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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 22:16


Forrest Gump fantastique, fantastique Forrest Gump

Un film de Tim Burton

Avec Ewan Mc Gregor (Edward Bloom jeune)
         Albert Finney (Edward Bloom)
         Billy Crudup (William Bloom)
        Jessica Lange (Sandra)
         Helena Bonham Carter (Jenny et la sorcière)
         Marion Cotillard (Joséphine)
 Et encore beaucoup d'autres dans les seconds rôles, dont Danny DeVito ou Steve Buscemi

Sorti en 2003

big-fish.jpg

  Quand Burton sort un de ses films habituels, avec fantastique, Depp et beaucoup de talent, les adeptes de la critique facile lui reprochent de ne pas se renouveller. Même s'il fait des chefs-d'oeuvre.
  Quand Burton change un peu de route et sort Big Fish, les adeptes de la critique facile se plaignent de ne pas retrouver l'univers habituel de Burton. Et pourtant c'est encore un chef-d'oeuvre.
  C'est dire si les critiques sont cons, et Burton génial.

bf1.jpg  Big Fish propose le pari osé, et réussi, de relier l'univers cinématographique fantasmagorique du réalisateur et le monde réel. Le personnage principal, même s'il n'est pas vraiment le héros, est un jeune homme bien concret, dans notre monde bien réel, qui a des relations difficiles avec son père. Et pour cause : celui-ci a fabriqué toute sa vie sur des légendes et des histoires fabuleuses, romançant tous ses souvenirs, et coupant de ce fait tout contact possible pour son jeune William avec la réalité.
  Par un savant dosage entre réalité et fiction et par un impressionnant mais jamais lassant aller-retour entre l'histoire passée et fabulée et l'histoire présente, le film nous propose deux niveaux de vision : le passé romancé d'Edward Bloom, burtonien et charmant comme tout, et les tentatives de rapprochement et d'ouverture à l'autre du père mourrant et du fils en quête de vérité, étude psychologique plutôt bien menée. En effet, tout au long du film, William enquête sur la vraie vie de son père, triant peu à peu la réalité dans le mythe.
Trêve de résumé impossible pour un film entièrement constitué d'histoires et de scènes fabuleuses.

 



  Passons donc à la défense de ce chef-d'oeuvre.
  Le thème réalité - fiction est déjà très bien traîté.
  Ensuite, le thème des rapports père-fils est bien mené également, très vrai car peu conforme au modèle hollywwodien habituel de réconciliation. Ici les deux personnages ont clairement une vision différente de la vie et plutôt que de s'adonner définitivement à la vision de l'autre, ce qui est impossible, tentent de comprendre l'univers de l'autre. Et ça, c'est beau et rare.
  Bien sûr l'histoire de William paraît bien fade par rapport aux images magnifiques de l'histoire d'Edward, bien sûr on a presque envie de les zapper pour revoir l'univers merveilleux de la jeunesse d'Edward et la fabuleuse gueule d'amour d'Ewan McGregor, plus qu'excellent en gendre modèle.
  Bien sûr on aurait presque envie que le film reste sur la voie de l'histoire du père, mais sans cela les thèmes forts précités ne seraient plus aussi efficaces. Et puis, l'excellent Albert Finney et la fin légitiment à eux seuls ce choix !



bf2.jpg  Là où Forrest Gump racontait la traversée de l'Histoire américaine par un béta attachant, Big Fish raconte la traversée de la vie par un imaginatif séduisant.
  Film pluriel intelligent dont plusieurs niveaux de vision révèlent toute la finesse, ce film regorge aussi de scènes magnifiquement filmées et de personnages secondaires excellents interprétés par des acteurs non-moins excellents.
  Si l'on ajoute à cela tout l'humour et toute l'émotion qui émanent de ce film, on trouve un chef-d'oeuvre osé qui prouve que Burton mérite ses titres de noblesse dans le cinéma.

Quant à la réflexion sur le rôle de l'imaginaire dans notre quotidien, c'est finalement la plus belle réponse que Burton pouvait donner aux critiques.

 

bf3.jpg




Par Robert Mudas

 

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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 12:42


La vérité est quand même vachement longue à trouver.


Titre français : X-Files, aux frontières du réel
Série créée par Chris Carter
Etats-Unis
Première diffusion : 1993
Série terminée au bout de 9 saisons

Avec :
 David Duchovny : Fox Mulder
 Gillian Anderson : Dana Scully
 Mitch Pileggi : Walter Skinner
 William B. Davis : L'homme à la cigarette
 Nicholas Lea : Alex Krycek

x-files.jpg


  Même si la série The X-Files peut paraître assez vieillote à un téléspectateur moderne, elle tient son rang de série culte au fait qu'elle a été LE précurseur en bien des domaines. D'abord vis-à-vis des personnages, plutôt élaborés et attachants pour une série d'"enquêtes", dépassant le simple schéma de l'inspecteur au travail. Egalement dans les intrigues, qui lorgnent de façon policière entre fantastique, science-fiction et horreur. Egalement dans la structure de la série, composée de looners, épisodes indépendants comme pour la plupart des séries de l'époque, et d'épisodes mythologiques sur le fil rouge énygmatique de la série : la conspiration. Enfin dans l'ambiance, très travaillée pour une série de petit écran, entre les effets spéciaux, les "didascalies" pour accentuer l'effet d'authenticité (vous savez, les "Washington, Bureau de Mr. Keller, 3h28"), et la musique insistante. A noter que X-Files est la première série à avoir une trame musicale omniprésente, et ça joue beaucoup sur l'atmosphère des épisodes.
  Une série qui a traumatisé beaucoup d'adolescents à l'époque, qui a su rebondir sur le thème de la conspiration cher à beaucoup à la naissance de la SF, et qui a su s'instaurer comme une série culte et modèle. Une série qui a aussi quelques points dommageables, tels que certains épisodes sans grand intérêt, l'absence de Mulder, le personnage culte, dans les dernières saisons, ou encore ce fameux fil rouge qui s'étend tellement qu'il en devient parfois incompréhensible.
  Mais bon, à série culte on ne saurait ne pardonner.



