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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 10:25

Bref, j’ai fait un article sur Bref.

 

Une série créée par Kyan Khojandi et Bruno Muschio.

France

Première diffusion : 2011

 

Avec :

Kyan Khojandi : Le personnage principal

Alice David : La fille

Kheiron : Kheiron

Bérangère Krief : Marla

Mikaël Alhawi : Ben

 

Série achevée en 82 épisodes, disponible en DVD.

 

 

http://www.journaldugeek.com/files/2012/06/brefserietele.jpg

 

         Bref : je crois que pour toute une génération, il a été difficile de passer à côté de Bref. Et c’est finalement assez logique puisque Bref est en elle-même une série générationnelle, qui s’adresse clairement à une certaine catégorie de gens, à une certaine classe sociale, à une certaine tranche d’âge. A la génération qui va en faire le buzz sur Facebook, à la génération qui va se remettre à regarder le Grand Journal seulement pour tomber sur le nouvel épisode, à la génération qui va reprendre et parodier ce qui deviendra ainsi un phénomène.

 

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn/2011-10/2011-10-03/article_BREF.jpg

         Bref, c’est le type même du truc où on se dit « Hé, mais c’est trop vrai », du truc où on se reconnaît, du truc où on se dit que c’est pas possible, que les scénaristes ont forcément mis une caméra dans notre appartement. Assez peu de choses ont eu cet effet, je trouve (peut-être l’humour de Gad Elmaleh et encore je n’y accroche personnellement que peu). Chez moi, ce sont les Bref je suis comme tout le monde et Bref, j’ai trente ans qui m’ont le plus marqué, mais chacun a ses préférés et il y a vraiment de quoi faire car si tout n’est pas de qualité égale, il y a néanmoins beaucoup d’excellents épisodes.

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/fluctuat/cinema/news-videos/ce-que-bref-doit-au-cinema-une-breve-histoire-de-la-voix-off-3244822/58078384-1-fre-FR/Ce-que-Bref-doit-au-cinema-une-breve-histoire-de-la-voix-off_w670_h372.jpg

 Bref, c’est seulement le quotidien d’un trentenaire parisien qui nous parle de son quotidien et par ce biais de notre quotidien. Le format est bref, forcément : à peine deux-trois minutes sur un rythme très vif, avec une narration et une mise en scène très spécifique et très marquée (et donc très facile à parodier, d’où le buzz !).Les thèmes abordés sont très larges : la famille, les amis, le travail, les histoires sentimentales, les plans-cul, mais le tout avec une sincérité et une véracité déconcertante qui peuvent à la fois nous faire hurler de rire et nous toucher. Bref parvient grâce à un équilibrage magnifique à ne pas basculer dans l’humour potache seul (à la Palmashow par exemple, que j’aime beaucoup cependant). En effet, à côté de l’humour, il y a parfois une vraie émotion (le Bref je suis vieille m’a sincèrement fait pleurer), ainsi qu’une qualité artistique indéniable, notamment dans la narration (Bref, j’aime bien cette photo pour ne citer qu’un exemple).

 

http://www.tuxboard.com/photos/2011/11/Video-Bref-Jaime-bien-cette-photo.jpg

         Bref, c’est donc une idée, une écriture et une réalisation terriblement efficaces, c’est beaucoup de talent réuni dans une équipe très bien trouvée : en tête Kyan Khojandi, dont on va clairement entendre à nouveau parler tant il a du génie. Déjà connu pour son Festival de Kyan que je ne connaissais pas mais que je trouve véritablement excellent maintenant que j’ai regardé ça à rebours, Kyan incarne à la fois le mec lambda dans la série et quelqu’un d’extrêmement drôle, intelligent et créatif dans la réalité. A ses côtés, Bruno Muschio, que pour le coup je connaissais déjà en tant que Navo pour son excellente Bande pas dessinée et qui montre des talents d’écriture que je respecte beaucoup. Au casting, toute une troupe qui renouvelle depuis la série la distribution des sketchs et spectacles comiques de France : Bérengère Krief et Kheiron, au succès très mérité, pour ne citer qu’eux. Une seule fausse note au casting selon moi : Alice David, certes magnifique, mais à mes yeux trop peu à la hauteur face à la justesse et à la précision du reste du casting.

 

http://cdn1-public.ladmedia.fr/var/public/storage/images/news/photos/photo-alice-david-bref-au-pays-du-succes-181927/alice-david-dans-bref-de-canal-181931/1520377-1-fre-FR/Alice-David-dans-Bref-de-Canal_portrait_w674.jpg


         Bref, ça a été une fin assez abrupte au bout d’un an, alors que le succès était indéniable et au rendez-vous. Beaucoup ont été frustrés par cet arrêt volontaire en plein sommet mais avec le recul, je réalise que leur choix d’arrêter car tout avait été selon eux dit, d’arrêter avant de tourner en rond, d’arrêter avant de discréditer par une suite de trop une œuvre complète et réussie, et bien ce choix est largement compréhensible et même remarquable dans une culture où l’on a tendance à aller trop loin et trop user les idées qui fonctionnent. D’autant plus que la fin de la série montre une certaine tension, un certain fil rouge qui unit les épisodes, qui aurait sur la durée cassé le principe initial.

 

http://www.quizz.biz/uploads/quizz/351441/3_91ze5.jpg

 

         Bref. Bref, c’est selon moi la série qui représente, par son audace, par la banalité de son propos, par sa créativité, par son originalité dans la forme et dans le traitement, ma génération. Et je voue un respect absolu à ses auteurs et leur souhaite un énorme succès totalement mérité pour la suite de leurs aventures.

http://www.gizmodo.fr/wp-content/uploads/2012/06/bref.jpeg

         Bref, c’est pour cela que j’ai fait un article sur Bref.

