Chroniques culturelles : cinéma, musique, littérature, bande dessinée, jeux de société, jeux vidéos, séries télévisées.
Avocat le jour, justicier la nuit, protecteur des innocents.
Scénario de Brian Michael Bendis et David Mack
Dessins de Klaus Janson
Finitions de Bill Sienkiewicz
Dessins additionnels d'Alex Maleev et David Mack
Toutes les couvertures ont été réalisées par Alex Maleev.
Paru en 2013 chez Marvel en single et en TPB et Hardcover.
Série terminée en 8 épisodes, en cours de parution en France chez Panini en deux tomes de 4 épisodes.
Cette maxi série de Daredevil relate par les mots de Ben Urich, journaliste au Daily Bugle et par ailleurs ami de Matt Murdock, la mort de l'Homme sans Peur et des événements tragiques qui ont suivis ainsi que la signification de ses dernières paroles.
Ces huit épisodes se déroulent dans un futur plus ou moins proche, cela n'est jamais précisé. Matt Murdock/Daredevil s'est retiré de la vie publique/superhéroïque et ne revient à New York que pour vivre son dernier combat contre un de ces ennemis de toujours : Bullseye.
Planche d'Alex Maleev:

En enquêtant sur sa mort, Ben Urich apprend que Daredevil a prononcé "Mapone" comme dernier mot. Terme plutôt étrange même pour les gens qui le connaissent. Cette investigation va lui permettre de retrouver et rencontrer des personnes plus ou moins liées au passé de Matt.
Planche de Klaus Janson:
Cette série voit le grand retour de Bendis et Mack sur les aventures de l'Homme sans Peur que Bendis a scénarisé depuis 2001 d'abord avec la run de 4 épisodes « Wake Up » avec Mack et avec la run de 60 épisodes (quasiment 5 ans, ce qui est énorme pour un comic) avec Maleev. Mack quant à lui a écrit les 6 épisodes de « Parts of a Hole » et a écrit et dessiné les 5 de « Echo », Ce sont donc des auteurs familiers de l'avocat justicier.
Planche de David Mack:
Et on découvre très vite cette connaissance et l'aisance dans la maîtrise du personnage. Surtout au niveau des dialogues. Cela permet de donner au personnage ses dernières lettres de noblesse. Les auteurs nous entraînent une fois de plus dans le côté sombre de la vie du justicier et dans la ville de New York, en distillant ici et là des informations très informelles sur le passé du monde et du héros. On y croise des amis, des ennemis, des amantes, je vous n'en ferai pas ici la liste exhaustive, mais les auteurs arrivent très vite à les caractériser que l'on soit un familier de la série ou non. Ce qui fait la force de cette maxi série, c'est son intemporalité. Ce sont les derniers instants d'un héros et tout ce qu'il représente dans la vie de ses proches et du quartier qu'il protégeait. En la plaçant dans un futur, Bendis et Mack s'affranchissent de la série toujours en cours, ce qui leur laissent de grandes marges de manœuvre.
Planche de Bill Sienkiewicz:

J'en viens au dessin maintenant. La méthode est plutôt classique, un dessinateur, un encreur et un coloriste. Sauf que l'encreur n'est autre que Sienkiewicz, qui a livré il y a quelques années ce qui est considéré comme un des meilleurs run de la série « Born Again » écrit par Frank Miller, et qu'il fait plus qu'encrer en apportant son style assez particulier sur les planches de Janson. J'ai eu un petit peu de mal au départ sur ce parti pris graphique, mais une fois rentré dans l'histoire, on y trouve une corrélation avec l'énergie du désespoir de Ben Urich. Les quelques planches dessinées par Maleev et Mack offrent des respirations bienvenues dans le récit.
End of Days est un récit sombre, profond sur un personnage qui l'est tout autant. Un très bel hors série à se procurer !
Par Oxo.