Saison 1

  L'agent Dana Scully est chargée par les pontes du FBI d'accompagner (qui a dit "espionner" ?) l'étrange mais charismatique agent Fox Mulder dans ses enquêtes aux frontières du réel. Elle comprend vite que derrière son bureau des "affaires non-classées", ou X-Files, se cachent des histoires pas très catholiques auxquelles son esprit cartésien aura du mal à répondre.
  Le couple Mulder-Scully installe très vite et efficacement dans cette saison ses contradictions, dans la confrontation entre la scientifique et le rêveur. Bref, toute l'opposition qui fera le sel de la série. La fameuse "mythologie" sur la conspiration visant à cacher l'existence des petits hommes verts s'installe également dans cette saison, et dès les premiers épisodes, malgré le fait qu'elle soit encore très floue. Les personnages charismatiques sont introduits (Skinner, l'homme à la cigarette, les bandits solitaires, Gorge Profonde).
Une bonne saison d'introduction, donc.
  On sent que les effets spéciaux souffrent un peu parfois mais on se prend vite d'affection pour l'ambiance de cette série. A noter quelques épisodes looners tout-à-fait intéressants tels le légendaire Compressions et son non-moins légendaire monstre Tooms, le prenant Eve, et le génial Projet Arctique qui n'a rien à envier aux films d'angoisse. Dommage qu'à côté de ces très bons épisodes d'autres comme Espace, Métamorphoses ou Le Diable du New-Jersey sont franchement superflus.
  Ajoutons que le final de cette saison est un excellent cliffhanger. 

x-files-1.jpgListe des épisodes de la saison 1:
 1x00 Pilot (Nous ne sommes pas seuls)
 1x01 Deep Throat (Gorge Profonde)
 1x02 Squeeze (Compressions)
 1x03 Conduit (L'enlèvement)
 1x04 The Jersey Devil (Le Diable du New Jersey)
 1x05 Shadows (L'ombre de la mort)
 1x06 Ghost in the machine (Un fantôme dans l'ordinateur)
 1x07 Ice (Projet arctique)
 1x08 Space (Espace)
 1x09 Fallen Angel (L'ange déchu)
 1x10 Eve
 1x11 Fire (L'incendiaire)
 1x12 Beyond the sea (Le message)
 1x13 Genderbender (Masculin féminin)
 1x14 Lazarus (Lazare)
 1x15 Young at heart (Vengeance d'outre-tombe)
 1x16 E.B.E. (Entité biologique extraterrestre)
 1x17 Miracle Man (L'Eglise des miracles)
 1x18 Shapes (Métamorphoses)
 1x19 Darkness Falls (Quand vient la nuit)
 1x20 Tooms (Le retour de Tooms)
 1x21 Born again (Renaissance)
 1x22 Roland
 1x23 The Erlenmeyer Flask (Les Hybrides)


Par Robert Mudas

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 14:43

Histoires d'humour


Artiste : Les Fatals Picards
Titre : Pamplemousse Mécanique
Label : Warner
2007

photopamplemoussemecaniqu.jpg

 

  Comme beaucoup, j'ai entendu parler des Fatals Picards par leur participation à l'Eurovision. Et même si la chanson présentée était assez pauvre à mon goût, j'ai voulu découvrir par curiosité intellectuelle ce groupe souvent ensensé par la blogosphère BD.

  Et bien m'en prit. Un humour ravageur qui me rappelle fortement Didier Super, mais en bien chanté. Des musiques et une ambiance qui me rappellent assez Les Wriggles, mais en un peu plus rock et musical. Et des textes très très bien écrits.

  Un peu dérouté au début par l'omniprésence de l'humour et le nombre de parodies dans l'album, je me suis vite pris d'affection pour ce groupe amusant, dynamique et doué et leur sympathique univers.


  En fait, les Fatals Picards ont l'art de toucher par leurs petites anecdotes, leurs exemples précis, à notre vision du monde. Ils ont exactement le mot pour rire. Si l'on aime souvent les chanteurs à textes pour trouver le mot juste et vrai, ici les fils spirituels du Ché et de Bernard Laviliers trouvent toujours le mot qui nous touche et nous fait sourire.

  Prenez Bernard Laviliers, ou la réinterprétation amusante et surprenante du mythe du superhéros. Si si, rien que ça. Les anecdotes hyperboliques sont de mise et ne peuvent que nous faire marrer. C'est comme ça.
Prenez encore Seul et célibataire, ou la jolie peinture du mec abondonné et pas débrouillard pour deux sous, ou Djembé man et son mignon pamphlet anti-rasta. N'oubliez pas non-plus la complainte de l'homme captif du monde d'Amélie Poulain...


  Parfois ces anecdotes servent avec humour noir à dépeindre des vérités sociales : La sécurité de l'emploi est une apologie des profs comme il en existe trop peu. L'émouvante Française des jeux a le très bon mauvais goût d'utiliser l'humour pour décrire avec brio la misère d'une vie.

  Il faut cependant prévenir : 53 % de la population française risque de ne pas aimer cet album. En effet les Fatals Picards sont à gauche et le revendiquent, encore une fois avec humour. Ils dépeignent de façon amusante, pleine de stéréotypes hilarants, une éducation gauchiste avec la très belle Mon père était tellement de gauche. Ca continue avec Au mariage de Kévin et de ma soeur, sur les beaufs racistes et intolérants que l'on a parfois la mauvaise idée de rencontrer. Et ça se conclut sur Et puis merde je vote à droite, le tout nous laissant l'idée que Les Fatals sont des gens blessés par la réalité du monde qui se protègent par l'humour. Qui n'ont pas la prétention de faire changer les choses et qui préfèrent en rire.
Ca peut toucher certaines personnes, ce genre de carapace.
J'en suis.

