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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 10:17

Le film d’horreur qui fait vraiment peur.

 

Un film de Neil Marshall

Royaume-Uni

2005

 

Avec :

Shauna Macdonald : Sarah

Natalie Mendoza : Juno

Alex Reid : Beth

 

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/science_fiction/the_descent,3.jpg

 

  Le film d’horreur est un genre que j’aime bien parce qu’il m’amuse plus qu’il ne m’effraie. La mythologie des films d’horreur fantastiques me divertit, les codes des films de monstres ou de serial-killer m’agacent ou m’amusent alternativement, les réflexions sociales ou psychologiques que certains films proposent parfois me touchent. Mais rarement ces films font vraiment peur, avouons-le. On fait approcher un personnage d’un rideau, on fait monter la musique progressivement, on resserre le plan au maximum, et à partir de ce moment-là, la chose qui surgit du rideau peut aussi bien être un monstre hideux qu’un raton-laveur, on aura autant peur car ce n’est pas l’image mais le contexte, la tension, ou, pour les moins bons de ces films seulement la main lourde sur les effets sonores, qui nous auront eus.

  Mais, parfois, avouons-le, il existe des films d’horreur réussis qui font peur, qui entretiennent pendant 1h30 une vraie tension et de vrais effets effrayants. Je passe sur les films simplement gores (les Saw, même si je les apprécie peu) ou sur les torture-movies s’enchaînant dans une enchère au plus malsain (The Human Centipede). Là, je parle des vrais films d’horreur, obéissant à certains codes assez classiques. Et bien, une fois, j’en ai vu qui faisait vraiment peur. Mais alors vraiment peur. Il s’intitule The Descent.

http://www.geekquality.com/blog/wp-content/uploads/2013/01/intrepid6.jpg

  Il convient de le préciser dès le départ : ce film fonctionne sur un effet de surprise assez génial, un retournement de situation inattendu, qui fait qu’il vaut vraiment mieux en savoir le moins possible pour l’apprécier et le vivre à sa juste valeur. Cela va être donc difficile d’en parler sans "spoiler" à mort, certes, mais je vais tenter de le faire.

Le film nous présente un groupe d’amies habituées à l’aventure et aux sensations fortes, et notamment Sarah, une mère de famille qui fait difficilement le deuil de son mari et de son enfant. Pour se remettre d’aplomb, elles ont décidé de se faire une petite virée « spéléologie » et de visiter une grotte mignonette. Sauf que pour des raisons que je n’expliquerai pas, la grotte n’est pas celle que la majorité du groupe croit explorer, et elle est bien loin d’être mignonette…

 

http://img217.imageshack.us/img217/8506/184462923uu.jpg

 

  Ce film fonctionne de façon assez curieuse en trois temps : dans un premier, les amies comment à parcourir la grotte, jusqu’à ce que certaines mésaventures rendent la progression et le retour difficiles voire impossibles… Ce long début est un excellent choix, original car d’ordinaire on ne s’attend pas à une peur rationnelle et naturelle quand on regarde un film d’horreur, et efficace car jouant sur la claustrophobie du spectateur qui va véritablement se sentir enfermé dans ces galeries étroites peu accueillantes. Ce choix est vraiment une excellente idée, donnant une touche particulière au film, et parvenant à faire naître cette fameuse tension dont nous parlions avec des faits totalement crédibles et possibles.

  La deuxième partie vient nuancer tout cela et changer totalement le type de peur ; et les lecteurs qui voudraient garder toute la surprise intacte avant de voir ce film devraient vraiment arrêter là la lecture de cet article. Le film bascule en effet dans un type de film d’horreur qu’on ne pensait pas du tout voir dans cette histoire : le film de monstres. En effet, les filles ne sont pas seules dans cette grotte. Je ne vais pas en dire trop au cas où l’écriture en gras n’ait pas suffi à éloigner les trop curieux (oui, toi, là) mais l’idée est vraiment déstabilisante et surtout amenée progressivement jusqu’à une scène extrêmement flippante qui nous présente la réponse à la question : « Mais elles sont seules, là-dedans ? ». Comme pour de nombreux films de monstres, la créature en elle-même n’est pas si horrible que ça, mais c’est la progression de son apparition, et la surprise de la trouver là, qui sont extrêmement efficaces.

  Changement de code pour la dernière partie, avec des scènes beaucoup plus gores. La situation est maintenant claire, même si certaines questions restent posées sur l’origine de ces créatures. Les réponses attendront, il faut pour l’instant SURVIVRE. Ce verbe est vraiment le maître mot de ce film, et il est présent en filigrane depuis le début du film et le deuil difficile de Sarah. Le film va maintenant plutôt chercher du côté du survival horror : les filles vont toutes lutter à leur manière contre des ennemis maintenant identifiés, et chercher comment survivre. En cela, l’opposition entre Sarah et Juno est extrêmement intéressante puisqu’elle propose une légère dimension morale. De plus, c’est là que le personnage de l’héroïne se révèle enfin, avec une évolution qui la métamorphose totalement. Neil Marshall a à ce moment-là tout compris au film de survie, par l’évolution de cette femme qui devient une véritable guerrière. Une dernière partie sanglante et gore, mais beaucoup moins effrayante.

 

http://image.toutlecine.com/photos/d/e/s/descent-2005-05-g.jpg

 

  Entre trois genres différents, le film fait mouche à chaque fois et se dénote ainsi comme un des films d’horreur les plus efficaces des années 2000.

  A noter qu’une suite existe, moins bonne évidemment puisque l’effet de surprise n’est plus là.

 

Par Robert Mudas.

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Published by Ludiculture - dans Cinéma
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