mais pas moi. Est arrivé le très bon Debbie (2004), et son travail musical  me rappelant personnellement Noir Désir. Excellent opus, montrant, comme les journalistes aiment à le dire, une certaine « maturité ». La suite surprend encore, avec le triple album presque dépouillé Varsovie – L’Alhambra – Paris (2008) : le travail musical de Debbie semble absent, mais on y gagne des chansons superbes, véritables perles d’écriture, comme Putain vous m’aurez plus ou Ceux qui sont en laisse.

 

http://www.chartsinfrance.net/style/breves/6/photo_1354182145.jpg


  Je passe l’album anglophone A Lovers Prayer (2009), pour la simple raison que je ne savais même pas qu’il existait avant d’écrire cet article, puis arrive la pépite moderne qui a, à mes yeux, de nouveau popularisé Damien Saez : J’accuse (2010). Les thèmes habituels sont tous là, le chanteur nous propose une balance réussie entre textes magnifiques (Les Anarchitectures, a capella, Regarder les filles pleurer, Lula) et des rythmes entraînants rock ou électro (Pilule, Des p’tits sous, Les Cours des lycées). Mieux, cette distinction est même assez débile (oui, ça va, je m’insulte si je veux) puisque beaucoup des pistes mentionnées ci-avant rentrent finalement dans les deux catégories.

  Un album génial, donc, qui m’a fait me jeter sur l’album suivant, Messina (2012), triple album à textes avant tout dans la droite lignée de Varsovie – L’Alhambra – Paris. Comme pour celui-ci : douche froide après les rythmes entraînants de l’album précédent, mais finalement grand respect pour cet artiste très prolifique, capable de sortir autant de titres en si peu de temps, et d’écrire des chansons encore une fois sublimes et servies par un traitement musical totalement réussi comme Les Magnifiques, Aux Encres des Amours, Marie ou encore Sur le Quai. Je cite 4 chansons sur 27, on devinera donc que cet album n’est pas mon préféré car bien moins abordable que le J’accuse (qui passait même à la radio, quand même…).

 

http://photos.lordsofrock.net/images/a2248saezm.jpg

 

http://lepavotenrage.org/wp-content/uploads/2012/12/SAEZ_miami_zenith_800.jpg  Six mois après paraît donc Miami (2013), le sujet de cet article dont j’ai réussi à ne pas parler pendant 4 paragraphes quand même. A la vue de la pochette - un cul et la Bible pour résumer -,  je me dis que Saez a retrouvé l’énergie provoc de J’accuse -une fille nue dans un caddie -. Sauf que… Sauf que…

  J’écoute plusieurs fois l’album, et mis à part la chanson éponyme Miami, réussie mais pas phénoménale non-plus, rien ne m’interpelle, rien ne m’enchante. A vrai dire, les textes m’agacent même, à reprendre sans cesse les mêmes idées depuis tant d’albums, les mêmes mots, les mêmes expressions. Je me demande même en écoutant cet album si Saez n’a pas un générateur aléatoire de paroles, avec les mots « chattes », « filles », « thunes », « drogue », « baiser sur ma tombe » ou même les « dauphins », revenus de Des p’tits sous pour l’occasion. Allez, je réécoute et la chanson Les Infidèles a le bon goût de me rappeler les airs de Debbie. Pigalle la nuit amuse deux secondes avec sa rythmique à la The Cure, mais pas assez pour en faire un bon titre, pas assez pour en faire quelque chose de nouveau. Deux titres et demi que je sauverais des 10 de l’album, les autres n’étant pas mauvais mais seulement largement déjà entendus dans l’œuvre de l’artiste qui n’a selon moi pas su, à l’inverse de chacun de ses autres albums, apporter avec celui-ci une nouvelle pierre originale à l’édifice de son œuvre. Pour dire, Le Tricycle jaune est devenu une Cadillac noire, beaucoup moins poétique. Déception donc pour cet album que je classe sans remords comme le moins bon.

  En espérant une meilleure suite...

 

  PS : Allez, un p’tit essai du générateur aléatoire de paroles à la Saez : « Je fume tes yeux et les dauphins patrons nagent dans l’infini de tes cuisses ». Hey, ça marche bien ! 

 

Par Robert Mudas.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 09:22

Du Brel à l’électro. Si si.

 

Artiste : Stromae
Titre : Cheese
Label : Interscope, Polydor

2010

 

http://1.bp.blogspot.com/-FnDEPxGLmkQ/TbqtXAdlr5I/AAAAAAAAABY/WajNnS67VnI/s1600/0060075327125_600.jpg

 

                Mon premier contact avec Stromae a été un a priori. J’ai entendu la chanson « Alors on danse » sur des radios qui passaient allégrement de la soupe, et avec ses airs electro et son rythme trop répétitif, j’en ai déduit que Stromae, c’était aussi de la soupe populaire pour radios.

                Sauf que. Sauf que, un peu plus tard, j’ai vu un reportage sur le bonhomme. Et il m’a véritablement impressionné. Par le choix audacieux d’un look (et d’un personnage) totalement rétro. Par sa personnalité à la fois drôle et très mélancolique.  Par son inspiration assumée par Brel, par sa gestuelle qui me rappelle énormément le grand Jacques, par ses idées plutôt pertinentes sur la société et le monde de la musique.