  Et puis, pour diluer tout ça, il y a une bonne dose de parodie, menée avec brio tant sur la musique et la voix que sur le thème et les mots. Par vraiment de la parodie méchante comme le fait Laurent Gerra mais plutôt de la parodie humble, jouant à créer l'antithèse de Zebda dans "Monter le pantalon", à reprendre les chansons révolutionnaires hispaniques avec "Commandante", à décrire la dure vie d'un gothique dans "Cure toujours" ou à mener l'utopisme de Tryo à l'extrême dans "Je viens d'ici".

  Un album marginal et caustique, qui sent bon la controverse et les débats. Un album qui ne se prend pas au sérieux tout en traîtant de choses sérieuses (la marque des meilleurs !). Un album que certains aimeront, que d'autres non, mais qu'il faut quand même avoir écouté ne serait-ce qu'une fois et par curiosité. Ou tout simplement pour rire un peu, ce qui ne fait jamais de mal dans le monde moderne.

fatals-picards.jpg




Liste des pistes:
 01 - Bernard Laviliers
 02 - La sécurité de l'emploi
 03 - Mon père était tellement de gauche
 04 - Djembé Man
 05 - Seul et célibataire
 06 - Au mariage de Kévin et de ma soeur
 07 - Les dictateurs
 08 - Moi je vis chez Amélie
 09 - Commandante
 10 - Monter le pantalon
 11 - Cure toujours
 12 - Je viens d'ici
 13 - Partenaire particulier
 14 - Française des jeux
 15 - Et puis merde, je vote à droite !
 16 - On se demandait (où sont les pistes introuvables ?)

(A noter la réédition de l'album en avril 2007 avec l'insertion de l'Amour à la française)


Par Robert Mudas

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 21:35

Vous jouiez, j'en suis fort aise. Et bien chantez maintenant !


Editions de la Haute Roche (Asmodée)
Un jeu de Sylvie Barc
2002

A partir de 4 joueurs
Durée approximative : 45 minutes
9 euros



  Shabadabada... fait partie de la famille des jeux "Kangourou" d'Asmodée, ces petites boîtes carrées qui nous font passer à coup sûr un bon moment quand on le sort de sa poche lors d'une soirée.
  Ce petit jeu sans prétention fait également partie, et sa créatrice Sylvie Barc est la première à le dire, de ces jeux qu'on aurait finalement très bien pu faire soi-même. Mais les ludophiles savent le plaisir qu'il y a à collectionner ce genre de petits jeux bienvenus, souvent de très bonnes idées cadeaux par ailleurs !
  Le principe est simple, et chacun y a déjà plus ou moins joué dans ses moments de désoeuvrement : un pack de cartes sur lesquelles on peut lire deux mots, un en anglais et un en français. Chaque équipe doit chanter un passage de chanson comprenant l'un de ces deux mots, et ainsi de suite jusqu'à ce que calage s'ensuive. Et oui, même ta grand-mère peut jouer, et il y a des chances qu'elle cartonne en plus.
  C'est plutôt facile, mais sur le moment ça ne revient pas, surtout pour les piètres anglophones qui n'ont jamais entendu que du yaourt dans les paroles de U2.
   La partie prend une dimension de joute entre chorales quand on tombe sur une carte à thème ; celle des "Prénoms féminins" m'a laissé un souvenir mémorable.
  Ajoutons que les parties peuvent durer très peu de temps ou beaucoup plus selon le nombre de cartes qu'on propose au début : en somme on peut moduler la durée du jeu.
  Il n'est pas rare en revanche qu'on ne s'endorme pas tout de suite après avoir joué car notre esprit ne cesse de trouver de nouvelles réponses, et le lendemain matin de s'écrier au réveil : "Mais c'est bien sûr ! Il y avait aussi..."


  Vous l'aurez compris, il n'est pas indispensable d'acheter ce jeu, parce qu'on peut très bien l'improviser, parce que certains introvertis ne voudront pas s'y prêter ou encore parce que certains ont des goûts musicaux tellement particuliers qu'on ne connaît aucune chanson en commun avec eux. Mais entre amis un poil cultivés ça peut donner lieu à une très bonne ambiance et à de bons fous rires. A jouer avec précaution et indulgence toutefois quand les adversaires ont différentes cultures musicales : un fan de Brassens avec un fan de rap contre un adepte de Queen et un spectateur de la Star Ac', ça peut vite tourner en un ennuyeux dialogue de sourds. Et ça serait bien dommage pour un jeu de chansons.

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Par Robert Mudas

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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 16:07

Monsieur Bajram ou l'art de construire une histoire

Scénario et dessin de Denis Bajram
Edition Soleil
Série achevée en 6 tomes.
1998-2006


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  Série de science-fiction, Universal War One, UW1 pour les intimes, est une véritable perle. Un chef-d'oeuvre. Une bande-dessinée culte.
  Pour quelques raisons évidentes. Un scénario béton, et quand je dis béton c'est que tout compte, tout est planifié, écrit dès le départ et que rien n'est innocent.
  A côté de cela, il y a un dessin assisté par ordinateur qui sied à merveille le scénario. Béton, le scénario, faut-il le rappeler.
  Derrière ce scénar (béton, d'ailleurs), des messages forts et traîtés de façon impressionnante. Comme toute oeuvre de science-fiction qui se respecte.
  Enfin, pour servir ce scénar - béton -, des personnages complexes, intéressants, et attachants, dont l'histoire est révélée peu à peu au fil des tomes.
  Comme dans un scénar béton, quoi.


