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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 09:25

Splendeurs et misères des villages de campagne.

 

Editions Gigamic

Un jeu de Inka et Markus Brand

Illustré par Dennis Lohausen

2012

 

De 2 à 4 joueurs (5 joueurs avec l’extension)

1h30

35 euros

 

http://www.gigamic.com/files/catalog/products/images/mainproduct/gigamic-jdes-_descendance-box-bd.jpg

 

                Descendance est un jeu qui n’a l’air de rien et qui pourtant est devenu un franc succès et un exemple de jeu de gestion réussi et fluide. A l’origine des auteurs qui sortent là leur premier jeu, un mécanisme apparemment classique de pose d’ouvrier, un thème peu foufou aussi (la vie dans un village), et un éditeur français plutôt spécialisé dans les jeux pour enfants et jeux légers.

                Sauf que. Sauf que, à l’essai, le jeu est une pure perle. L’idée est de gérer une famille et de la faire gagner en popularité au fil des générations. Le plateau propose plusieurs lieux : l’artisanat permettant de construire des marchandises, le marché permettant de les vendre contre des points de victoire, les voyages qui, bien que chers et contraignants, permettent d’étendre sa réputation autour du village et gagner beaucoup de points, la ferme permettant de produire du blé utile à plusieurs choses, la chambre du conseil permettant de monter en politique et gagner beaucoup de privilèges, l’église permettant de dominer la messe et faisant remporter beaucoup de points en fin de partie, ou encore la famille permettant de faire naître de nouveaux membres de la famille.

 

http://bdml.free.fr/descendance_plateau.jpg

 

                Faire naître ? Oui. Car si le jeu propose un classique système de pose d’ouvriers (ceux que les connaisseurs appellent les meeples), il peut déjà être contourné par la bonne utilisation de ressources et de cubes d’influence (j’en reparle tout de suite), mais il doit aussi être bien orchestré car pour avoir des personnages à envoyer, il faut faire naître des personnages de la génération suivante. Parce que ceux des générations précédentes sont morts.

                Morts ? Oui. Car le système se complète d’un système de temps qui fait que chaque action demande un certain temps, et chaque joueur dispose d’un compteur de temps. Dès qu’on a fait le tour de ce compteur, un de nos plus anciens personnages doit mourir. Cela peut être handicapant car il ne pourra plus être utilisé, mais c’est aussi surtout lucratif si bien géré car en fonction de l’endroit où il meurt il s’illustrera dans les Archives du Village en tant que célèbre artisan ou célèbre curé par exemple. Et la fin de partie proposera un comptage de points autour du nombre de vos personnages présents dans ces Archives. Si j’ajoute à cela que les places dans ces Archives sont plus ou moins limitées en fonction de l’activité, que tout personnage mort qui n’a plus de place dans les Archives rejoint le Cimetière Anonyme (autrement appelé « Le Cimetière de la Lose ») qui ne rapporte pas de points, et que la partie s’arrête lorsque le livre des Archives ou le Cimetière des tombes anonymes est plein, vous cernez peut-être la richesse et la profondeur de ce mécanisme des plus intéressants. Car garder ses personnages en vie comme les faire mourir très vite pour accélérer la partie et marquer des points sont deux stratégies tout à fait envisageables.

               

http://jeuxatheme.free.fr/Surlevif/Descendance/plateau_individuel_descendance.JPG


                Et donc ces cubes d’influence ? Au début de chaque tour, des cubes sont distribués sur chaque lieu du plateau. Ces cubes sont de cinq couleurs différentes, quatre utiles sur différents lieux du plateau et les cubes noirs représentant la peste, inutiles mais surtout coûtant deux temps si on les prend. Chaque joueur au moment de jouer doit donc prendre un cube sur le plateau et effectuer l’action qui va avec (artisanat, voyage, etc.). En somme, il faudra bien calculer la rentabilité de chaque action en fonction du cube que l’on prend, car l’action la plus réussie est celle qui vous donne un cube dont on avait besoin en même temps qu’une action qu’on avait besoin de faire.

                Avec ce système d’actions, le jeu est d’une fluidité exemplaire qui fait qu’il est rare que l’on s’ennuie pendant l’heure et demie ou les deux heures que va durer la partie. Un jeu de gestion de cette richesse mais en même temps de cette facilité est une vraie perle dans un monde ludique qui parfois rend les jeux de gestion totalement fermés aux néophytes. Descendance peut ainsi proposer une bonne première expérience pour de nouveaux joueurs mais je vous garantis que ce n’est pas pour autant le jeu que vous abandonnerez rapidement en découvrant d’autres jeux plus profonds.

http://www.gigamic.com/files/catalog/products/images/mainproduct/gigamic-jdes-_descendance-game-web.jpg

                La seule crainte crédible que l’on pourrait avoir devant ce jeu, c’est peut-être celle d’une unique stratégie payante. Après une trentaine de parties j’ai pu constater que laisser quelqu

’un se gaver seul au marché, c’est souvent lui laisser la victoire. La chambre du conseil et ses privilèges forts utiles pour le marché ou pour le voyage ne sont pas à négliger non-plus. En somme, l’idée est de s’adapter à ce que font les autres, il me semble. Si tous vos adversaires sont déjà sur les voyages, ce n’est pas vraiment la peine de s’y battre et il sera plus intéressant de privilégier les domaines qu’ils négligent. C’est en cela un jeu d’opportunisme où il faudra s’adapter au tirage des cubes et aux actions des autres. En bref, tout ce que j’aime des bons jeux de gestion.

                Enfin, ce n’est jamais négligeable chez moi : le graphisme et le matériel sont tout à fait corrects et dans le catalogue des jeux de gestion c’est parfois trop rare.

               


Descendance, l’extension : L’Auberge

 

http://www.gigamic.com/files/catalog/products/images/mainproduct/gigamic_descendance-ext_box-right_bd.jpg


 

                Pour ceux qui craindraient encore le manque de renouvellement, une extension nommée l’Auberge nous est proposée depuis quelque temps. Elle permet à un cinquième joueur de se joindre à nous, petit détail, mais surtout elle nous propose un nouveau lieu, l’Auberge, ainsi qu’une nouvelle maison dans l’Artisanat : la brasserie. Car oui, une nouvelle marchandise se joint aux autres : la bière ! Utile pour certains clients, mais aussi pour embaucher certains villageois que l’on rencontrera à l’Auberge et qui nous proposeront certains avantages au cours de la partie ou certains bonus dans le comptage des points à la fin de la partie.

                Cette extension a la très bonne idée de ne pas rajouter énormément de choses, mais de proposer une vraie nouveauté bien introduite dans le mécanisme. Car laisser tomber ces bières et cette auberge, c’est encore laisser les autres se gaver de points facilement. Et trop y aller, c’est laisser tomber le reste du jeu et les actions habituelles. D’autant plus que mourir à l’auberge envoie directement votre personnage au cimetière (ben oui, c’est pas très glorieux, ça, messieurs-dames). Les stratégies devront donc être adaptées (il m’a personnellement fallu cinq ou six parties avec l’extension pour réussir à gagner avec elle) et la richesse du jeu ne s’en retrouve qu’accrue.

 

http://www.gigamic.com/files/catalog/products/images/mainproduct/gigamic-jdee_extension_descendance-_contenu-bd.jpg

 

                J’espère par cet article vous avoir donné envie de jouer ou rejouer à cette perle qui, les joueurs ne s’y sont pas trompés, a déjà raflé beaucoup de prix dans les compétitions ludiques !

 

Par Robert Mudas.

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Published by Robert Mudas - dans Jeux de société
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