                Je range donc mon a priori dans le tiroir déjà très plein de mes fausses impressions, et j’écoute le premier album de Stromae : Cheese. Je crois qu’il s’agit d’un album qui s’écoute en plusieurs fois. A la première écoute, c’est l’aspect électro, la rythmique très affirmée, qui se dénote, et cet aspect entraînant est une première impression positive. J’en veux pour preuve la très réussie Silence qui ne se base pas sur des paroles mais seulement sur une musique électro des plus réussies.

                Puis vient la deuxième écoute. Où l’on s’aperçoit que derrière (ou devant, question de point de vue) le très bon travail musical se trouvent des textes réfléchis et intelligents, dénotant une vision très sombre du monde. En témoigne, forcément, la superbe Te Quiero, à la fois extrêmement entraînante et extrêmement déprimante quand on écoute bien cette complainte vis à vis de la douleur de la relation amoureuse. En fait, cette tension, c’est celle qui habite le premier succès du maestro bouleversé, Alors on danse : la musique pour oublier tous les soucis de notre génération. La jeunesse France qui va danser pour oublier et croire que, qui sait, demain ça ira mieux, ça ne vous rappelle rien ? Personnellement, des souvenirs de mon adolescence jeune et conne à écouter la mélancolie de Saez me reviennent avec plaisir.

 

http://4.bp.blogspot.com/-clf62TOgRps/UaEited8ZVI/AAAAAAAAmCQ/hTAZpcRvYUA/s1600/stromae_promo_juin2010_07.jpg

                Voilà l’idée de l’album, donc : un constant décalage entre la musique enlevée et festive et les paroles déprimantes et pleines d’idées noires. «Eh petit bébé, il faudra se taire / Ouais même si papa frappe ta mère / Bah il faudra s'y faire » : ce sont par exemple les premiers mots de Dodo, une berceuse pas comme les autres qui fait froid dans le do(do)s.  Autre exemple, la chanson qui donne son titre à l’album : Cheese, et l’idée de toujours garder le sourire (comme Stromae le fait sur la pochette), bien présenter, malgré les malheurs que nous fait la vie, malgré les malheurs qui font la vie.

                Une tension riche et intéressante entre musique et paroles, donc, des textes déprimés et touchants, un album entraînant qui nous revient en tête : une réussite en somme pour ce premier opus régulier et complet.

                Et au vu des deux premiers titres, la magnifique Formidable, et la très touchante et entraînante (encore !) Papaoutai, le prochain opus risque lui-aussi d’être une réussite.

 

http://www.spectacles.carrefour.fr/image_actualites//stromae_2013.jpg

 

Liste des pistes :

01 – Bienvenue chez moi

02 – Te Quiero

03 – Peace or Violence

04 – Rail de musique

05 – Alors on danse

06 – Summertime

07 – Dodo

08 – Silence

09 – Je cours

10 – House’llelujah

11 – Cheese

12 – Alors on danse (90’s Remix)

 

Par Robert Mudas.

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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 16:23


Les ballades des gens heureux

Artiste : Renan Luce
Titre : Repenti
Label : Universal France
2006

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  Difficile en ce moment de passer à côté de ce jeune chanteur plein de charme et d'avenir. Renan Luce et son album Repenti, c'est une jolie histoire de coups de coeur et de bouche-à-oreille.
  Depuis toutes les premières parties de Bénabar qui l'ont fait découvrir à un public envoûté (dont je fus) aux clips magiques qui passent sans cesse à la télévision aujourd'hui, Renan Luce commence à bien se faire entendre, et on aurait tort de ne pas l'écouter.
  Renan Luce, c'est une voix jeune mais cassée et une guitare folk, associées dans des comptines ou ballades délicieuses de détails, d'émotion et de poésie. On le classe trop facilement dans la catégorie des peintres du quotidien à la Bénabar mais Renan Luce fait autre chose : il peint un quotidien magique, un quotidien de conte de fées qui touche n'importe qui a le même regard d'enfant idéaliste que lui.

  Son pays des merveilles commence par "Les Voisines", jolie fable urbaine sur les fantasmes et la curiosité. Puis le voyage enchaîne sur "Repenti", étrange et inattendue supplique d'un criminel. En troisième position, "le Lacrymal Circus" et son ambiance mélancolique nous ouvrira ses portes oniriques. Et puis...
  Inutile de dresser tout le guide du routard de cet album. Disons seulement que chaque étape apporte son lot de dépaysement et de magie. Ajoutons également que certaines étapes sont de purs bijoux, par exemple "La Lettre", splendide histoire d'amour écrite à la soie ; "Je suis une feuille", émouvant tableau de nature morte ; ou encore "Camelote", superbe amoncellement de trucs qui ne servent à rien, certes, mais tellement touchants.

  N'insistons pas, et recommandons simplement cet album qui n'a pas peur de montrer que, oui, l'écriture poétique a encore sa place dans la chanson française contemporaine.

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Liste des pistes :
01 - Les voisines
02 - Repenti
03 - Le Lacrymal Circus
04 - Je suis une feuille
05 - La lettre
06 - Chien mouillé
07 - Monsieur Marcel
08 - 24h01
09 - Camelote
10 - Mes racines
11 - I was here
12 - Nuit blanche
13 - L'iris et la rose


Par Robert Mudas

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