Tome 1
: La genèse
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  Dans le futur, la Terre est tout entière unifiée aux mains de l'United Earth Forces. Mais une menace de guerre silencieuse apparaît : un gigantesque mur ténébreux et infranchissable dans lequel l'espace-temps est entièrement déréglé. L'escadrille Purgatory, composée de soldats très peu conventionnels, image réduite de l'Humanité avec ses défauts et des excès, sera la première confrontée à ce problème.
  Un tome d'introduction particulièrement efficace, dans lequel on apprend peu à peu à connaître des personnages très bien construits et un univers tout aussi complexe. Le tome commence par un flasback concernant le passé d'un personnage, suit la progression d'un texte biblique et s'achève sur un impressionnant clifhanger, donnant à la série la structure qu'elle gardera tout du long.


Tome 2
: Le fruit de la connaissance
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  L'escadrille Purgatory est passée à travers le Mur et se trouve maintenant en territoire ennemi. Un ennemi qui prend un nom, une motivation, et un potentiel danger.
  Bajram profite de ce tome un peu lent pou nous initier avec brio aux aléas des voyages spatio-temporels et pour nous montrer combien la folie militaire peut mener à la destruction. Quand on parle de morale sur le présent dans la science-fiction...


Tome 3
: Caïn et Abel
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  Episode inoubliable, ce troisième tome ralentit l'action pour nous isoler totalement dans un paradoxe temporel brillamment mené. Dans la lignée des Barjavel et K.Dick, Bajram s'amuse à travers le personnage de Kalish à faire le bilan de tout ce que la science-fiction a imaginé pour rendre possible le paradoxe temporel.
Et en profite pour placer sa propre vision des choses dans un tome bouleversant d'intelligence et de beauté, dont la couverture même donne l'idée.


Tome 4 :
Le déluge
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  Encore une fois, une couverture de toute beauté nous présente l'idée générale du tome : la catastrophe. La destruction de la Terre, rien que ça.
  L'album sortant au lendemain des attentats du 11 septembre, Denis Bajram se dit choqué: la réalité a rejoint la fiction. Finalement, le hasard a voulu valider sa conception péjorative d'une humanité auto-destructrice. La dimension temporelle reste présente, avec des personnages qui évoluent dans la même réalité que ceux du début de l’histoire… Profitons-en pour louer encore une fois le scénario qui sans aucune fausse note joue sur plusieurs trames temporelles différentes en même temps.
  Frappant également dans ce tome, la portée idéologique, avec un tableau d’une société future où règne un capitalisme de grande ampleur (Le MacDo comme restaurant gastronomique m’a beaucoup marqué…)
Un tome d'une finesse rare et à la fin inattendue.


Tome 5 :
Babel
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  On pouvait donc faire encore plus sombre que le précédent tome... Les héros sont cette fois-ci catapultés dans un futur apocalyptique. Les héros, tout autant losers qu'au début de l'histoire, semblent les derniers survivants à pouvoir faire quelque chose. On sent vraiment dans ce tome encore une fois très bien écrit leur déroute et leur perte de repère.
  Bajram nous amène avec eux vers la conclusion de son hallucinante fresque de science-fiction.


Tome 6
: Le patriarche
uw16.jpg
  Voilà donc la fin de la saga et toutes les révélations attendues, tout-à-fait logiques dans la continuité de l'histoire. Si l'on ressent en fermant ce tome une pointe de déception c'est parce qu'on vient de finir la série de bande-dessinée la plus réussie à ce jour.
  Avec, en prime, un joli idéalisme final qui nous empêche de sombrer dans la dépression après la noirceur des tomes précédents.


Par Robert Mudas

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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 22:00

A la fois trop et pas assez

  Un roman d'Amélie Nothomb
Edition Albin Michel (2005)
Livre de Poche (2007)




couv-Albin-Michel.jpg A mes yeux et malgré de très grandes qualités d'écriture et d'imagination, Amélie Nothomb a un défaut récurrent : elle en fait souvent trop. J'avais déjà ressenti cette impression en lisant la fin d'Hygiène de l'Assassin qui pourtant regorgeait de bonnes idées. J'avais eu la même impression dans Métaphysique des tubes même si son format autobiographique accueillait bien mieux cette démesure et ces délires prolongés ; c'est d'ailleurs pour moi son meilleur livre de ce que j'ai lu d'elle. Dans Acide sulfurique, Nothomb a le don rare de toujours aller trop loin dans certains points, mais cette fois-ci me donne l'impression de ne pas aller assez loin dans d'autres, ce qui devient gênant.

  Résumer le livre pour justifier cet avis serait inconvenu : l'idée est tellement forte que vous la dévoiler comme ça me paraît gâcher toute l'originalité du roman. D'autres critiques l'ont fait, me direz-vous, oui, mais ne comptez pas sur moi pour les suivre. Il faut juste savoir que l'auteur veut traîter de la télé-réalité et veut choquer. Et y parvient.

  Oui mais il manque quelque chose. Je ne parviens pas à dire quoi mais je sens que ça aurait pu aller encore plus loin dans la critique de la télé-réalité. Stephen King, encore sous le pseudo de Richard Bachman, était lui-aussi allé extrêmement loin à son époque avec Running Man mais la vision de la télévision était tellement bien menée que c'en était extrêmement crédible. Ici, Nothomb nous plonge dès le début dans l'enfer de son émission cauchemardesque et, bien que l'idée soit franchement très forte, on a du mal à y croire et à s'y attacher. Ca, c'est pour le pas assez loin.

