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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 08:30

Impression de déjà-entendu.

Artiste : Damien Saez

Titre : Miami

Label : Wagram Music

2013

 

http://medias.2kmusic.com/uploads/2013/03/19/img-1363687496-81f2e80c81f22d13cdcfe8a8bac3e01a.jpg

 

Arh ! Quelle déception !

 

Saez est un des rares artistes que je suis depuis que je suis adolescent. Ou plutôt, pour reformuler, Saez est un des rares artistes que j’adorais quand j’étais adolescent, et que j’adore toujours. Au lycée, on écoutait en boucle le célèbre Jours Etranges (1999) et notamment sa encore plus célèbre Jeune et con. Le deuxième album, God Blesse / Katagena (2001), est arrivé et nous a surpris par ses pistes sans paroles calmes et mélodiques, mais a aussi trouvé son public avec des chansons magnifiques comme J’veux qu’on baise sur ma tombe, Les Condamnés, A ton nom, Saint-Pétesbourg et des rythmes bien enlevés comme J’veux du nucléaire et Solution.

  Puis je pense que pas mal d’ados éduqués à Saez ont lâché, mais pas moi. Est arrivé le très bon Debbie (2004), et son travail musical  me rappelant personnellement Noir Désir. Excellent opus, montrant, comme les journalistes aiment à le dire, une certaine « maturité ». La suite surprend encore, avec le triple album presque dépouillé Varsovie – L’Alhambra – Paris (2008) : le travail musical de Debbie semble absent, mais on y gagne des chansons superbes, véritables perles d’écriture, comme Putain vous m’aurez plus ou Ceux qui sont en laisse.

 

http://www.chartsinfrance.net/style/breves/6/photo_1354182145.jpg


  Je passe l’album anglophone A Lovers Prayer (2009), pour la simple raison que je ne savais même pas qu’il existait avant d’écrire cet article, puis arrive la pépite moderne qui a, à mes yeux, de nouveau popularisé Damien Saez : J’accuse (2010). Les thèmes habituels sont tous là, le chanteur nous propose une balance réussie entre textes magnifiques (Les Anarchitectures, a capella, Regarder les filles pleurer, Lula) et des rythmes entraînants rock ou électro (Pilule, Des p’tits sous, Les Cours des lycées). Mieux, cette distinction est même assez débile (oui, ça va, je m’insulte si je veux) puisque beaucoup des pistes mentionnées ci-avant rentrent finalement dans les deux catégories.

  Un album génial, donc, qui m’a fait me jeter sur l’album suivant, Messina (2012), triple album à textes avant tout dans la droite lignée de Varsovie – L’Alhambra – Paris. Comme pour celui-ci : douche froide après les rythmes entraînants de l’album précédent, mais finalement grand respect pour cet artiste très prolifique, capable de sortir autant de titres en si peu de temps, et d’écrire des chansons encore une fois sublimes et servies par un traitement musical totalement réussi comme Les Magnifiques, Aux Encres des Amours, Marie ou encore Sur le Quai. Je cite 4 chansons sur 27, on devinera donc que cet album n’est pas mon préféré car bien moins abordable que le J’accuse (qui passait même à la radio, quand même…).

 

http://photos.lordsofrock.net/images/a2248saezm.jpg

 

http://lepavotenrage.org/wp-content/uploads/2012/12/SAEZ_miami_zenith_800.jpg  Six mois après paraît donc Miami (2013), le sujet de cet article dont j’ai réussi à ne pas parler pendant 4 paragraphes quand même. A la vue de la pochette - un cul et la Bible pour résumer -,  je me dis que Saez a retrouvé l’énergie provoc de J’accuse -une fille nue dans un caddie -. Sauf que… Sauf que…

  J’écoute plusieurs fois l’album, et mis à part la chanson éponyme Miami, réussie mais pas phénoménale non-plus, rien ne m’interpelle, rien ne m’enchante. A vrai dire, les textes m’agacent même, à reprendre sans cesse les mêmes idées depuis tant d’albums, les mêmes mots, les mêmes expressions. Je me demande même en écoutant cet album si Saez n’a pas un générateur aléatoire de paroles, avec les mots « chattes », « filles », « thunes », « drogue », « baiser sur ma tombe » ou même les « dauphins », revenus de Des p’tits sous pour l’occasion. Allez, je réécoute et la chanson Les Infidèles a le bon goût de me rappeler les airs de Debbie. Pigalle la nuit amuse deux secondes avec sa rythmique à la The Cure, mais pas assez pour en faire un bon titre, pas assez pour en faire quelque chose de nouveau. Deux titres et demi que je sauverais des 10 de l’album, les autres n’étant pas mauvais mais seulement largement déjà entendus dans l’œuvre de l’artiste qui n’a selon moi pas su, à l’inverse de chacun de ses autres albums, apporter avec celui-ci une nouvelle pierre originale à l’édifice de son œuvre. Pour dire, Le Tricycle jaune est devenu une Cadillac noire, beaucoup moins poétique. Déception donc pour cet album que je classe sans remords comme le moins bon.

  En espérant une meilleure suite...

 

  PS : Allez, un p’tit essai du générateur aléatoire de paroles à la Saez : « Je fume tes yeux et les dauphins patrons nagent dans l’infini de tes cuisses ». Hey, ça marche bien ! 

 

Par Robert Mudas.

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Published by Robert Mudas - dans Musique
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commentaires

Eluyn Shandsen 22/08/2013 12:56

@ Robert Mudas : j’aime beaucoup ce que vous faites.

Concernant Saez… hum, j’apprécie ce qu’il fait en général, mais je ne prends pas son côté prolixe pour une qualité. Bien au contraire ! Tout comme Prince (le roi de la productivité dans le genre),
à trop en faire, il dilue son talent en plus de s’écouter trop penser.

Je préfèrerai largement investir dans un album ayant demandé plus de temps, voir contenant moins de titre mais riche en morceaux de qualité.
2 sur 10 ? Mouais, c’est vraiment pas suffisant.

Euh, sinon, pourriez nous coller le lien du générateur aléatoire de parole à la Saez ? (pas trouvé sur googleuh.fr)

Merci !!!

Robert Mudas 22/08/2013 13:54



Merci ! J'aime beaucoup qu'on aime beaucoup ce que je fais !


Effectivement, qualité et quantité ne vont hélas pas toujours ensemble... Ici j'aimerais un peu plus de qualité sur certains albums. Et le dernier est clairement dispensable, comme vous l'avez
compris.


Le générateur est dans ma tête, désolé pour la recherche vaine.



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