 

Par Robert Mudas.

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Published by Robert Mudas - dans Séries télévisées
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commentaires

Eluyn Shandsen 20/02/2014 23:52

Bref… c’est avec plaisir que j’ai lu votre chronique sur cette mini-série télé aussi pertinente dans son propos que drôle et inventive dans sa forme.

Ayant pris le train en marche suite au buzz créé sur la toile, je me suis soudainement pris la baffe « Bref » en pleine poire au détour d’un épisode très drôle parlant de douche et de déodorant (du
vécu, du vécu, toujours du vécu…). J’avoue avoir guetté par la suite avec impatience (et une délectation certaine) les rediff’ sur le site de Canal chaque soir de diffusion, rentrant trop tard du
taf’ pour mater l’épisode du jour directement sur le Grand Journal. Une bouffé d’humour, tantôt drôle, sensible, barrée voir pitoyable (mais toujours bienvenue) qui adoucissait sympathiquement mes
fins de journée.

Tout comme vous, cher Robert Mudas, je me suis reconnu dans le personnage principal, partagé entre misère quotidienne, pathétisme chronique, galère professionnelle et plans cul/histoires d’amour
plus souvent foireux que glorieux.
Un truc générationnel (de trentenaire) sans aucun doute… et à ce titre, l’épisode qui m’a le plus touché tournait autour d’un carton rempli des vestiges du passé adolescent du héros, le tout
saupoudré d’une bonne dose de nostalgie pour une époque où l’on se posait beaucoup moins de question. Tout le contenu de cette boîte me parlait intimement, viscéralement, à tel point que j’ai passé
plusieurs longues semaines à rechercher en vain les miettes de ma propre histoire.
Mais comme vous le dites si bien, chacun d’entre nous, relié aux autres malgré lui par cette série, a son épisode préféré… celui qui lui parle et fait écho à ses propres expériences/ressentis, qui
fait vibrer le La unique de sa corde sensible et sensée et franchement, par les temps qui courent, c’est pas rien de vivre une telle expérience télévisuelle qui transcende le cadre étriqué de la
bête lucarne cathodique.
Enfin un show qui me parlait, à moi, directement, sans me prendre pour ce con que je ne suis pas, tout juste bon à bouffer de la pub à longueur d’émissions toutes plus consternantes les unes que
les autres.
Et j’ai aimé, adoré la sincérité du propos et la justesse de l’humour, le tout servi par une magnifique, brillante qualité d’écriture qui ne cesse de dévoiler sa finesse à chaque revisionnage.
Enfin, vous avez très bien décrit le talent et l’originalité de cette équipe, je ne m’attarderai donc pas dessus pour ne pas donner dans l’inutile et stérile paraphrase. Bref, rien de plus à
ajouter.

Quant à l’arrêt brutal de cet ovni télévisuel… je reste partagé, bien que comprenant parfaitement la démarche du point de vue créatif, logique et intellectuel, c’est mon côté midinette qui ne
l’accepte pas. Je voulais juste une conclusion heureuse, sans vouloir spoiler… les fans me comprendront aisément. Cette fin qui n’en est pas une, me laisse sur la mienne, de faim (oui, je sais…
facilité de style, mais ô combien vrai !)

Sinon, tout comme vous, j’attends, avec une certaine retenue néanmoins (j’ai passé l’âge de jouer les groupies), la suite de l’aventure de cette petite équipe prometteuse.

Je vous recommande par ailleurs le visionnage du spectacle offert en 2012 par une bonne partie du staff de Bref lors de la 23ème session du Montreux Comedy Festival pour laquelle ils étaient
invités… à cette occasion, les acteurs présents (Kyan Khojandi, Bérengère Krief, Baptiste Lecaplain, Yacine, Oldelaf, Dedo, Alexis Macquart, Kheiron, Shirley Souagnon, Seb Mellia, Alban Ivanov et
certainement d’autres que j’oublie…) se sont offerts chacun un petit moment de stand-up bien sympathique… Enfin bref, à voir en cas de manque (moi, j’ai le coffret bluray de l’intégrale, ça s’use
moins vite que les dvds, avec la qualité d’image en plus !).

Voilà, voilà !

Merci bien M. Mudas pour ce brillant article qui résume bien ce que cette série a été et continuera d’être dans mon cœur de futur quarantenaire.


P.S.: et oui, toujours là... j'vous l'ai déjà dit, j'aime bien ce que vous faites.

Robert Mudas 22/02/2014 10:05



Les épisodes que vous citez ne m'ont pas laissé un souvenir mémorable. C'est que, effectivement, chacun va trouver sa correspondance, son identification dans un type d'humour particulier, dans un
clin d'oeil (pour moi l'allégorie de la procrastination dans "Bref je remets tout à demain" par exemple), dans un souvenir précis. Des amies ont été très touchées par "Bref des fois j'y pense et
je souris" que me laisse personnellement totalement froid. Mais ce qui est génial, et que le format très court permet, c'est que même avec des attentes et des préférences différentes, tout le
monde s'y retrouve et tout le monde adore. Que dire d'autre que "mission réussie" donc ?


Oui, le Montreux Comedy Festival où l'équipe apparaît, j'en avais entendu parler. Il y a eu une soirée Bref au Grand Rex aussi, qu'une amie a vu et qui était, paraît-il, excellente. Il faudra que
je trouve des vidéos de cela, pour l'instant je reste assez peu touché par le stand-up à vrai dire et lui préfère totalement le travail de mise en forme d'une série télé.


Moi, mon côté midinette a été touché par le fait que Kyan Khojandi lui-même a lu cet article et l'a partagé en favori sur son compte Twitter... Comme quoi, il n'y a pas de vie dans les
commentaires de ce blog, mais il y a du passage au moins !


 



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