  A côté de ça Nothomb focalise son intrigue sur quelques personnages. On aurait parfois aimé plus d'envergure, en apprendre davantage sur l'administration de l'émission. J'aurais personnellement préféré aussi, quitte à accentuer l'histoire sur des participants, qu'on en suive beaucoup plus, sur le mode choral, comme le font de nombreux bons romans ou films. Mais non, on s'arrête à quelques personnages et particulièrement à deux personnages.

  Mais quels personnages... On sent que Nothomb a voulu travailler ces deux personnages féminins totalement contraires au premier abord. S'attachant à expliquer la mentalité de quelqu'un de mauvais, elle relève un impressionnant défi, plutôt réussi à mon avis. Mais en même temps son personnage censé être stupide et naïf devient extrêmement profond et psycho et semble échapper quelque peu à son créateur par certaines réflexions et certains dialogues trop peu crédibles. A contrario, la "gentille héroïne" est tellement grandiose qu'elle en devient allégorique et ne gagne pas ou peu de charisme et d'attachement aux yeux des lecteurs. Tout comme pour l'autre, ses expressions et réflexions paraissent trop profondes pour être humaines.

 couv-Poche-copie-1.jpg En fait je crois que je reproche à Nothomb de ne pas réussir à créer des personnages crédibles, convaincants et attachants.
 
  Trop et pas assez donc pour ce roman qui pourtant partait d'une excellente idée. Peut-être un peu déjà-vue, mais n'enlevons pas à l'auteur sa capacité à être géniale d'originalité avec rien de thème. Ici on aurait pu en attendre plus en l'occurence. Trop et pas assez pour un roman qu'il faut néanmoins lire pour trois raisons. D'abord parce qu'il regorge comme souvent chez Nothomb de très belles phrases et de jolies réflexions générales, notamment quant à l'audimat ici. Ensuite parce que ce roman est très agréable à lire, et malgré les mauvaises impressions finales dont je parle ici il reste d'assez bonne facture. Enfin parce que tout le monde prend son pied à taper sur Amélie Nothomb sans l'avoir lue, et que, dans une société où les avis critiques commencent à se propager sans connaissance de cause, il est toujours bon de savoir de quoi on parle.


Par Robert Mudas

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 12:41

 

Enfin un excellent album de l'immâturité...


Artiste : Mademoiselle K
Titre : Ca me vexe
Label : Emi
2006

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  Quand un album sort et qu'il transforme totalement l'univers musical de son artiste, on a coutume de parler "d'album de la mâturité".
  A rebours, je pense qu'on devrait parfois parler "d'album de l'immâturité" sans déclencher de querelle chez le politiquement correct.
  Le terme pourrait être péjoratif : quand il qualifierait par exemple le premier album de Naast.
  Il pourrait également devenir extrêmement positif : parlons de Mademoiselle K.

  Il était une fois Katerine qui voulait devenir prof. Manque de bol, elle se plante au CAPES. Toute femme confrontée à cette situation serait vite tentée par la solution évidente : la déprime. Katerine n'échappe pas à cette règle.
  Finalement, elle comprend qu'il faut passer à autre chose, de totalement différent peut-être. Ni une ni deux, elle se coupe les cheveux, branche sa gratte électrique, et gueule sa déprime dans un micro.
  Le micro vient se planter sur une scène, et Katerine continue à gueuler. Elle s'est même trouvé un joli pseudo : Mademoiselle K. Les scènes succèdent aux autres et Mademoiselle K communique son univers plein d'angoisse, de colère et de cynisme, plein d'humanité en somme, lors de festivals.
  Et puis un jour, certaines radios bien intentionnées, Oui-fm par exemple, décident de présenter à un très grand public ce nouveau talent. Et ca marche. Et pour cause.
  Après avoir planté le micro en studio, l'album est maintenant un succès incoutournable et la demoiselle est maintenant de tous les festivals.
  Et aura finalement reconstitué par ce gigantesque auditoire l'énorme classe dont elle voulait être prof.

  Pourquoi on aime Mademoiselle K et son premier album ? Parce qu'ils nous ressemblent. Parce qu'elle a des défauts et des qualités, parce qu'elle parle de déprime amoureuse ou professionnelle, de colère, de rage, de jalousie, d'amour. Parce que le crescendo va bien à sa voix. Parce qu'elle dissimule sa sincérité derrière un cynisme des plus touchants. Parce qu'elle cache derrière sa froideur une générosité hallucinante.
 
  Riffs énergiques et péchus, quasi hystériques sur lesquels on ne peut s'empêcher de danser quand on écoute cet album, immanquablemment en boucle. Textes violents et vindicatifs comme une révolte d'adolescente, oui, mais une révolte d'adolescente commentée par l'adulte qui se cache en elle.
  Humour, règlements de comptes, autocritique, érotisme, déprime, émotion, rage, mal-être, optimisme, tout est là et tout se communique et nous rappelle notre propre vie. Ou tout du moins nous assimile de jolie façon à sa vie à elle.

  Une ambiance particulière, pesante et prenante, qu'elle retranscrit sur scène par un monde personnel totalement à l'ouest et assez déstabilisant pour le public. Mais on se prend d'amour pour cette femme humaine avant d'être une artiste.

mle-k.jpg

Liste des pistes :
 01 - Reste là
 02 - Ca sent l'été
 03 - Ca me vexe
 04 - Le cul entre deux chaises
 05 - Creve
 06 - Grimper tout là-haut
 07 - Jalouse
 08 - Fringue par fringue
 09 - A l'ombre
 10 - A côté
 11 - Plus le coeur à ça
 12 - Final

Par Robert Mudas

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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 09:46


Ca troue le cul !


Série créée par Trey Parker et
Matt Stone
Etats-Unis
Première diffusion : 1997



SouthPark.gif


  Voilà une série qui répond de façon efficace à un seul maître-mot : "Divertissement". Par sa vulgarité, par son audace, par son humour et enfin par sa capacité à tirer sur tout ce qui bouge, et ce dans tous les sens du terme, South Park parvient à éviter le titre de série intelligente et critique pour n'être qu'une série vulgaire et anti-tout. Mais tellement drôle. On pourrait presque placer cet humour dans le sillage des Monty Python, c'est dire.
Tout le monde en prend pour son grade, ce qui est rare et fort. Et les mécanismes de série (running-gags, phrases cultes, personnages récurrents) fonctionnent comme nulle part ailleurs.
Bref, un dessin animé humoristique à toute épreuve.


Saison 1

  On se glisse très vite dans le bain et l'ambiance de ce dessin animé pas comme les autres. Les enfants sont dès le départ des mini-grands, ni plus ni moins pourris que leurs parents. A travers leurs questions et leur vision du monde, la société humaine et les travers humains en prennent plein la gueule pour notre plus grand plaisir.
  Tout le monde est digne de moquerie, de l'enfant pourri riche et péteux au pauvre Kenny dont la famille n'a, les grands jours, qu'une boîte de conserve à manger. Et sans ouvre-boîte...
  Bref, on se moque de tout, et de tout le monde. On se moque des homosexuels comme des homophobes, des moches comme des beaux, des racistes comme des organisations humanitaires intéressées. Sur ce point, l'épisode de Pascal Ladalle / Starvin'Marvin est tout simplement à pleurer d'humour noir.
  On se moque de la religion comme de ceux qui ont perdu la foi. On se moque des stars à tout va, mais elles le méritent tellement. On se moque avec raison des chasseurs ("Il fonce droit sur nous !") même si les personnages en eux-mêmes sont étrangement attachants.
  Encore plus fort, on se moque de la télévision même, et souvent des émissions pour enfants, grossières et violentes. L'hôpital qui se moque de la charité ou auto-dérision réussie ? Je penche pour la seconde solution. On se moque également beaucoup du cinéma d'horreur dans cette saison : des zombies à l'enfant maudit, les parodies d'horreur sont vraiment hilarantes.
  Une excellente première saison pour une série qui installe très rapidement sa mythologie et son ambiance.

 


saison-1.jpgListe des épisodes de la saison 1:
 1x01 Cartman gets an anal probe (Cartman a une sonde anale)
 1x02 Weight Gain 4000 (Muscle Plus 4000)
 1x03 Volcano
 1x04 Big Gay Al's Big Gay Boat Ride (Une promenade complètement folle avec Al Super Gay)
 1x05 An elephant makes love to a pig (Un éléphant fait l'amour à un cochon)
 1x06 Death (La mort)
 1x07 Pink Eye (Conjonctivite)
 1x08 Damien
 1x09 Starvin' Marvin (Le petit Ethernopien)
 1x10 Mr Hankey, the Christmas Poo (Monsieur Hankey, le petit caca Noël)
 1x11 Tom's Rhinoplasty (Chirurgie esthétique)
 1x12 Mecha Streisand
 1x13 Cartman's Mom is a dirty slut (La mère de Cartman est une folle du cul)




 

 

 

 

Saison 2
  Après le succès de la première saison, South Park réitère avec sa saion la plus longue. Bien qu'un peu lente à démarrer, elle regorge encore une fois d'histoires drôles et cyniques et de personnages excellents et représentatifs.
  En réalité, cette saison s'attache à approfondir tous les personnages et thèmes que présentaient déjà la saison 1 : les personnages de M. Mackey ou M. Garrison, la famille de Cartman, l'émission de Terrance et Philippe, de nouveaux élèves (Tweek), etc.
  Les enfants sont donc un peu dans l'ombre dans cette saison qui donne la part belle aux critiques cyniques de la société américaine : la censure, la fausse tolérance, les festivals de cinéma, la télévision et ses dérives.
A côté de ça, les créateurs montrent un excellent regard critique sur les mécanismes des séries télévisées même : le ridicule du suspense du début de saison, coupé par un épisode "Poisson d'avril", l'épisode flashback absurde où Cartman réalise que dans ses souvenirs Kenny meurt sans arrêt et que c'est pas possible...
  Et que dire de l'épisode spécial Halloween et son poisson serial killer, de l'épisode de Noël sur la tolérance et le pardon... envers Charlie Manson, ou encore le dernier épisode, totalement loufoque et jubilatoire.
Bref une série qui se développe et sort un peu du chemin de la première saison, tout en restant méchamment drôle. Une série qui évolue, quoi.

 


saison-2.jpgListe des épisodes de la saison 2 :
 2x01 Not without my anus (jamais sans mon anus)
 2x02 Cartman's mom is still a dirty slut (la mère de Cartman est toujours une folle du cul)
 2x03 Chikenlover (le charmeur de poules)
 2x04 Ike's Wee Wee (le zizi de Ike)
 2x05 Conjoined Fetus Lady (Le foetus siamo-maxillaire)
 2x06 The mexican staring frog of southern sri lanka (la grenouille mexicaine du sud du Sri Lanka)
 2x07 City on the edge of forever (La ville au bord de l'éternité)
 2x08 Summer Sucks (L'été, ça craint)
 2x09 Chef's salty chocolate balls (Boulettes de Chef au chocolat salé)
 2x10 Chicken Pox (Varicelle)
 2x11 Roger Elbert should lay off the fatty foods (Roger Elbert devrait manger moins gras)
 2x12 Clubhouses (la Garçonnière)
 2x13 Cow Days (les journées vaches)
 2x14 Chef Aid
 2x15 Spooky fish (Poisson sanglant)
 2x16 Merry christmas Charlie Manson ! (Joyeux Noël Charlie Manson !)
 2x17 Gnomes (Les gnomes voleurs de slips)
 2x18 Prehistoric Ice man (L'homme des glaces)

 

 

 

 

 

 

 


Saison 3
  South Park continue dans sa lancée avec une saison qui reprend les qualités des deux premières saisons : beaucoup de cynisme, beaucoup de parodie et des personnages de plus en plus étudiés.
  Pour le cynisme, la société s'en prend plein la gueule, peut-être encore plus violemment que précédemment, avec l'épisode du Panda du harcèlement sexuel, aussi bien sur la folie judiciaire aux Etats-Unis que sur l'abrutissement des campagnes de sensibilisation.
  De même le premier épisode critique les stars qui prennent la défense de la forêt amazonienne (plus ou moins justement, mais le principe de South Park, c'est que personne n'est épargné). Citons encore le patriotisme dans la reconstitution de la guerre de Sécession, ou enfin la folie Pokémon critiquée dans un épisode hilarant qui va très loin.
  Pour les parodies, elles sont nombreuses dans cette saison : Star Wars inspire à la fois le retour de Starvin' Marvin, et le Jakovasaure, ridicule et insupportable double de Jar-Jar Binks. L'épisode spécial Halloween transforme le groupe KoRn en Scooby-Gang, et l'épisode de Noël caricature les comédies musicales.
  Cet épisode, en présentant les différentes personnalités des personnages secondaires, amène au dernier point : les personnages secondaires sont de plus en plus utilisés. Le père de Stan, le père de Kyle, la soeur de Stan, Chef, Tweek, Craig, Jésus, Mr Hankey : l'accent me semble être mis sur eux dans cette saison, quitte à rapetisser le rôle des quatre personnages principaux.
  Ce qui n'empêche pas cette saison d'être encore une fois très bonne et très drôle.

 


south-park-3.jpgListe des épisodes de la saison 3 :
 3x01 Rainforest Schmainforest (Tropicale schtropicale)
 3x02 Spontaneous Combustion (Combustion spontanée)
 3x03 The Succubus (La Maman de Chef)
 3x04 Tweek vs. Craig (Tweek contre Craig)
 3x05 Jakovasaurs (Les Jakovasaures)
 3x06 Sexual Harassment Panda (Le Panda du harcèlement sexuel)
 3x07 Cat Orgy (Orgie de chat)
 3x08 Two guys naked in a hot tub (Deux hommes nus dans un jacuzzi)
 3x09 Jewbilee (Les scouts juifs)
 3x10 Chinpokomon
 3x11 Starvin'Marvin in space (Ethernopiens dans l'espace)
 3x12 KoRn's groovy pirate ghost mystery (KoRn et le mystère mysérieux des pirates fantômes)
 3x13 Hooked on monkey phonics (Les comptines du singe batteur)
 3x14 The Red Badge of gayness (Médaille de connerie avec palmes)
 3x15 Mr. Hankey's Christmas Classics (Les chants de Noël de Monsieur Hankey)
 3x16 Are you there God ? It's me, Jesus (Dieu es-tu là ? C'est Jésus à l'appareil)
 3x17 World wide Recorder Concert (Le bruit marron)



Par Robert Mudas

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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 09:46


Le jeu qu'on jouerait volontiers avec son pire ennemi. Poil aux orties.

Edition Asmodée
Un jeu de Jean-Charles Rodriguez, Sylvie Barc et
Frédéric Leygonie
Illustrations de Bernard Bittler pour la première édition, de Christophe Swal pour la seconde
Edité en 1997, réédité en 2003


De 3 à 8 joueurs
Durée aproximative : entre 45 minutes et 1 heure
19,90 euros

Elixir.jpg


  On le sait depuis Labyrinthe et Magic the gathering l'a confirmé : des sorciers qui se rencontrent ne manquent jamais de s'affronter et de se montrer qui a la plus grande. Formule magique, bien sûr.
  Nous voilà donc entraînés dans une grande course aux ingrédients magiques afin de réaliser nos formules, qui ne manqueront jamais de retourner la situation.
  L'idée du jeu est simple, et bien que ça semble relativement compliqué pour un petit jeu au premier abord, le mécanisme de jeu vient très très vite. On pioche une carte "trouvaille" à chaque tour : soit un objet inutile, soit un objet magique à l'effet bien sympa, soit une transaction pour essayer d'acquérir de nouveaux ingrédients, soit enfin un ingrédient lui-même.
  Quand enfin un sort est lancé, son effet est plus ou moins dévastateur selon son niveau : ça peut aller du petit gage obligeant un adversaire à dire "poil à" à la fin de chaque phrase au vol immédiat des trouvailles des autres joueurs. Il faut savoir que, petit détail stratégique bon à savoir, chaque joueur choisit les niveaux des sorts qu'il doit jouer ce qui influe donc tant sur la difficulté que sur l'effet.
  Faut-il le dire : le premier à se débarasser de tous ses sorts gagne. Si tant est qu'on ne lui en a pas refilé de nouveaux entre temps...

  Vous l'aurez compris : ce jeu est un excellent jeu d'ambiance et un gros jeu de bastonnade où les coups bas et retournements de situation pullulent. Peut-être un peu trop, d'ailleurs, si bien que certaines parties semblent parfois bloquées et interminables.
  C'est le seul défaut du jeu : tellement complet dans la diversité de ses cartes qu'il en tourne parfois très mal, ce qui devient vite lassant. Lassant aussi quand un joueur s'acharne sur un bouc-émissaire, tant sur les gages que sur les effets désagréables : on en vient parfois à se taire définitivement à cause des trois gages qui nous touchent dès qu'on prend la parole.
  N'empêche qu'Elixir est un des rares jeux à faire une savante recette - qui a parlé de formule magique ? - entre l'ambiance, la stratégie, la chance et l'intéractivité.


Ouvert.jpg


Extension : Elixir : La compil'
1997, réédité en 2004
19,90 euros

  Dans le même format que le jeu de base, La Compil' rassemble les trois extensions pour le jeu Elixir (qui reste indispensable pour jouer).
 

  Alambic nous propose tout d'abord de nouveaux sorts, et des trouvailles et objets supplémentaires, dont certains nouveaux. Rien de très révolutionnaire pour le jeu, même si les nouveaux sorts renouvellent un peu un jeu que trop de parties pourraient rendre répétitif, et promettent de nouveaux retournements de situation très cocasses. Ajoutons qu'ils ont la bonne idée de ne pas toujours être favorables au lanceur...


  Mandragore est, selon moi, l'excellente idée. Le gros problème du jeu de base était le bloquage de la partie qui arrivait parfois quand plus personne n'arrivait à avoir la malheureuse carte qui lui manquait. Davantage de chance de l'avoir maintenant, grâce aux "lieux", réserves permanentes d'une trouvaille spécifique. Et on atteint la très bonne idée quand les "panneaux" viennent faire un peu valser ces lieux, pouvant être fermés ou même volés.
  Enfin les intéractions entre les joueurs sont encore stimulées par une règle brillante : le propriétaire d'un lieu peut "vendre" la trouvaille correspondante à un autre joueur contre négociation. La partie en prend une nouvelle tournure, avec une dimension tactique qu'elle n'avait pas encore.
  Et si, comme on l'a évoqué pour le jeu de base, votre pire ennemi joue contre vous, il aura certainement une bonne bouffée de haine en voyant que vous lui demandez cinq cartes en négociation alors qu'une seulement suffit pour votre petit(e) ami(e).
  On ajoute à cela de nouvelles formules, ayant parfois des effets sur les lieux, et la recette prend la forme d'une extension plus que réussie.


  Alchimie, enfin, est la touche d'imprévisibilité, dans la lignée des "évènements" qui, dans les extensions des jeux en général, viennent habituellement tout bouleverser à chaque tour (cf Nouvelle Lune pour les Loups-Garous ou High Noon chez les cowboys).
  Cette extension propose une nouvelle règle sous la forme d'un tableau que l'on dresse au centre de la table, représentant cinq combinaisons d'ingrédients. A son tour, chaque joueur peut réaliser une de ces combinaisons pour obtenir un mini-sort qui pourra potentiellement l'aider grandement. Ou lui éclater à la tronche.
  Ou encore ne rien faire du tout.
  Cet apport d'imprévisibilité n'est pas pour déplaire, surtout dans un jeu qui, redisons-le timidement, a légèrement besoin de renouveau au bout de quelques parties. Néanmoins, j'ai tendance à penser que cette extension rallonge encore la partie, certains joueurs sacrifiant des ingrédients importants pour ces combinaisons et donc se trouvant fort dépourvus quand la recette sera venue.
  L'idée reste cependant plutôt intéressante, et la combinaison de toutes ces extensions donne franchement une autre dimension au jeu.


Par Robert Mudas

 

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 22:25


Les films que nous adorons finissent toujours par nous posséder...


Un film de David Fincher

Avec Edward Norton (Le narrateur)
          Brad Pitt (Tyler Durden)
          Helena Bonham Carter (Marla Singer)
          Jared Leto (Angel Face)

Sorti en novembre 1999

affiche.jpg


  David Fincher n'a plus à prouver qu'il sait filmer et jouer avec l'image : en témoignent la superbe course poursuite qu'il nous propose dans Alien 3 ou les excellents effets visuels de Panic Room.
  De plus, David Fincher n'a plus à prouver qu'il sait gérer un scénario intelligent et bien ficelé : remémorons-nous le troublant The Game.
  Enfin, David Fincher n'a plus à prouver qu'il sait diriger de très bons acteurs : le casting et le jeu de Seven en sont les preuves évidentes.
  Dans Fight Club, David Fincher réunit toutes ses qualités et livre un chef-d'oeuvre hallucinant, inattendu, intelligent et corrosif.

norton.jpg



  L'histoire : Le narrateur, jamais nommé, regarde passer une vie solitaire et pauvre. Il croit redonner un sens à sa vie en se rendant à des groupes de soutien pour maladies graves, jusqu'à ce que la sombre Marla Singer y apparaisse trop. Le grand choc de sa vie commencera réellement avec la rencontre de Tyler Durden, un des personnages les plus charismatiques du cinéma, philosophe anarchiste totalement décalé qui lui apprend une autre forme de vie. Avec lui il fondera le Fight Club, une association qui n'a pas la prétention de l'être, et où chaque homme peut faire éclater sa virilité, son envie de révolte, sa colère dans des combats féroces quoique fair-play. Mais un beau jour, quand le Fight Club engendre le Projet Chaos, les choses semblent échapper au narrateur...

pitt.jpg


  Film d'une génération mal-à-l'aise, schyzophrène et à la recherche de son identité, écrasée par la société de consommation et tiraillée entre l'envie de changement et une société plate. Film des enfants oubliés de l'Histoire dont l'unique révolution est culturelle et passe par de tels monuments cinématographiques. Film qui propose de mauvaises solutions tout en l'affirmant, afin d'avoir la force nécessaire pour souligner les problèmes à l'origine de ces solutions. Messie de l'anarchisme philosophique et de l'anticapitalisme, parfois faussement jugé de pro-nazi par ceux qui ne l'ont pas compris.

 

hbc.jpg


  Fight Club est très bien écrit, très bien réalisé, très bien mené et très bien joué, et tout ça donne un film vrai, fort et poignant, qui nous prend aux tripes et qui fait passer un message tellement fort qu'il devient plus qu'un film : il devient un symbole.

  Et cette furieuse envie de voir des immeubles s'écrouler sur les Pixies...

 

Par Robert Mudas

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